DES ECOLES DIFFERENTES
... parce que de l'uniformité 
et la conformité,
naissent l'ennui 
et l'idiotie ... 
et des mystifications et soumissions,
le mépris 
et la barbarie.


LE 
guide-annuaire
LE guide-annuaire 2009 des écoles différentes
DEPUIS 28 ANS
LE
GUIDE DE RÉFERENCE























 

 

DES ECOLES DIFFERENTESune école différente pour TOUS
Contre les armes d'instruction massive ...
... l'ennui, l'échec et les violences scolaires :
connaître, soutenir les pédagogies "actives" en France, 
et leurs écoles.
COUSINET - DECROLY - FREINET - HOLT
MONTESSORI - NEILL - OURY - STEINER ...
UNE ÉCOLE DIFFERENTE :
ÉDUQUER AUTREMENT... ENSEIGNER AUTREMENT...VIVRE AUTREMENT ?
"montrer que prendre le risque de faire l'école autrement n'en est pas un. 
C'est en effet, prendre un bien plus grand risque encore, parce qu'il s'agit d'enfants, 
de continuer à appliquer des méthodes dont on connaît les limites et la nocivité."
DES ÉCOLES, DES COLLÈGES et DES LYCÉES DIFFÉRENTS
Lorsqu'un enfant/ado s'ennuie, décroche, 
se décourage, se révolte,
il n'est jamais trop tôt pour rassembler
le maximum d'informations
(... et non de "pubs" ! )
pour faire, à temps, le meilleur choix :
changer l'école ou ... changer d'école !
apprendre autrement ?
TOUT sur les écoles différentes
... & TOUTES les écoles différentes :
"CHANGER L'ÉCOLE" ?
L'actualité :dans, hors, en face, avant, pendant, après, 
en sortant de ... "l'école"

La Sécurité, disent-ils, Fra-ter-ni-té, disent-ils, 
"les Droits de l'Enfant", disent-ils...
le modèle américain, fessebouk...
la fessée rend bête et méchant.
Alors que le Conseil de l’Europe organise aujourd’hui à Strasbourg un débat international sur l’interdiction de la fessée, celle-ci n’a jamais eu autant le vent en poupe auprès des parents. « On assiste à un retour aux années 1950, affirme le psychologue Didier Pleux*. Tombée aux oubliettes dans les années 1970, la fessée connaît actuellement un retour en force.
Les parents sont de plus en plus nombreux à me dire dans mon cabinet que c’est l’unique moyen qu’ils trouvent pour exercer leur autorité. »
(sondage Le Figaro)
« Levez la main contre la fessée ! », tel est le slogan d’une campagne du Conseil de l'Europe contre les châtiments corporels infligés aux enfants. Les châtiments corporels constituent la forme la plus répandue de violence à l’encontre des enfants. C’est aussi une violation des droits des enfants en tant qu’êtres humains. Inefficaces en tant que méthode de discipline, les châtiments corporels transmettent un message erroné et peuvent être à l’origine de graves dommages physiques et mentaux. Le Conseil de l'Europe lutte contre les châtiments corporels en menant une campagne pour leur abolition totale et en faisant la promotion d’une parentalité positive et non violente dans ses quarante sept Etats membres.

La télé, aussi, rend bête et méchant
...La recherche, étalée sur huit ans, a touché 1.314 enfants, dont les parents avaient accepté d'indiquer le temps consacré à regarder la télévision par leur progéniture à 29 mois puis à 53 mois, tandis que les enseignants ont évalué les performances scolaires et psychosociales, ainsi que la santé des sujets...
Chaque heure au delà de la moyenne (qui est de huit heures par semaine au Québec) réduit de 7% l'engagement manifesté par l'enfant en classe ...
sans compter l'agressivité, la moindre activité physique, la consommation de sodas, le grignotage et... l'obésité... 

...every additional hour of television exposure at 29 months corresponded to 7% and 6% unit decreases in classroom engagement, 10% unit increases in victimization by classmates, 13% unit decreases in time spent doing weekend physical activity , 9% unit decreases in activities involving physical effort, higher consumption scores for soft drinks and snacks by 9% and 10% , and 5% unit increases in body mass index...Allergie, ennui, humiliation, stress, phobie, absentéisme, décrochage, déscolarisation :
ON DIRAIT QU'ILS S'ENNUIENT ...
Les formes radicales d'abandon sont préoccupantes :
les "décrocheurs", sortant du secondaire sans diplôme, sont estimés à 120 000 tous les ans.
Les vaincus, parfois écartés sans ménagement, sont découragés et atteints dans leur estime de soi.
Tant Oslo que les Gorguettes, démontrent que, si on joue franc-jeu avec les adolescents, 
le résultat dépasse les espérances.
Le C.E.S. n'a pas explosé dans une fuite en avant 
de revendications impossibles à satisfaire de la part des élèves:
le sentiment de leurs responsabilités a été permanent. 
C'est que, aussi, ils aimaient leur établissement, qui était devenu pour eux un lieu de vie.
Et non le lieu de mort, ce parking déshumanisé et déshumanisant, 
qu'il tend toujours plus à devenir aujourd'hui dans notre pays,
contre le vœu profond de la plupart de ceux qui y travaillent.
Et quelques "rubriques", parmi beaucoup d'autres, toujours d'actualité :
les rapports parents-profs, la maternelle à 2 ans, l'ennui à l'école, les punitions collectives, l'état des toilettes, le téléphone portable, le créationnisme... 
Imaginez que chaque jour vous partiez au travail avec 22 kg sur le dos. C'est pourtant le lot de milliers d'élèves qui vont en classe avec environ 9 kg sur les bretelles !

Cartable trop lourd : ministère de l'éducation condamné... en Italie.

Le calendrier de l'année scolaire

La France se caractérisait
par une forte charge scolaire annuelle,
avec 936 heures de présence
dont 855 heures d'enseignement, 
récréations déduites
(seul le Luxembourg fait plus).
2008 : Des journées encore plus longues. La France devient le pays d'Europe de l'Ouest qui compte le moins de jours de classe : 140 par an. En Finlande, pays dont les élèves caracolent en tête des palmarès internationaux, l'année scolaire en compte 188.


Le calendrier scolaire 2009-2010

Une nouvelle « loi d’orientation » a été votée,
qui ne sera pas forcément mieux appliquée que la précédente,
mais dans le droit fil des déclarations de Lisbonne (mars 2000) : 
«  L’Union doit devenir l’économie de la connaissance 
la plus compétitive et la plus dynamique du monde »
Et à moindre coût !

Nouvelle loi reprenant pour l'essentiel les directives de l'OCDE
(notamment le fameux "socle" - smic culturel, "paquetage de survie"),
déjà préconisé par la commission Fauroux (*), sous le gouvernement Juppé,
... il y a plus de dix ans !

Changer l’école ?
Des initiatives sérieuses existent, et depuis longtemps.
Elles ont fait leurs preuves, et depuis très longtemps.
Dans le secteur public comme dans le privé. 

(*) commission présidée par Roger Fauroux, ex-président-directeur général de Saint-Gobain, ex-ancien ministre de l’Industrie... commission dans laquelle on trouvait, entre autres, de brillants philanthropes tels que Michel Bon, futur PDG de France Télécom jusqu'à sa faillite, Francis Mer, à l'époque PDG d’Usinor-Sacilor, mais aucun représentant des salariés.


ET L'HORREUR ÉDUCATIVE ?

"SAVEZ-VOUS QU'IL EXISTE D'AUTRES FORMES DE PEDAGOGIE ?"
DES ECOLES DIFFERENTES

CHANGEONS D'ÉCOLE,  CHANGEONS L'ÉCOLE :
NOUS SOMMES TOUS
MINISTRES DE L'ÉDUCATION.


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en étroite collaboration avec équipes, associations, fédérations
des établissements scolaires innovants
primaires, secondaires,
publics et privés
(du J.E. aux Terminales)
avec les détails de leurs projets 
& pratiques pédagogiques.

DES ÉCOLES, COLLÈGES ET LYCÉES DIFFÉRENTS :
Ni stérile blablabla universitaire de connivence

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L'école en échec
"Depuis trente ans, tout ou presque a été expérimenté par l'éducation nationale."


Ben oui ..."Presque  !" :

QUESTIONS POUR UN PROJET
  Des écoles, des collèges et des lycées différents, dans l'E.N. :
Des écoles publiques "expérimentales"
  Freinet dans (?) le système "éducatif" (?)
  Colloque Freinet à ... Londres

  Pluralisme scolaire et "éducation alternative"
  Des écoles différentes ? Pourquoi ? Pour qui ?
  L'heure de la...It's time for ... Re-creation
  68 - 98 : les 30 P-l-eureuses
  Jaune devant, marron ... : du P.Q. pour le Q.I.

  Et l'horreur éducative ?
  Le nouveau sirop-typhon :
déplacements de populations ? Chèque-éducation ? ou non-scolarisation ?
  Apprendre sans école 
("Homeschooling", école à la maison, instruction à domicile, cours à distance...) :
Les Enfants D'Abord ... ou MES enfants d'abord ?


Les politiques de lutte contre l'échec scolaire restent peu efficaces
"Pourtant, ici ou là, des établissements luttent avec succès contre l'échec scolaire.
Profitant de leur autonomie croissante, ils concoctent leurs propres recettes, 
et cela marche. 
Mais il n'existe rien en France qui permette de diffuser ces expériences réussies."

... Ah bon ?
Et l'INRP ?
Et Innovalo
Et le Bureau A 11 dit "de Valorisation des innovations" à la DESCO ?!
Et feu le "atlas des innovations"
de feu le C.N.I.R.S. ?
et ses "conseils" - en novLang - acceptés avec déférence et révérences par les "innovateurs" tels que  D.E.C.L.I.C. 93 (DECLIC ! ...RECIT, parmi d'autres, d'une "initiative", devenue mystification, "citoyenne")
... et tant d'autres "services" gazogènes de la rue de Grenelle et annexes ?

Et les publications de l'Icem-Freinetet autres mouvements pédagogiques ?

... et éventuellement,
le guide-annuaire des écoles différentes,
qui les "diffuse" ces "expériences réussies",
privées comme publiques,
et depuis 28 ans, 
mais 
sans complaisance 
ni langue de bois, ni amnésie,
ni stérile bla-bla universitaire de connivence
... et sans attendre l'autorisation ou les subventions d'un ministre de passage,
ni plan de carrière ...
DES ECOLES DIFFERENTESDES ECOLES DIFFERENTES



L'actualité : dans, hors, en face, autour, avant, pendant, après,
en sortant de
... "l'école"
... Mais la dégradation de la mission de l'instituteur, la sclérose des partis de gauche, la décadence des syndicats ont cessé de nourrir d'idéologie émancipatrice un peuple de gauche dont les derniers représentants, âgés, vont disparaître. Reste la gauche bobo et la gauche caviar. Et alors racisme et xénophobie, qui chez les travailleurs votant à gauche ne s'exprimaient que dans le privé, rentrent dans la sphère politique et amènent à voter désormais Jean-Marie Le Pen.
Une France réactionnaire reléguée au second rang au XXe siècle, sauf durant Vichy, arrive au premier rang, racornie, chauvine, souverainiste...
... Certes, il nous faut d'abord résister à la barbarie qui monte. Mais le "non" d'une résistance doit se nourrir d'un "oui" à nos aspirations. 
La résistance à tout ce qui dégrade l'homme par l'homme, aux asservissements, aux mépris, aux humiliations, se nourrit de l'aspiration, non pas au meilleur des mondes, mais à un monde meilleur. Cette aspiration, qui n'a cessé de naître et renaître au cours de l'histoire humaine, renaîtra encore.

... 84% estiment qu'actuellement le racisme est «un phénomène répandu», témoignant un écart entre visions objectives et subjectives du racisme,
entre la manière dont il est  perçu et ce qu'il se passe réellement.
Et si l'on regarde le détail des réponses, on s'aperçoit que, lorsqu'il s'agit de relations individuelles, on continue à rejeter l'autre.
On est dans l'acceptation tant qu'on ne touche pas à son petit jardin...


 
Le système éducatif français, trop uniforme, doit placer les besoins des élèves, et leurs différences, au centre de sa logique
pour réduire les inégalités. [Rapport de la Cour des Comptes - 12 05 10 - pdf]
"La performance du système éducatif français a, au cours des dernières années, plutôt diminué, sous l'effet de son inefficacité à lutter contre les inégalités scolaires".
 En cause: "une mauvaise organisation" du système, trop uniforme, qu'il faut repenser "en l'adaptant à l'hétérogénéité des élèves".
Avec 40% des élèves de 15 ans ayant redoublé au moins une fois (chiffres OCDE de 2003), l'Hexagone est le "champion des redoublements", qui sont pourtant "inefficaces et très coûteux".
Il est ainsi incohérent que celui-ci puisse continuer à consacrer environ deux fois moins de moyens à l’éducation prioritaire qu’à une pratique du redoublement dont le ministère lui-même estime, à travers les objectifs et indicateurs de ses programmes budgétaires, qu’il doit diminuer radicalement".

... Derrière le classement (PISA), il y a en effet des trésors d'informations.
Par exemple, on peut observer que, sur les trois compétences testées par le Pisa 
(s'informer, interpréter, réagir)
les petits Français ont une sacrée faiblesse dans le dernier domaine.
Excellents pour cocher des cases de QCM ou appliquer une formule,
ils ont beaucoup plus de mal lorsqu'il s'agit d'exprimer une critique ou une opinion personnelle dans les questions ouvertes...

«On donne autant d'heures d'accompagnement éducatif au très élitiste lycée Henri-IV
qu'à un lycée ghetto avec 40% de réussite au bac, où il en faudrait dix fois plus !»
Résultat, selon le dernier rapport de l'OCDE, nous sommes désormais lanterne rouge pour la correction des inégalités sociales.

« C'est en France que l'impact de l'origine sociale sur les résultats est le plus élevé, et cela va s'aggravant. »

... Il va sans dire que pour être compréhensible d’enfants il faut leur parler comme à des enfants.
De là ce doucereux langage pour débiles légers dont le discours politique-pédagogique s’est fait une spécialité,
en l’espèce, s’agissant de déficits, à base de métaphores simples et accessibles à tous, empruntées à l’économie domestique.
Car il est bien certain que tous peuvent comprendre, expérience récurrente des fins de mois difficiles à l’appui,
qu’on ne saurait « vivre au dessus de ses moyens », pas plus la France que le voisin de palier...

... de nombreux messages ont été tout bonnement éjectés de Waka par l’équipe de Skyrock qui est en charge de la gestion du site. « Nous n’enlevons que les messages redondants », affirme Saussez. Sauf que les trois quarts des messages censurés critiquent l’Hadopi, la carte musique jeune à 50 euros que veut instaurer le gouvernement, ainsi que le tutoiement.
Michel Fize relève une autre absence : « Il n’y a rien sur l’engagement politique, rien sur la société civile, rien sur la participation des jeunes à la démocratie. »
Pas très Waka le débat politique, ou, plus précisément : trop pas.

Odeur, saleté, maux de ventre:
l'état des toilettes
 «21.6% des élèves présenteraient des pathologies liées à la non-fréquentation des toilettes». Cette enquête, menée auprès de 24.781 élèves de primaires répartis dans plus de 865 établissements  de 55 départements, affirme que «près de la moitié des élèves de CM1 et CM2 se sont déjà plaints de maux de ventres» parce qu’ils ne peuvent aller aux toilettes «en raison du manque d’hygiène ou d’intimité» de ceux-ci.»
[rapport 2008 de l'Observatoire national de la sécurité des établissements (ONS)]

Infections urinaires à répétition, mycoses, occlusions intestinales…
A l’école Romain-Rolland de Saint-Cyr-l’Ecole, 
les 365 élèves tombent comme des mouches.
A l’odeur nauséabonde qui prend à la gorge dès les premiers pas dans la cour,
il n’est pas difficile d’établir un rapprochement 
avec les toilettes de l’établissement.

... Il convient donc simplement de gérer au mieux un certain nombre de problèmes, plus ou moins urgents, qui se posent.
Or «gérer», un terme dont les auteurs notent à juste titre qu'il est omniprésent dans les discussions, n'est-ce pas, justement, se résoudre à subir?
«La raison économique étant supérieure à la raison démocratique, tout doit rouler —aux acteurs de s'adapter, 
à la pression, au stress, à l'obligation de résultats.».
Si le travailleur d'antan pouvait bien souffrir, au moins lui accordait-on un droit fondamental: celui de faire la gueule, de se plaindre, de ne pas accepter sa situation.
Rien de tel de nos jours. «C'est quoi cette manie de tout critiquer? En démocratie je positive!»

... En effet, dire gouvernement « socialiste », ou « social-démocrate », ou encore « conservateur », ou « libéral », et l’appeler « pouvoir »,
n’est qu’une opération esthétique bon marché.
C’est prétendre nommer quelque chose qui ne se trouve pas là où on voudrait nous le faire croire.
Car le pouvoir, le vrai pouvoir, se trouve ailleurs : c’est le pouvoir économique.
Celui dont on perçoit les contours en filigrane, mais qui nous échappe lorsque l’on cherche à s’en approcher et qui contre-attaque
s’il nous prend envie de restreindre son emprise, en le soumettant aux règles de l’intérêt général.
En termes plus clairs : les peuples n’ont pas élu leurs gouvernements pour que ceux-ci les « offrent » au marché.
Mais le marché conditionne les gouvernements pour que ceux-ci leur « offrent » leurs peuples...

L'Europe sait-elle ce que nécessitent ses objectifs ?
Aujourd'hui, j'en appelle au gouvernement kenyan : dans un pays où 10 millions de personnes ont faim, où la sécurité alimentaire n'est pas assurée, avons-nous besoin de mettre en danger des populations et la nature au mépris des lois ?
J'en appelle également à l'Europe qui a décrété la nécessité que 10% des carburants consommés dans les transports en Europe soient issus de matières renouvelables d'ici 2020 :
avez-vous évalué l'impact sur les pays du Sud de vos politiques soi-disant écologiques ?

Les bureaucrates de l'Union européenne, qui ont l'humour bien caché, ont choisi la date du 14 juillet pour signer un accord historique avec le Brésil. 
La scène se passe à Brasilia, où les deux parties décident ce jour-là de lancer, à une échelle encore inconnue, un plan de production de biocarburants. Où? Au Mozambique, l'un des pays les plus pauvres du monde.
« L'expansion des agrocarburants dans notre pays transforme des zones forestières et naturelles en monocultures énergétiques, confisque des terres agricoles fertiles qui permettaient aux populations locales de produire leur nourriture. 
Ce que nous voulons, ce n'est pas remplir les réservoirs des voitures étrangères avec du carburant, 
mais les estomacs de nos concitoyens avec de la nourriture. »
 

... Il n’est en effet pas rare qu’un article d’économie écrit dans les grandes largeurs, composé de cinq interviews différentes et ayant nécessité des heures voire des jours de réalisation, récolte à peine 5% du trafic du site, 
quand, dans le même temps, une brève sur Britney Spears qui a pris moins d’une demi-heure à écrire atteint les 70% de trafic.

«Si je suis ce que je mange, je suis aussi les informations que je consomme, conclut Pablo Boczkowski.
De même que le corps pourrait se satisfaire de pain blanc, l’appétit du public pour les informations pourrait en majorité se contenter de sport, entertainment, et fait-divers. 

Mais la société et les enjeux politiques vont en souffrir

Question de santé...


... Puis, ils «utilisent le pathos pour s’adresser à la sensibilité de l’auditoire et jouer sur le registre des passions et des sentiments». Ils «communiquent ainsi deux types d’émotion à la foule : la dénonciation et l’empathie»
Enfin, la troisième étape «consiste à prouver que s’ils sont élus, ils pourront venir au secours [des électeurs], qu’ils les sauveront et que les injustices dénoncées avant n’existeront plus». Et ça marche, d’un point de vue arithmétique. Au premier tour de la présidentielle de 2007, l’abstention a reculé à un niveau comparable à celui de 1974 (aux environs de 16%, contre 28% en 2002).

Au regard de cette performance, ces dynamiques s’installent hors échéances électorales. Elles profitent à ce titre de la primeur accordée au «journalisme compassionnel» par les médias de masse - lesquels finalement, pour assurer la fidélité de leur audience, recourent au même marketing de l’émotion que les leaders politiques.
Mais aussi d’une confusion grandissante «entre information et communication» ...


 
Roms, romanichels, bohémiens, tsiganes, nomades, gens du voyage ...
... Avant les années 1970, chacun était libre de séjourner où il voulait sauf dans les endroits interdits. Le "camping sauvage" était légal.
Désormais l'ensemble du territoire est interdit au stationnement sauf les emplacements autorisés.
Aujourd'hui pour avoir le droit de vivre en mobile-home, tout Français doit prendre un titre de circulation de "gens du voyage",
et leur nombre augmente chaque année à cause de la crise économique…, avec le retour au "régime des nomades" de triste mémoire...

... Alors, la sécurité ça marche toujours, notamment auprès des séniors,
et Sarkozy doit garder le vote des vieux,
les moins soumis aux problèmes d'insécurité étant toujours les plus demandeurs de discours ultra-sécuritaires...

... Quant aux Roms - les hommes, en hindi -, qui forment une minorité, ce ne sont pas seulement des migrants venus d'Europe de l'Est, notamment de Roumanie et Bulgarie. Il s'agit d'une population hétérogène ballottée d'un pays à l'autre de l'Union européenne (UE). 
Leur intégration concerne au premier chef deux des Etats de l'Union, qui ne prennent pas leurs responsabilités, la Roumanie et la Bulgarie.

Avec un tel amalgame, l'exécutif ouvre la boîte à fantasmes et à préjugés. On voit réapparaître dans des populations qu'on apeure 
les images du "romanichel" voleur d'enfants ou des "bohémiens" réputés se livrer à des trafics de prostitution ou de mendicité...

... Cela souligne l'échec de l'Etat et des collectivités locales dans l'application de la loi de 1990
qui oblige les villes de plus de 5 000 habitants à aménager des aires d'accueil pour les gens du voyage. 
Sur les 42 000 emplacements nécessaires, à peine la moitié est disponible. Il y a des communes qui refusent de scolariser leurs enfants.... 


'La loi je m'en fous, je ne veux pas de ces gens chez moi.'


... l’accord sur la politique de retour, que "le Kosovo a accepté sous pression" en avril dernier, est "catastrophique pour les familles"
le plus souvent arrivées en Allemagne au début des années 90, et "une honte pour l'Allemagne"
qui considère comme "sûr" ce pays ébranlé par des tensions ethniques et incapable de protéger ceux qui y reviennent. 
La plupart des quelques 6 000 enfants et adolescents concernés ont grandi en Allemagne, ne parlent ni le serbe ni l'albanais, 
et ne pourront probablement pas poursuivre leurs études au Kosovo.
... Drei von vier Kindern gehen im Kosovo nicht mehr zur Schule, weil sich die Direktoren weigern,
Roma-Kinder aufzunehmen, wenn Geburtsurkunden und Zeugnisse fehlen.“ 
Zwei von drei Kindern wurden in Deutschland geboren und wuchsen dort auf...

... sous la pression des riches, les gouvernements font payer aux pauvres la facture de la spéculation financière.
Car pour les possédants, la crise semble passée.
« En 2009, le nombre de foyers millionnaires en dollars a augmenté d’environ 14 % et atteint 11,2 millions, quasiment autant qu’en 2007 »...
... En la matière, la France n’égale-t-elle pas les Etats-Unis où la liste des personnalités de l’administration Obama
occupant ou ayant occupé des positions dans la finance privée donne le tournis...
... Trente-six ans avant que le chef de l’Etat français ne consomme sur le yacht de l’un de ses amis milliardaires la « République irréprochable » promise au cours de sa campagne, François Mitterrand annonçait, lors du Congrès d’unification des socialistes à Epinay (juin 1971), la rupture avec « toutes les puissances de l’argent, l’argent qui corrompt, l’argent qui achète, l’argent qui écrase, l’argent qui tue, l’argent qui ruine, l’argent qui pourrit jusqu’à la conscience des hommes ».
Un septennat de pouvoir et un tournant libéral feront peu après de lui l’homme des « années fric » et des affaires.

Tout fout'le camp !
... Ils en paient déjà cher le brin d'herbe, de cette campagne à Paris. 6 600 euros de droit d'entrée. Plus 1 600 euros de cotisation annuelle par personne.
"Il n'y a pas ici une diversité sociale incroyable, il ne faut pas se leurrer. Pour une famille, l'adhésion, c'est le prix d'une petite voiture"...
... "Durant un an, nous devrons nous changer et nous doucher dans le parking souterrain, sans qu'aucune compensation financière ait été prévue pour ces désagréments. Et, à la fin, les cotisations exploseront à cause de ces travaux somptuaires que les adhérents n'ont pas appelés de leurs vœux.
Certaines familles ne pourront pas suivre… Vous imaginez leur angoisse ? Il y aura des exclus !" ...
...  Sa mère fréquentait déjà le Racing, il y a quarante ans. Lui a très tôt initié ses quatre enfants aux valeurs du club : goût de l'effort, discipline, rigueur. Les membres, nous confie-t-on, ont un attachement sentimental qui se perpétue de génération en génération. Ils s'en sentent "comptables" pour leurs enfants...

... avoir des parents propriétaires aujourd'hui est un élément qui devient essentiel,
car le marché est devenu plus difficile...

... "en France il y a une compétition méritocratique qui se présente comme une compétition ouverte.
En réalité, jamais l'investissement des familles des classes moyennes et supérieures, en particulier des mères, n'a été aussi fort.
Tout un ensemble de choix se fait à partir de l'enfance, le choix des jouets, puis celui d'une option rare comme l'allemand, celui d'une filière ..."
"Les familles des classes populaires sont dépassées par ces stratégies. Il ne s'agit plus d'un héritage culturel et social, mais bien d'un investissement permanent.
On s'est ainsi aperçu que presque  aucun élève de classe prépa n'avait un parcours scolaire normal. Le système est en réalité très peu transparent.
Et dans l'opacité, ceux qui sont à l'intérieur sont avantagés. ..."

En filmant de l'intérieur le quotidien de l'école Saint-Projet à Bordeaux,
le documentaire des « Infiltrés » a mis en lumière une zone grise, un pan méconnu du système scolaire : les écoles privées hors contrat.

Sous ce statut cohabitent des écoles très différentes, qui ont en commun de vivre leur vie à l'écart des institutions, des regards, et d'être très peu contrôlées.

Au-delà de l’insécurité, inacceptable, nous subissons, et chaque jour davantage, l’enclavement, le chômage, l’échec scolaire, le mal-logement, et une pénurie des services publics. Les habitants souffrent au quotidien, et nourrissent un sentiment d’abandon qu’une grande partie de la société française a du mal à concevoir.
Les taux d’abstention record aux dernières élections dans certains quartiers ne sont d’ailleurs qu’un signe supplémentaire de la défiance des habitants de ces quartiers vis-à-vis de la capacité du politique à changer cette situation.
Les conséquences de cette détresse, associées à la "peur des ghettos", ressenties par ceux qui ne vivent pas en banlieue, ne sont pas que locales.
Elles renforcent la fragmentation sociale et urbaine: souhaitons-nous vivre dans une société "balkanisée"? Le sentiment de ne pas vivre "dans le même monde", partagé tant par les habitants des ghettos que par ceux qui y sont extérieurs, met en cause non seulement la cohésion sociale mais aussi notre pacte républicain.
Sans débat, sans même s’en rendre compte, la France est en train de changer de société: la liberté, l’égalité, la fraternité sont menacées au profit de "l’entre-soi" et de l’inégalité.

... « On est préoccupés justement parce que ce sont les programmes préférés des 11-15 ans », analyse Françoise Laborde.
« Ils renvoient à des trucs de cour de récré. Mais ce qui est troublant, c'est de voir des adultes se comporter comme des ados », estime la conseillère.
Pour le sociologue François Jost, le huis clos et l'oisivité « infantilisent » les participants: 
« c'est comme se retrouver dans un club de vacances avec les mêmes gens toute la journée et rien à faire: ça rend débile n'importe qui ».
La téléréalité originelle, basée sur l'enfermement et l'élimination, est « vite ennuyeuse,
donc pour faire du récit, il faut de l'humiliation et du conflit», observe le spécialiste. 
Et les producteurs mettent les participants dans des « situations de plus en plus inextricables qui nuisent à l'estime de soi ou à la conception de la solidarité ».
« C'est de pure pulsion : comme un film porno, avec des automatismes de répulsion »
regrette Christophe Nick, auteur d'un documentaire choc sur les dérives de la téléréalité...

... des parents et professionnels de la petite enfance ont multiplié les mobilisations contre un texte qui prévoit d'assouplir les règles d'accueil dans les crèches dans le but d'accueillir davantage d'enfants...
... Regroupés au sein du Collectif "Pas de bébés à la consignes", les associations de professionnels de la petite enfance dénoncent une atteinte inadmissible à la qualité d’accueil des enfants."Nous nous mobilisons pour la reconnaissance de la spécificité des besoins d’enfants de moins de 3 ans lors de leur accueil en dehors du milieu familial et en collectivité, conformément aux connaissances scientifiques et pratiques acquises depuis 30 ans :
à savoir la nécessité d’assurer au sein du groupe d’enfants un accompagnement  en mesure de soutenir le développement singulier de chaque enfant"...
 
 

Ré-ouverture du collège "pionnier" de Saint-Martin Valmeroux en septembre 2010 ?
(Plaidée devant le Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand le 12 mai 2010, jugement rendu le 27 mai.)

Le Rapporteur Public a conclu :
- au rejet du recours à l'encontre de la décision de l'inspecteur d'Académie du 16 mars 2009 en tant qu'elle n'équivaut pas en droit à une décision de fermeture du collège
- à l'annulation de la décision du Recteur d'Académie du 3 juillet 2009
- à l'annulation de la décision du Préfet du Cantal du 29 juillet 2009.

Il ne resterait donc que quelques semaines (... avant la fermeture des bureaux ! ) pour que l'Académie fasse le nécessaire :
- recrutement d'une nouvelle équipe d'enseignants
- (ré)-inscriptions de quelques dizaines d'élèves.

Contacts : Christian Fournier, Maire de Saint-Martin Valmeroux & Cyrille Raynard, enseignant
tel: 06 73 39 73 81 / 04.71.40.74.91 / 04.71.69.20.32 /
e-mél: MAIRIE.SAINT-MARTIN-VALMEROUX@wanadoo.fr

DES ECOLES DIFFERENTES
... parce que de l'uniformité et la conformité,
naissent l'ennui et l'idiotie ...
et des mystifications et soumissions,
le mépris et la barbarie.


Big Brother Awards France
Parmi les - très - nombreux candidats nominés pour 2010 :

- Les fichiers de l’Education nationale (Xavier Darcos, Luc Chatel) : Jamais une administration n'avait accumulé en si peu de temps de nouveaux fichiers nominatifs, de Base élèves (dès 3 ans) au "livret de compétences", en passant par ceux qui "décrochent" du système éducatif... + Mention spéciale fichiers.
 

14 juillet 2010. — Le Parquet de Paris vient de classer sans suite les plaintes des 2103 parents concernant le fichier Base élèves 1er degré… tout en adressant un rappel à la loi à la Directrice des Affaires Juridiques du Ministère de l’Education Nationale, ce qui est quelque peu contradictoire, mais c’est son choix selon le principe de l’ « opportunité des poursuites » et c’est clairement ici un choix politique compte tenu des enjeux en cours.
... En conséquence le Collectif National de Résistance à Base élèves (CNRBE) ne compte pas en rester là et va étudier — à la lumière notamment des conclusions du rapporteur public du Conseil d’Etat —, avec les avocats du Syndicat des Avocats de France (SAF) la suite qu’il convient de donner à cette décision, notamment la possibilité — tant qu’elle existe…— de saisir un juge d’instruction.

- Nadine Morano, secrétaire d’Etat chargée de la Famille : Pour manque de vigilance sur le respect des Droits de l'enfant (dossier Base élèves) et pour se pencher sur la notion floue de "information préoccupante" pour justifier le viol de la vie privé et familiale et le recours au "secret partagé" des organismes d'action sociale.

- Le Groupe Scolaire Saint-Denis, à Loches : Non content de vidéosurveiller les toilettes (ce que la loi interdit), l’infirmerie, le CDI, les couloirs et salles d’étude, le groupe scolaire Saint Denis prenait également les empreintes digitales des élèves à la cantine (ce qui est également interdit). En ayant oublier de demander l'autorisation de la CNIL !

- La novlangue d’Alex Turk, président de la CNIL : Le président de la CNIL, qui "ne se bat plus sur le terrain de la sémantique", est toujours très en verve pour tourner des phrases orwelliennes. De la novlangue pur jus à lire sans modération.

- Les "voisins vigilants" : Sont nommés pour ce prix, les instigateurs - Le Ministère de l'Intérieur -, les exécuteurs - les préfets, les maires et leurs adjoints à la sécurité - et les français qui se prêtent à ce jeu de délation/surveillance de leurs concitoyens.

- Les journalistes qui font le boulot de la police : Par conviction ou complaisance, des journalistes zélés sont toujours là pour souffler sur la braise sécuritaire, amplifier les faits divers pour servir le politique, pour emprunter des méthodes policières ou même collaborer ouvertement avec les services officiels. Leur réthorique emprunte très souvent à la novlangue. + Mention spéciale médias.



L’Union européenne se veut à l’avant-garde en ce qui concerne la surveillance de nos faits et gestes au nom de la sécurité.
Pour certains, les nouvelles technologies nous protègent.
Pour d’autres, comme le juriste Raf Jespers, elles violent le droit fondamental à la vie privée.
"Le respect de la vie privée ? C’est un concept du XXe siècle." dixit Mark Zuckerberg, le fondateur du réseau social Facebook, qui vend ses données aux entreprises qui raffolent de profils de consommateurs. Google ne fait pas mieux : il suit votre manière de surfer sur le net et vous bombarde de publicités ciblées. Les pouvoirs publics – n’était-ce pas l’instance qui devait garantir votre vie privée ? – en profitent aussi. Il semblerait que la CIA recueille des informations à partir de Facebook, mais aussi de Twitter, Flickr, Amazon et de nombreux autres sites, sur des politiciens, des journalistes, des universitaires, des critiques, des faiseurs d’opinion, des ONG, etc. ??
Alors que Google est sans cesse l’objet de critiques de la part de l’Europe parce qu’il surveille votre comportement sur Internet, l’UE, quant à elle, va encore plus loin : en 2006, elle a rédigé  la fameuse directive sur la conservation des données, par laquelle elle oblige les opérateurs téléphoniques et les fournisseurs d’accès à Internet à conserver tous vos appels et vos recherches en ligne pendant au moins deux ans et à les débloquer dès que des services publics le demandent.
Quelques Etats membres ont déjà adopté la directive mais ils ont été rappelés à l’ordre par leurs plus hautes instances judiciaires.
"Depuis les attentats du 11 septembre 2001 des lois qui limitent le droit à la vie privée, ont été votées dans pratiquement tout le monde occidental" (Raf Jespers)

En avril, une déclaration écrite “sur la création d’un système d’alerte rapide européen (SARE) contre les pédophiles et les auteurs de harcèlements sexuels” a été déposée au Parlement européen. Derrière est caché un autre objectif : obliger les moteurs de recherche (Google, Yahoo, Bing et les autres) à conserver des données. Il y a une semaine, en découvrant la teneur réelle du texte, des eurodéputés ont retiré leur nom de la liste des signataires de cette déclaration. Au-delà, cela pose de nouveau la question de l’instrumentalisation de la lutte contre la pédo-pornographie pour faire voter des lois enfreignant les libertés fondamentales ...

Big Brother, en vrai ? En pire.
« Même dans ses cauchemars les plus fous, explique Jean-Emmanuel Ray, professeur de droit social qui s'est passionné pour ce sujet,
Orwell n'aurait pu imaginer de telles pratiques. Big Brother, aujourd'hui, c'est la Bibliothèque rose. »
Portables munis de GPS, vidéosurveillance, géolocalisation, internet et réseaux sociaux ou simple délation par des salariés :
nous pouvons tous être surveillés, fliqués, tracés.

videosurveillance :

véritable gabegie pour les finances publiques lorsque l’on chiffre le coût qu’il représente pour une municipalité et la privation d’autres investissements
et d’autres actions de prévention et de sécurité qui en découle“.
Le rapport de la Chambre régionale des comptes relève ainsi Lyon a dépensé “7 284 290 euros entre 2001 et 2008 pour l’installation de 124 caméras (soit une moyenne de 58 744 euros par caméra)“, et qu’elle y consacre en moyenne environ 850 000 euros par an depuis 2003 (chiffre qui devrait grimper à 1,5 millions de 2009 à 2011), et que la ville dépense en moyenne 200 000 euros par an en maintenance, soit 1,7 millions d’euros pas an, à quoi il convient de rajouter le salaire des 29 employés, “soit au moins 900 000 euros, sans doute un peu plus“, mais également le coût des locaux, de leurs équipement et de leur fonctionnement.
[ rapport de la Chambre régionale des comptes de Rhône-Alpes (.pdf) ]
Laurent Mucchielli estime ainsi que “la vidéosurveillance coûte donc probablement à la ville de Lyon (donc aux lyonnais) entre 2,7 et 3 millions d’euros.
Ce qui pourrait représenter près d’une centaine d’emplois municipaux de proximité ...

Est-on prêt à vivre dans une société parfaitement transparente, où chacun saura où est l'autre ?
"La géolocalisation tend à devenir la norme, dit Gwendal Le Grand, de la CNIL. Bientôt ce sera lorsqu'on débranchera son GSM qu'on sera suspect."
Aucune police n'aurait osé rêver pareille globale surveillance !

Avec la géolocalisation des téléphones mobiles, un nouveau type de données personnelles est collecté à l'insu des utilisateurs : la position géographique des particuliers en temps réel, 24 heures sur 24. Tous les téléphones mobiles sont suivis à la trace grâce aux antennes relais des opérateurs de télécommunications...
.. Avec les "smartphones" connectés en permanence à Internet, les données de localisation sont diffusées vers une myriade de sociétés privées...
... Les camionnettes de Google censées travailler pour le service Google Street View sont équipées de capteurs 
qui relèvent la position des antennes relais de tous les opérateurs et de tous les réseaux Wi-Fi...

Pour son tout premier discours de politique générale, Nick Clegg, le nouveau Vice-Premier ministre libéral-démocrate britannique,
a déclaré vouloir mettre un terme à la société de surveillance :
    “Il est scandaleux que les gens respectueux des lois soient régulièrement traitées comme si elles avaient quelque chose à cacher.”
Evoquant un “big bang” politique, et une “révolution du pouvoir” visant “la liberté du plus grand nombre, et non pas le privilège de quelques-uns“,
Nick Clegg a déclaré vouloir réinstaller “les fondamentaux de la relation entre l’État et le citoyen” afin de “rendre le pouvoir au peuple“,
et mettre un terme aux dérives sécuritaires du précédent gouvernement labour (de “gauche“).

... Si l'on voulait vraiment progresser en matière de transparence sur les finances et les avantages du monde politique
il faudrait commencer, par exemple, par respecter les recommandations de l'association Transparency International
qui pointe régulièrement la France du doigt dans ce domaine et notamment pour l'absence de règles qui encadrent efficacement le lobbying parlementaire.
Il faudrait faire la lumière sur les 10 millions d'euros en liquide qui se sont retrouvés sur le compte de campagne d'Edouard Balladur en 1995. Y a-t-il un rapport avec des rétro-commissions? Il faudrait autoriser l'Assemblée à constituer une commission d'enquête digne de ce nom sur l'affaire des attentats de Karachi, 
il faudrait lever les secrets sur l'Angolagate, il faudrait instituer un contrôle parlementaire digne de ce nom sur les ventes d'armes,
il faudrait que l'on sache, par exemple, pourquoi la France et l'Allemagne (exportateurs d'armes) si prompts à demander à la Grèce de faire des économies, n'exigent pas une réduction drastique du faramineux et inutile budget militaire grec,
il faudrait en finir avec les turpitudes de la France-Afrique...

... "L'action répressive contre les groupes mafieux ne permettra pas de mettre un terme aux activités illicites
si les marchés sur lesquels ils s'appuient restent intacts, notamment les hordes de délinquants à col blanc
— avocats, comptables, agents immobiliers et banquiers — qui les protègent et blanchissent leurs gains.
L'expansion des marchés noirs est due autant à la cupidité des cols blancs qu'à celle des groupes criminels organisés."
Pour l'ONU, la menace n'est pas seulement économique.
"Les profits tirés du crime et la menace d'utiliser la force, permettent aux criminels d'influencer des élections, des politiciens et même des militaires".
Selon lui, les pays les plus faibles sont les plus exposés au risque mais la menace est globale.
"Les flux illégaux pointent presque tous vers le Nord" car "les plus grandes économies sont les plus gros marchés pour les biens illégaux"...

"La criminalité organisée, une menace mondiale pour la sécurité"
Un nouveau rapport de l'UNODC montre comment, par la violence et la corruption, les
marchés criminels internationaux sont devenus de véritables centres de pouvoir
[ Rapport intégral en aglais - pdf ]

... Dans tous les pays, le chômage des jeunes a fortement augmenté, rendant la situation potentiellement explosive.
"Le scénario va au-delà des prévisions pourtant pessimistes"
"Quatre millions de jeunes ont rejoint le rang des chômeurs pendant la crise", indique l'OCDE,
qui constate que le taux pour cette tranche d'âge atteint 18,8 % fin 2009, contre 8,6 % pour l'ensemble de la population, fin février 2010...
... La crise a amplifié aussi les difficultés pour les jeunes diplômés, qui rejoignent le groupe des "débutants en mal d'insertion".
Ces derniers, en panne d'emploi, sont restés plus longtemps en formation.
Ils ont refusé, autant qu'ils le pouvaient, des emplois pour lesquels ils étaient surqualifiés...

[ OCDE : MONTÉE DU CHÔMAGE DES JEUNES DANS LA CRISE :
COMMENT ÉVITER UN IMPACT NÉGATIF À LONG TERME SUR TOUTE UNE GÉNÉRATION ? ]
(pdf)

Dès le primaire, les voilà soumis à un emploi du temps de ministre, entre musique, sport, ateliers créatifs… en plus de l’école.
Ils n’ont plus le temps de jouer
« Quand la maîtresse m’a remis le bulletin de mon fils, en moyenne section,
elle m’a expliqué que Lucas manquait de concentration en classe, qu’il ne pensait qu’à jouer ! » se souvient, estomaquée, Sophie.
Parce que la fillette, en deuxième année de maternelle dessinait mal ses ronds, « et préférait jouer, l’instit m’a prédit l’échec scolaire de Lucie ! »

amputez les enfants-adolescents du pouvoir qui leur revient dans l'Institution scolaire
- qui leur revient, du fait qu'ils y sont indispensables -
et, en les coupant de la réalité extérieure, en les renvoyant à leur seul monde intérieur,
vous les désocialisez, c'est-à-dire que vous les névrotisez.

Les années passent. Depuis 2003, notre action contre la constante macabre a des résultats positifs. 30 000 enseignants environ mettent en pratique le système d’évaluation par contrat de confiance, qui permet de supprimer la constante macabre, sans laxisme, bien au contraire ; les élèves travaillent beaucoup plus, en confiance, sur toutes les compétences exigibles du programme officiel. 30000 c’est beaucoup, mais c’est bien peu par rapport au nombre total d’enseignants français…
Ainsi, il existe encore d’innombrables élèves qui souffrent dans le cadre scolaire,
et qui, malgré leur travail, se retrouvent injustement dans une situation d’échec.

- allotéoù, fiston ?
- sur le toit, maman !

Filets de sécurité pour fabricants de bracelets électroniques (iphone, ipod, apple, nokia, etc...)
Problème d'arithmétique du CE1 à bac + 12 :
. si le coltan n'était pas volé, notamment au Congo,
. et s'il n'était pas assemblé par de jeunes esclaves encasernés, 
mais par des ouvriers syndiqués (en France, par exemple).
- Combien coûterait l'un de ces merveilleux et indispensables bracelets GPS ?
Problème philosophique :
- La vie vaudrait-elle encore la peine d'être vécue ?
Mourir pour un gadget ?
... D’un coup d’un seul, les médias généralistes s’emparent du thème des suicides dans les usines chinoises. Car il paraît que l’on s’y suicide, au moins autant que dans les établissements français de France Telecom. Les suicides des jeunes ouvriers de Foxconn, sous-traitant d’Apple, ne sont sans doute pas les premiers, dans les usines chinoises. Mais, jusqu’à présent, les ouvriers chinois se suicidaient dans un trou d’ombre du système médiatique mondial. Désormais, le pinceau de lumière s’approche d’eux.
Pourquoi maintenant ? Pourquoi cette usine-là, et pas une autre ? Risquons une hypothèse : l’usine est celle qui fabrique les iPhones. Voilà qui est «concernant» pour le rédacteur en chef comme pour le lecteur. Derrière mon gadget chéri et indispensable, derrière mes ingénieuses «applis», de la sueur, des larmes, de l’exploitation ! Comment est-ce donc possible ? (En Grande-Bretagne, The Independent imagine une superbe une, mettant en parallèle l’iPad en majesté, et la photo du dernier jeune suicidé, avec ce titre : «Mourir pour un gadget?») ...
allo maman bobo doudou...
PROJET DE LOI "GRENELLE 2"   : interdire le portable dans les écoles et les collèges
L'usage par un élève d'un téléphone mobile dans l'enceinte d'une école maternelle, élémentaire et au collège sera purement interdit.

« Art. L. 5231-3. – Toute communication, quel qu’en soit le moyen ou le support, ayant pour but direct ou indirect de promouvoir la vente, la mise à disposition, l’utilisation ou l’usage d’un téléphone mobile par des enfants de moins de quatorze ans est interdite.
« Art. L. 511-5. – Dans les écoles maternelles, les écoles élémentaires et les collèges, l’utilisation par un élève d’un téléphone mobile est interdite. »
[ projet de loi "Grenelle 2" (pdf)]

Priartem se bat pour que la commercialisation de produits de cette nature soit purement et simplement interdite lorsqu’elle vise des enfants de moins de 14 ans (âge limite de l’enfance selon l’OMS).
- propose d’élargir cette interdiction [l’alinéa 20, qui vise à interdire l’usage du portable dans les écoles et les collèges]
à tous les établissements scolaires (lycées inclus).
- propose d' interdire, dans tous les lieux accueillant du public, l’usage du WiFi en lui préférant les connexions filaires.



C'est un nid à microbes insoupçonné. Toujours à proximité, dans la poche, la main, sous l'oreiller, notre téléphone portable ne nous quitte jamais. D'après une étude de l'Université de Manchester, le combiné téléphonique contiendrait cinq cent fois plus de bactéries... qu'un siège de toilettes !
... With tens of thousands of microbes living on each square inch, they harbour more bacteria than a lavatory seat, 
the sole of a shoe or a door handle. Microbiologists say the combination of constant handling and the heat 
generated by the phones creates a prime breeding ground for all sorts of bugs that are normally found on our skin.
They include Staphylococcus aureus...

.. un système permettant de profiler un possesseur de téléphone portable sans rien lui demander, en se basant exclusivement sur ses déplacements quotidiens. Après une période d'observation continue des mouvements d'un téléphone, le moteur d'intelligence artificielle saura si son propriétaire est un homme ou une femme, jeune ou âgé, riche ou pauvre, dépensier ou avare, diplômé ou non, nomade ou sédentaire, employé stable ou précaire...... Le système sera capable de fournir des pourcentages statistiques sur les habitudes alimentaires de ses cibles, ou de déterminer si un consommateur aura tendance à rester fidèle à ses marques préférées...
... le slogan qui résume sa démarche : "Plus besoin de faire de recherches, nous avons déjà trouvé ce que vous voulez. "

Incitation des opérateurs à changer de mobile et désir de posséder un bijou technologique dernier cri… Les Français changent de portable en moyenne tous les 18 mois. 
Alors qu’un portable a une durée de vie théorique d’environ sept ans.
Les opérateurs doivent récupérer les anciens portables, mais peu le proposent spontanément. 
Que deviennent-ils alors ?
Près de soixante millions de téléphones portables inutilisés dormiraient dans nos tiroirs.
Une dizaine de sites Internet français proposent de les racheter pour quelques euros. Recyclage, aide aux associations et aux pays émergents… Ce marché soigne son image écolo et solidaire.
Au total, 150 millions de mobiles restent non utilisés dans les tiroirs des Français et le taux de renouvellement de ces produits est de dix-huit mois, c’est dire le potentiel des portables pouvant être réparés et réutilisés.
Terra Nova pointe l'échec des gouvernements, de gauche et de droite, dans la lutte contre cette drogue.
Rappelant que la France est le pays européen qui consomme le plus de cannabis, Terra Nova souligne que les nombreuses campagnes "n'ont pas suffi à endiguer la consommation". 
Pire, celle-ci serait toujours plus grande au fil des années. 
La France compte actuellement près de 4 millions d'usagers de cannabis dont 550.000 usagers quotidiens.

Pas de réelle lutte contre le trafic
Selon Terra Nova la législation en vigueur est tellement répressive "que l'essentiel des mesures prévues depuis 2007 porte sur l'application de la loi avec un coût considérable pour la collectivité". Selon plusieurs rapports, le coût d'une interpellation est estimé à 3.300 euros, soit 3 milliards d'euros chaque année.
Surtout, alors que les politiques ont appuyé leurs discours sur une "tolérance zéro" pour les trafiquants, les chiffres montrent qu'en réalité ce sont les usagers les plus condamnés.
Terra Nova note ainsi "qu'entre 2002 et 2008, les peines pour usage ont doublé, alors que les condamnations pour trafic ont baissé".

Quel monde préparons-nous à ce rythme ? Entre ghettos et loi mafieuse, quelle société allons-nous transmettre à nos enfants ?
Mais peut-être veut-on justement que les villes de banlieue deviennent des zones de relégation,
des zones de non-droit dédiées à l'approvisionnement en stupéfiants des centres-villes huppés ?
C'est ce que l'on pourrait croire lorsqu'on compare les effectifs de la police en Seine-saint-Denis et ceux de territoires plus "centraux" en région parisienne.

.. Le gouvernement s'apprête à publier un décret qui abaisse le niveau de qualification d'une partie des personnels des crèches et leur permet,
ponctuellement, d'accueillir plus d'enfants. Le but : aider les familles à faire garder leurs enfants dans un contexte général de pénurie de places.
Les professionnels des crèches réunis dans le collectif "Pas de bébés à la consigne !" (une cinquantaine de syndicats et d'associations)
ne veulent pas de ce décret et appellent à une troisième journée nationale de grève et de manifestions jeudi...
... Actuellement, il faut au minimum un adulte pour veiller sur cinq bébés ou huit enfants qui marchent, des chiffres que le décret ne modifie pas.
Mais en permettant d'accueillir ponctuellement davantage d'enfants, le projet "déroge de fait" à cette obligation de temps à autre, estime le Pr Golse.

"Une nouvelle fois, ce qui est mis en place au nom des jeunes se fait sans eux, et surtout contre eux", répondent dix-neuf organisations de jeunesse
dans un appel intitulé La retraite, une affaire de jeunes rendu public vendredi 30 avril pour défendre la retraite à 60 ans et le système de retraites par répartition...
... L'appel se veut un "point de départ d'une campagne de sensibilisation" des lycéens, étudiants, jeunes en insertion, alors que la question des retraites
n'est pas forcément la première des préoccupations d'une jeunesse qui cherche un travail et un logement, a fait valoir l'UNEF.
Plusieurs membres ont souligné le caractère "unitaire" et "inédit" de cet appel
et l'ont comparé à la mobilisation qui s'était développée en 2006 contre le contrat de première embauche.

DES ECOLES DIFFERENTES... parce que de l'uniformité et la conformité,
naissent l'ennui et l'idiotie ...
et des mystifications et soumissions,
le mépris et la barbarie.
 
 

Nunuche et Faux-culs Dskophiles aux pays du care en barre
et ses merveilles : un care d'heure de compassion

"Redynamiser la pensée sociale progressiste" !
"Pour la première fois, une responsable politique français introduit la notion anglo-saxonne du care dans le débat public, notion longtemps débattue outre-Atlantique..."

Illustration :
...Au Royaume-Uni, où les universités sont confrontées à de graves déficits budgétaires, on parle de "faillites" : "Je pense qu'il y aura des institutions qui risquent de déposer le bilan", a ainsi déclaré Anna Fazackerley, du think-tank Policy Exchange, l'auteur de l'étude Sink or Swim? Facing up to failing universities  ["Couler ou nager: un regard sur les problèmes des universités"]. Londres a annoncé une réduction budgétaire de 450 millions de livres (500 millions d'euros) pour l'année en cours...

...et innombrables merveilles de cette nouvelle "pensée sociale-progressiste" cette dernière décennie :
AMERICAN WAY OF LIFE : le système éducatif américain
Certains étudiants américains peuvent cumuler des dettes jusqu'à 100 000 dollars.

BRITISH WAY OF LIFE : écoles, pauvreté, illettrisme, sélection...
ÉCOLES ANGLAISES : Discipline, rigueur et esprit compétitif sont les maîtres mots de la mutation mise en œuvre par le gouvernement travailliste.

Près de trente mineurs sont morts dans les prisons britanniques
ces vingt dernières années.
Des techniques autorisées, mais inhumaines, dégradantes…
Le scandale rebondit aujourd’hui avec la révélation, par le Children’s Rights Alliance for England (CRAE, qui s’est donné pour mission de faire appliquer, au Royaume-Uni, la convention internationale des droits de l’enfant), de l’existence d’un manuel des techniques de contention validées par le ministère de la Justice. Après en avoir interdit la transmission à la commission parlementaire britannique des droits de l’homme, le ministère avait encore tenté, en vain, le mois dernier d’en interdire la révélation.

Le rapport que le CRAE en a tiré est accablant, et détaille point par point les différentes violences physiques autorisées, et validées, par le ministère, à destination des surveillants de ces centres de détention sécurisée, prisons (privées) pour mineurs de 12 à 17 ans. 

Royaume-Uni : Et si c'était le véritable «homme malade» de l'Europe ? Finances publiques, secteur bancaire, industrie, monnaie en berne... La campagne pour les élections législatives jette une lumière crue sur un système au bout du rouleau ...
...glorification de la réussite personnelle et remplacement systématique du welfare (programmes sociaux) par le workfare (réintégration par le travail). Tout en vouant aux gémonies le thatchérisme, le New Labour a mis ses pas dans la voie tracée par la Dame de Fer : l'argent-roi, sans toujours création de valeur pour l'économie réelle. 
La loi du plus friqué, volet social en plus. «Nous n'avons jamais si bien vécu», titrait «The Economist», tirant le bilan de dix années de blairisme...


... Financé par les Etats-Unis, le gouvernement de transition envoie au front des gamins qui n’ont parfois même pas 10 ans. 
Washington et Mogadiscio n’ont jamais ratifié la Convention relative aux droits de l’enfant.
Somalia's Child Soldiers
Children, some as young as 9, are being recruited to become soldiers by Somalia's government, which is partially funded by the U.S. taxpayer
.... Awil n’est pas un rebelle. Il travaille pour le gouvernement fédéral de transition somalien, pièce maîtresse de la stratégie américaine antiterroriste dans la Corne de l’Afrique. Selon les associations de défense des droits de l’homme en Somalie et des représentants des Nations unies, le gouvernement somalien – dont la survie dépend de l’aide de la communauté internationale – envoie des centaines d’enfants sur le front, dont certains n’ont pas plus de 9 ans...
... On trouve des enfants soldats partout dans le monde, mais, selon les Nations unies, le gouvernement somalien fait partie des pays qui s’obstinent à violer la convention relative aux droits de l’enfant...

U.S.A. : Parmi les nombreux changements qui concernent les programmes éducatifs du primaire et du secondaire, les élèves du Texas vont notamment être encouragés à remettre en question la validité légale de la «séparation de l'Eglise et de l'Etat» sous prétexte que ces mots n'apparaissent pas dans la constitution américaine.
Les nouveaux programmes évoqueront également de manière beaucoup plus approfondie la tradition chrétienne des pères fondateurs, et mettront l'accent sur les succès des dirigeants républicains et du libre marché.

...aux Etats-Unis, il existe une hiérarchie inavouée de l'adoption:
En première position, ce sont des enfants blancs, américains ou venant des ex-pays soviétiques et des pays de l'Est. Quand les législations nationales rendaient l'adoption plus difficile, la Chine et les autres régions d'Asie étaient le deuxième choix. Puis vient l'Amérique latine et enfin l'Afrique et Haïti (sans prendre en compte l'effet multiplicateur du séisme). Les petits noirs américains arrivent en dernière position...

Monsanto "au secours" d’Haïti... La transnationale vient de promettre un don de 475 tonnes de semences, avec leur arsenal de pesticides et d’engrais. Un premier arrivage a déjà été distribué dans des centres pilotes et vendus « à prix réduit » aux paysans. On ne présente plus Monsanto, qui fabriquait l’agent orange utilisé pendant la guerre du Vietnam ainsi que des produits à base de dioxine avant de se convertir aux biotechnologies agricoles. Bien représentée au sein de l’administration américaine, l’entreprise se trouve mise en cause dans plusieurs affaires liées à la contamination de l’environnement par des produits polluants, dont ses herbicides. Elle est par ailleurs dénoncée pour avoir contribué à ruiner des dizaines de milliers de paysans dans les pays les plus pauvres, comme l’Inde, où le surendettement des semeurs de coton a entraîné des vagues massives de suicide...

... "Pourquoi les produits biologiques sont-ils bons en Californie et pas en Haïti ?"

... Les USA auront donc, si tout va bien, près de 1200 milliards de dollars à trouver cette année pour sauver les banques du trou noir immobilier !
Plus inquiétant encore, les procédures de saisies immobilières ont augmenté de 8,5 % au premier trimestre 2010
(malgré la renégociation, la modification de la plupart des prêts) avec 1 170 874 procédures.
Il y a donc 12 866 procédures de saisies immobilières par jour aux USA, des milliers de familles jetées à la rue.
Le nombre de SDF n’est pas prêt de diminuer (lire sur ce point précis : ici )
Il n’y a donc pas eu de miracle Obama !
Il faut rappeler que les Etats-Unis ont une dette totale (publique et privée) de 52 859 milliards de dollars soit 375 % du PIB US et plus que le PIB mondial
qui va encore s’aggraver et devrait atteindre les 400 % en fin d’année.
Heureusement que les agences de notations sont américaines car les problèmes grecs ne sont rien en comparaison...

Joseph E. Stiglitz, chercheur associé à l'OFCE, Prix Nobel d'économie : Le taux de chômage des jeunes en Grèce s'approche de 30 %. En Espagne, il dépasse 44 %. Imaginez les émeutes s'il monte à 50 % ou 60 %.
Il y a un moment où Athènes, Madrid ou Lisbonne se posera sérieusement la question de savoir s'il a intérêt à poursuivre le plan
que lui ont imposé le Fonds monétaire international (FMI) et Bruxelles.

... La nécrophilie idéologique n'est pas un mal exclusivement de gauche.
Elle prolifère également chez les inconditionnels défenseurs de l'économie de marché.
Le cataclysme économique que nous vivons actuellement ne suffit pas pour les convaincre de remettre en cause leur conviction selon laquelle l'offre et la demande (les marchés) s'équilibrent naturellement - ce qui rend, à leurs yeux, inutile ou contreproductif l'intervention de l'Etat.
De même, ils sont persuadés que les banques s'autorégulent et n'ont pas besoin du contrôle de l'Etat.
Enfin, d'aucuns affirment que le marché crée tout seul les incitations nécessaires pour protéger l'environnement.

Un éden tropical qui pourrait offrir jusqu’à 850 millions de barils par an, soit 20 % des réserves en hydrocarbures du pays.
Mais, aussi, 100 000 hectares classés par l’UNESCO comme la plus grande réserve mondiale de la biosphère,
car ils abritent 2 274 espèces d’arbres, 567 d’oiseaux, 80 de chauves-souris, 10 de primates, 105 d’amphibiens et plus de 100 000 espèces d’insectes à l’hectare !
C’est aussi le refuge de deux peuples indigènes, qui vivent en isolement volontaire – les Tagaeri et les Taromenane –, et de plusieurs milliers d’Indiens Huaorani.
Mais la conservation du parc Yasuni n’est pas gratuite : l’Equateur demande à la communauté internationale une contrepartie financière équivalente à la moitié de ce que l’exploitation pétrolière lui aurait rapporté. Une enveloppe estimée à près de 6 milliards d’euros, selon les experts.

... Selon un sondage réalisé en février par l’institut «Perfiles de opinión», seul 23% de la population est favorable à l’exploitation du pétrole.
«Ce serait un tollé politique si Correa donnait le feu vert aux compagnies pétrolières.

Certes, il pourrait toujours s’en sortir en rejetant la faute sur les pays occidentaux qui ont refusé de sauver le parc Yasuni»...
La faiblesse de la construction depuis vingt-cinq ans a fini par constituer un déficit de 900 000 logements,
créant ainsi de fortes tensions sur le marché et laissant sur le bord de la route les plus fragiles socialement et économiquement...
...Toute personne sensée comprendra qu’il y a un réel problème après avoir constaté que les prix des logements ont doublé en moins de dix ans et que les loyers ont augmenté de 30 % à 50 % pendant la même période ! A l’évidence, les ressources des ménages n’ont pas suivi un tel rythme et les aides personnelles au logement, censées atténuer la facture, ont fini, au fil des mesures d’économie pratiquées, par décrocher...
Au final, les ménages dépensent trop pour se loger : 25 % de leur budget en moyenne, contre 13 % pour l’alimentation
(ces proportions s’étant inversées en moins de trois décennies), mais pour beaucoup ce taux atteint 50 %

... rapport annuel de la fondation Abbé-Pierre  : il manque un million de logements en France, mais la crise touche maintenant les classes moyennes : entre 1998 et 2009, près de 5 millions de personnes ont dû se trouver un nouveau toit,
chassées par des hausses de loyers insoutenables ou des congés pour ventes...
... Les Français sont regroupés par niveau de revenus.
La création de ghettos, et discrimination sociale par le logement s’accélèrent. 
Derrière apparait la question de l'école, et de la lutte pour l'accès à un enseignement de qualité, le plus souvent niché dans l'hyper centre des agglomérations, comme l’ont montré les travaux du géographe Christophe Guilly, dans son Atlas des nouvelles fractures sociales. 
Et c'est tant pis pour les classes moyennes reléguées dans les zones périurbaines...

... Au 4e étage, nous visitons le logement d'un "marchand de sommeil".
Nous y rencontrons trois familles dans un trois-pièces dans un état effarant. L'un des enfants est hospitalisé avec sa maman.
Les familles, africaines, avec enfants en bas âge, paient 420 € de loyer par mois pour une chambre de 10-15 m2.
La famille qui occupe le salon paie 700 € par mois. Le business du sommeil est rentable.
Le père, en situation régulière, travaille en France depuis onze ans.
Il me montre les quelques feuilles volantes, écrites à la main, qui lui servent de reçus pour le paiement de ses loyers.
Aucune de ces familles n'a de bail. Elles partagent la cuisine, une salle de bains. Plusieurs fenêtres sont brisées, les murs sont noirs d'humidité...
... Qu'attendons-nous ? De nouvelles émeutes ? Que la "Cocotte-Minute" explose ? ...

... On assiste presque partout au même phénomène : à Berlin, Hambourg ou Cologne aussi bien qu’à Amsterdam, Copenhague, Barcelone, Londres, Varsovie ou Prague, dès que des artistes élisent domicile quelque part, ils sont immédiatement suivis par une cohorte de cafés et restaurants branchés. 
Arrivent ensuite des jeunes – barbe de cinq jours pour les hommes et look nostalgico-vintage pour les femmes néo-post quelque chose -  qui s’affairent sur leurs ordinateurs portables et se lancent dans de nouveaux "projets". Le quartier occupé gagne subitement en attractivité, des boutiques indépendantes s’y installent, suivies de galeries et de cabinets d’architectes.
Très vite, les loyers s’envolent...

C'est le prix du mètre carré qui fait la différence...
En Ile-de-France, le marquage social des quartiers souligne l'inégalité devant l'école.
La carte scolaire et l'apartheid

.


Selon le dernier rapport du Bureau international du travail (BIT), 215 millions d'enfants étaient économiquement actifs en 2008.

Dans certains pays comme le Mali, "plus de la moitié des enfants travaillent" (Programme international pour l'abolition du travail des enfants),
L'agriculture demeure le secteur qui emploie le plus d'enfants (60 %), ainsi que celui des services (25,6 %) puis plus faiblement l'industrie (7 %).
Mais la grande majorité ne rémunère pas ces employés, 80 % des enfants travaillant dans le monde n'étant pas payés selon le BIT.
"on n’ éliminera pas le travail des enfants sans l’ éducation universelle
et, inversement, on ne garantira pas que chaque enfant soit scolarisé sans mettre fin au travail des enfants,
et à ses pires formes en particulier."

...le populisme radical - anti-musulman en Europe Occidentale, antisémite en Europe orientale, et partout xénophobe et anti-immigrationniste -
n’est plus confiné aux extrêmes. Lors des élections générales britanniques, les grands partis font tous des concessions à la xénophobie ambiante
en employant vis-à-vis des immigrants un langage qu’ils estimeraient intolérable s’il était utilisé envers des citoyens britanniques vivant et travaillant à l’étranger.
Les comparaisons avec l’Europe d’avant-guerre ne doivent pas pour autant être exagérées. Le fascisme est mort, et ne reviendra pas.
Mais une pensée politique fondée sur l’intolérance est à l’œuvre en Europe, et personne ne sait comment l’affronter.

- Apr 16, 2010
Comparisons with prewar Europe should not be overdrawn.
Fascism is dead and not coming back.
But a new politics of intolerance is afoot in Europe, and no one knows how to deal with it.
(MacShane was Britain's Europe minister.)


Quand on parle de victoire des Libéraux, il faut donc comprendre qu'ils sont le plus grand parti (ils dépassent les Travaillistes d'un seul siège),
mais que former une coalition va demander au moins deux autres partis supplémentaires, et autant de compromis vis-à-vis de leur programme électoral.
On est très loin d'un système à la française où un parti qui rassemble 22% des voix peut obtenir une majorité écrasante à tous les niveaux
et faire ce qui lui plaît des années durant...
... Bref, plutôt que de nous parler de «la fin de la tolérance hollandaise» ou de «l'explosion de l'extrême droite»,
on aurait aimé lire des choses un peu plus fouillées sur la politique néerlandaise, histoire aussi de pouvoir comparer avec ce qui se passe en France.

... Il n'est "toujours pas revenu" de ce qu'il a été amené à faire sur le plateau de "La zone Xtrême".
"J'ai agi comme un automate, ce n'était pas moi. Dès que je suis entré dans le bureau du producteur, avant même de passer sur le plateau, j'ai été pris dans un engrenage, j'ai perdu ma capacité de raisonnement et de réflexion. Je suis pourtant quelqu'un de réfléchi dans la vie !"
Cette déconnexion d'avec la réalité, il la met sur le compte du "stress" provoqué par "le système dans lequel on se retrouve propulsé : il y a le public, les caméras, l'animatrice, la pression qu'on sent monter. Face à cela, on se sent très seul. Ma volonté était d'en finir au plus vite, d'aller jusqu'au bout puisque je m'y étais engagé". Jusqu'à délivrer des décharges de 460 volts ? "C'est vrai qu'à un moment j'ai cru qu'il était mort. Mais c'est resté très abstrait." ...
 
 

violences "scolaires"
« états généraux 
(mais sans le "tiers-état" !)
de la sécurité à l'école »

... Coincé entre Gabriel Cohn-Bendit, toujours sympathique mais trop cabotin professionnel des débats, Sonia Imloul une militante des quartiers qui m'a paru très ambiguë dans son désir de dépister les enfants violents dès le plus jeune âge et Claire Mazeron, vice-présidente du Snalc, un syndicat conservateur dont certaines idées (je dis bien "certaines" et pas plus) sont loin d'être stupides mais qui, au lieu d'en rester aux questions de fond, se précipite dans la croisade politique, j'avais du mal à me positionner...
... Ils adorent Finkielkraut. Ils en aimeraient même Polanski par amour pour Finkielkraut. Ils en prescriraient presque Lolita comme livre au programme par amour pour Finkielkraut. Ils se taperaient qui sait des lolitas par amour pour Finkielkraut. Il faut dire que dans le genre réac sur l'école le dit Finkielkraut a fait fort et, du coup, gagnant-gagnant comme dirait madame Royal, la défense de l'Ecole justifie bien le sacrifice de quelques lolitas. Ah, Dieu, que la connerie est jolie!


"/.../ Voici dèjà trente ans le rapport de l’Inspecteur Général à la vie scolaire Tallon notait déjà que dans un échantillon de collèges de zones difficiles 58,5 % de ces collèges connaissent le phénomène du racket, jugés graves deux fois sur trois ou encore que le vol y était parfaitement banalisé.

Entretemps plus d’une douzaine de rapports et plans se sont succédés pour traiter dans l’urgence de cette question, en période de forte augmentation des personnels et des moyens ou en période de stagnation ou de RGPP, sans effets visibles sur la situation subie par enseignants, autres personnels, élèves ou parents. Les moyens consacrés par la Politique de Ville à l’Éducation nationale dans les quartiers sensibles ne semblent pas non plus avoir donné les résultats escomptés /.../".

31 propositions, la plus spectaculaire étant de limiter le recours aux exclusions d'élèves des établissements :
 "Le groupe de travail suggère de travailler sur une application positive de la sanction.
Il recommande de rendre à l’exclusion son caractère exceptionnel et de prohiber l’exclusion de classe hors cas où la présence de l’élève peut s’avérer dangereuse. Il invite à privilégier la sanction éducative et réparatrice car la réparation permet de réintégrer la communauté éducative. Il recommande de renforcer la place des travaux d’intérêt général, biens perçus par les élèves et les familles, dans l’échelle des sanctions. Il propose enfin que toute sanction fasse obligatoirement l’objet d’une motivation écrite et d’une explication orale entre l’élève et le conseiller principal d’éducation : la sanction doit être expliquée pour être comprise et débarrasser de son aspect personnel : l’élève doit être puni pour un acte et non pour lui-même". 
[rapport de la mission sur les violences en milieu scolaire, les sanctions et la place de la famille.] (pdf)


Extrait des conclusions des "états-généraux de la sécurité à l'école" :
... Des actions spécifiques "ciblées" vont également être menées dans les 10 % d'établissements "concentrant le plus de difficultés". Baptisé "Clair" pour"Collèges et lycées pour l'ambition, l'innovation et la réussite", ce programme sera expérimenté à la rentrée 2010 dans "une centaine d'établissements" en vue d'une généralisation en 2011. Les chefs d'établissement, a indiqué M.Chatel, pourront y "choisir leurs équipes" et celles-ci auront "toute latitude pour mettre en œuvre leur projet pédagogique"...

Il y avait déjà l'art. 34 de la L.O. 2005 ...


... Le collège est aujourd'hui inadapté à son public, sans objectif clairement partagé et les personnels comme les élèves en paient le prix.
La mise en oeuvre du socle commun de connaissances et de compétences tarde à venir et dans les conditions actuelles,  le nouveau DNB pourrait bien signer la fin du socle commun avant même qu'il ne soit entré dans les faits ...
... Quel est l'intérêt, d'un tel brevet des collèges aujourd'hui? Quelle lisibilité peut-il avoir? Quelle est son efficacité dans les apprentissages?
Il faut en finir avec l'accumulation des évaluations  pour les élèves et  l'accumulation des tâches pour les enseignants ...


... Le ministère s’est engagé hier à « stabiliser » ces réseaux d’enseignants spécialisés dans la difficulté scolaire. Mais l’avenir de ce dispositif très apprécié des parents et enseignants reste fragile.
«Une petite ouverture» Réunis hier au ministère de l’Éducation nationale, les syndicats sont ressortis avec quelques assurances quant à l’avenir des Rased. Ils n’ont pas obtenu le retour des postes perdus. Mais, l’engagement d’une «stabilisation» du dispositif. «On en prend acte, commente Emmanuel Guichardaz, secrétaire national du Snuipp-FSU. Mais on attend désormais du ministère qu’il traduise ses engagements en actes car des menaces planent toujours sur les Rased.» ...

Contre l'absentéisme scolaire : un nouveau fichier, dénommé « suivi de l’orientation ». L’objectif de cette base de données est de lutter contre le décrochage scolaire, en recueillant des informations sur les collégiens et les lycéens qui quittent l’école sans diplôme.
« Le but est de prendre en charge les décrocheurs potentiels le plus tôt possible, et d’offrir des possibilités d’insertion professionnelle pour ceux qui ont déjà décroché »
Les décrocheurs seraient au nombre de 100.000, selon les estimations de Jean-Michel Blanquer, directeur général de l’enseignement scolaire.
Pour lui, ce nouveau fichier est « un outil de plus pour lutter contre le décrochage, qui est, avec l'absentéisme, un fléau majeur de notre société ».

... "Désormais, la décision de suspendre les allocations familiales en cas d'absentéisme scolaire injustifié et répétitif d'un élève devra avoir un caractère systématique" ...
... le gouvernement proposera aux 53 chefs d'établissements scolaires "particulièrement sensibles" d'installer "un bureau destiné au policier ou gendarme référent" ...
Relevant pour l'instant du président du conseil général, cette décision n'a tout simplement jamais été appliquée, selon Les Echos.
Nicolas Sarkozy souhaiterait désormais qu'elle soit confiée aux préfets.


En 2007-2008, 280 000 élèves de collège et de lycée métropolitains ont été absents plus de quatre demi-journées "non régularisées" par mois.
Une absence est "régularisée" dès lors qu'elle a été expliquée et excusée par les parents.
Le phénomène touche moins de 3 % des élèves dans la moitié des établissements, mais atteint 30 % dans un établissement sur dix.
Ce dernier taux n'avait pas dépassé 17 % depuis 2003. En janvier 2008, l'absentéisme touchait 15 % des élèves en lycée professionnel, 6 % dans les lycées d'enseignement général et technologique et 3 % dans les collèges (soit tout de même 72 000 élèves).

suppression des "allocs" :
Le bulletin de vote ne différencie pas autant l’opinion des Français que l’on ne pourrait le croire :
parmi les Français proches de la gauche, 54 % sont favorables (49 % pour les électeurs du PC, 57 % chez les proches du PS et 52 % chez les écologistes).
Côté UMP, c’est à 84 % que l’on approuve (82 % chez ceux qui se disent proches du FN).
détails : sondage CSA (pdf)

La première réunion parents-profs le lui confirme comme une gifle :
« Votre fils vient un peu en touriste, madame ! »
« Je ne sais plus quoi faire, je suis perdue. Mon garçon, je ne peux plus lui parler.
Il claque la porte, devient violent, comme son père.
Il hurle que l’école ne sert à rien, ne mène à rien. Et quel exemple je suis pour lui, 
qui me jette à la figure et toi tu as fait des études ? Regarde-toi aujourd’hui ! »
Sarah bricole ses solutions. Elle verrouille la boîte aux lettres 
pour qu’il n’en détourne pas les courriers, et emporte la clef partout avec elle.
Dès qu’elle peut, elle emmène son fils au collège : « Je vois qu’il passe la grille, mais après ? »
Après, elle a su par des voisines qu’il traînait parfois dans des cages d’escalier de la cité.

... la lutte contre l'absentéisme scolaire est en général conçue comme un instrument de politique éducative.
Or, le titre du discours contenant cette proposition ne laisse aucun doute : "Discours sur le thème de la sécurité à l'occasion de la prise de fonctions du nouveau préfet". 
L'objectif est de l'ordre de la sécurité publique.
Le raisonnement du président de la République est le suivant. Des actes de délinquance sont commis par des enfants. Si ceux-ci étaient à l'école, ils ne seraient pas dans la rue. Donc une baisse de l'absentéisme scolaire entraînera un recul de l'insécurité urbaine. Enfin, la suspension du versement des allocations familiales est une menace suffisante pour obtenir des parents qu'ils contraignent leurs enfants à aller à l'école.
Les choses ne sont toutefois pas si simples. Ainsi, en Grande-Bretagne, entre 2002 et 2007, malgré la suspension des allocations, le taux d'absentéisme est passé de 0,7 % à 1 %. Rien ne dit non plus qu'accroître la participation scolaire réduira instantanément l'insécurité...

"Cagnotte" contre l'absentéisme :
"...Le résumé le plus simple est le suivant : moins d’un enseignant sur trois souhaiterait,
si ce dispositif devait être expérimenté l’année prochaine, qu’une de ses classes y participe.
88% pensent que le dispositif ne s’attaque pas aux racines du problème,
et 60% qu’il remet en cause les valeurs fondamentales de l’école..."
[Rapport d'évaluation - avril 2010 - pdf ]
Pour l’année scolaire 2007-2008
, tous mois et types d’établissement confondus, 
7% des élèves sont absents quatre demi-journées ou plus par mois,
sans qu’il y ait « régularisation » de cette absence. 
Après quatre années de stabilité, cette proportion a légèrement augmenté.
[ Note d'information de la D.E.P.P. - E.N. - avril 2010 (pdf) ]

Quinze jours après des états généraux de la sécurité à l’école,
où des chercheurs du monde entier soulignaient l’importance de la coopération école-familles, contre l’échec scolaire et la montée des violences,
le président choisit le tout répressif

vacances scolaires...
Selon les statistiques de l'OCDE, l'année scolaire se déroule sur 144 jours en France,
contre 188 en Allemagne et en Finlande, ou 190 en Angleterre...

Nombre d'heures de cours obligatoire :
(Moyenne OCDE - France - Finlande)
7 - 8 ans : 769 / 913 / 608
9 - 11 ans : 810 / 890 / 640
12 - 14 ans : 892/ 966 / 777
15 ans : 921 / 1036 / 856

... En glissant dans la circulaire de rentrée 2010 une phrase encourageant les écoles à organiser la semaine sur neuf demi-journées
et non plus sur quatre jours,

"... Avec le concours des corps d'inspection, les inspecteurs d'académie, directeurs des services départementaux de l'Éducation nationale,
soutiendront et accompagneront les projets d'école qui prendront explicitement en compte l'aménagement du temps scolaire pour en améliorer l'efficience,
dans le respect des rythmes de l'enfant : semaine de neuf demi-journées, horaires décalés, articulation avec l'accompagnement éducatif, etc./.../
Les recteurs et les inspecteurs d'académie seront attentifs à la gestion des rythmes scolaires, en relation avec les collectivités locales, les parents d'élèves et les enseignants.
En visant avant tout l'intérêt de l'enfant, ils étudieront les formules les plus adaptées aux besoins de l'élève.
L'organisation de la semaine en neuf demi-journées (du lundi au vendredi en incluant le mercredi matin) est encouragée chaque fois qu'elle rencontre l'adhésion..."


...puis en annonçant l'ouverture d'états généraux sur les rythmes scolaires, Luc Chatel, ministre de l'Education nationale,
a implicitement ressuscité un spectre, celui de la question des vacances françaises, particulièrement longues ...
... La loi de 1938 qui instaurait des vacances d'été de deux mois et demi pour que les enfants aident aux moissons et aux vendanges,
régit toujours la (trop?) longue pause estivale. Officiellement, parents et professeurs se disent prêts à la reconsidérer.
"Il faudrait ouvrir les écoles jusqu'à la mi-juillet, créer de nouveaux congés en mai
pour éviter une trop longue période entre les vacances de Pâques et celles d'été, et même reconsidérer le découpage de la France en trois zones" ...
 Luc Chatel a assuré qu'il allait "installer" d'ici fin juin la conférence nationale sur les rythmes scolaires
pour parler notamment des rythmes quotidiens, hebdomadaires, annuels et des vacances.
M. Chatel compte y réunir enseignants, parents, chefs d'établissements et consulter "des scientifiques, des médecins, des spécialistes de ces sujets".
 ... Dans le cadre de ce «véritable débat de société», souligne-t-on au ministère, enseignants, parents, chefs d'établissement
mais aussi collectivités et associations éducatives de l'enseignement public seront invités.
Aucune question épineuse ne sera passée sous silence, a promis le ministre.
Le raccourcissement des vacances d'été n'est pas exclu.
La semaine de quatre jours et le nombre d'heures des élèves français, supérieur à celui de ses voisins européens, seront aussi passés au crible...

... Qu’ils soient ou non des parents d’enfants scolarisés, 60 % des Français se déclarent en faveur de la réduction de la durée des vacances scolaires d’été.
« Attention, précise toutefois Jean-François Doridot, le directeur d’Ipsos Public Affairs, ce n’est pas tout à fait aussi simple !
Ce consensus existe, mais “dans le but d’alléger les journées de cours des élèves. Il concerne donc davantage les rythmes scolaires que les vacances proprement dites. » « De surcroît, souligne le spécialiste, il s’agit d’un consensus un peu mou.
A la fois conditionnel et fragile. Car raccourcir les congés d’été devient très vite suspect, tant auprès des enseignants qui peuvent y voir une justification des suppressions de postes qu’à l’égard des parents, souvent soucieux des incidences sur le niveau scolaire et le nombre de cours. »
... S’agissant de la mise en place de zones pour les vacances d’été, comme c’est déjà le cas pour les congés d’hiver et de printemps, elle est, selon le sondage, approuvée par plus d’un Français sur deux. « Mais, là encore, il convient d’avoir conscience que, si des mesures précises étaient évoquées, l’opinion serait peut-être fort différente. Comme ce fut le cas avec la taxe carbone, plébiscitée sur le principe et désapprouvée aussitôt les modalités de son application connues ! »

... Le «modèle» allemand et ses 6500 heures de cours par an (contre 1000 de plus en France) est en pleine remise en question depuis qu'en 2000 une étude de l'OCDE a mis le feu aux poudres. L'enquête Pisa (Programme international pour le suivi des acquis des élèves), qui compare et évalue tous les trois ans les compétences des élèves de 15 ans en maths, compréhension de l'écrit et sciences, plaçait l'Allemagne en 20e ou 21e position, selon l'indicateur, sur 32 pays
(quand la France se situait entre 10e et 13e).
Non seulement Pisa a révélé les graves lacunes des jeunes Allemands en termes de connaissances,
mais elle montrait que le système scolaire allemand était plus discriminant que la moyenne...
... «Le soi-disant modèle allemand n’existe plus vraiment tel quel. Ce modèle évolue dans une autre direction», plutôt proche de celle prédominant en France...

"Améliorer les conditions de vie et d’apprentissage des élèves" : objectif du Comité de pilotage de la conférence sur les rythmes scolaires.
Le comité de pilotage dispose d'un an pour réfléchir, consulter et débattre au sujet des rythmes scolaires.réactions".

- FCPE : "La discussion qui s'engage (...) pourrait bien être historique". La FCPE souhaite qu'elle se fasse "en fonction des intérêts des enfants et non de ceux des adultes". Dans la mesure où les décisions du ministre de l'Education Luc Chatel ne seront prises que dans un an, elle demande d'agir "dès maintenant sur l'organisation de la semaine scolaire en primaire" en rejetant la semaine de 4 jours.

- PEEP : "Un comité de pilotage sans représentants de parents d'élèves est une décision lourde de sens", regrette la fédération. Cette exclusion est "ressentie par les parents que nous représentons comme une volonté de refaire l'Ecole sans les parents". "Le choix extrêmement divers des membres de ce comité, et donc les intérêts parfois divergents qu'ils défendent, laisse craindre que le seul intérêt des enfants et de leurs parents (...) soit sacrifié sur l'autel du consensus économique".

- SNUipp-FSU : "Pourquoi ne pas revenir, après une discussion avec les acteurs économiques, à un calendrier en deux zones qui permettrait un deuxième trimestre équilibré? Le calendrier de tous les élèves doit-il rester tributaire d'intérêts économiques liés aux seuls 9 % des familles qui partent en vacances d'hiver?"

- Sgen-CFDT : émet "une réserve" sur la composition du comité de pilotage, selon lui, plutôt "marqué à droite politiquement" et "ne comprend pas d'organisation représentative des salariés". Le Sgen-CFDT se félicite en revanche du temps imparti pour ses travaux. "On va certainement toucher à l'organisation du travail des collègues. Il faudra des contreparties".

- SE-Unsa : La "pluralité" du débat "n'est pas suffisamment marquée dans la composition du comité. L'absence de représentants des parents d'élèves et des enseignants est particulièrement inquiétante". La "complexité" de la question "nécessite de prendre le temps de la concertation et de l'écoute de tous les arguments (...). Or, la récente décision unilatérale de Luc Chatel d'organiser, dans une centaine d'établissements, une journée scolaire articulée autour du sport entame la crédibilité du processus".
"Toute instrumentalisation de ce sujet de société à des fins d'économies budgétaires sonnerait le glas d'une évolution pourtant indispensable".

- Fidl : "La journée en elle-même doit être repensée", avec des cours magistraux le matin, l'après-midi se consacrant principalement aux travaux personnels, options, musique, sport, etc. La Fidl demande à ce que les lycéens soient consultés.

- AMGVF (Association des Maires de Grandes Villes de France) :  déplore de ne pas avoir été associée au comité de pilotage et souligne que toute modification du temps scolaire a des répercussions sur les dispositifs d'accueil mis en place par les communes. Elle rappelle que les grandes villes "concentrent la majorité des enfants scolarisés et mettent en place de nombreux dispositifs d'accueil des élèves au-delà du temps scolaire". Plusieurs grandes villes, comme Grenoble, Angers, Brest, Lyon et Mulhouse, ont organisé des concertations locales.
 

Ministère de l’Éducation nationaleSuite à la lettre d’objectifs du 25 mars 2009 visant à « une meilleure connaissance de la réalité de l’instruction à domicile » et à une « amélioration des outils du contrôle concernant l’instruction à domicile », le ministère de l’Éducation nationale a lancé, le 23 janvier 2009, une vaste enquête auprès des recteurs d’académies visant à dresser un état des lieux de la situation de l’instruction à domicile. Les premiers résultats de cette enquête apportent des informations quantitatives essentielles sur le nombre d’enfants scolarisés à domicile.
• En outre, depuis le décret du 5 mars 2009 relatif au contrôle du contenu des connaissances requis des enfants instruits dans la famille ou dans les établissements privés hors contrat, chaque enfant, qu’il soit scolarisé ou instruit à domicile, doit acquérir le socle commun de connaissances et de compétences tel qu’il est défini par l’article L 122-1-1 du Code de l’éducation...
 "Instruction A Domicile" "En Famille"... : 
pages 249 et suivantes du Rapport Miviludes "2009", paru le 07 04 10  (pdf)]

le modèle américain

Selon le Center on Budget Policy and Priorities, un organisme d'études de Washington,
quarante-cinq Etats ont réduit les services sociaux depuis le début de la récession.
Aucune amélioration n'est prévue pour 2011, à voir les budgets que viennent de présenter les gouverneurs.
Des coupes sont prévues dans les services médicaux aux prisonniers, enfants défavorisés, et malades mentaux, dans les subventions aux crèches, au transport scolaire... "Nous allons devoir prendre du recul et trouver de nouveaux modèles économiques pour les services que nous apportons",
a résumé Raymond Scheppach, le directeur de l'Association nationale des gouverneurs.
Le secteur qui souffre le plus est l'éducation.
Le ministre de l'éducation estime que de 100 000 à 300 000 professeurs sont menacés de licenciement à la rentrée, si rien n'est fait.

il reste maintenant à voir si les sénateurs sauront en tirer les leçons :
adopter enfin une réforme sérieuse de la régulation financière (la procédure a encore été bloquée au Sénat ce même mardi).
Comme le souligne Bethany McLean dans le New York Times, les sénateurs si vaillants à dénoncer Goldman
sont peut-être pires encore que les dirigeants de Goldman Sachs car il ne font pas le nécessaire pour mettre fin à cette spéculation de folie.
Mais peut-être les Européens pourraient-ils aussi tirer quelques leçons de cette enquête et de ces auditions américaines :
avez-vous beaucoup entendu parler de l’enquête européenne en cours et de l’audition au Parlement européen
sur les manigances de Goldman Sachs avec la dette grecque ?

- April 26, 2010  More important, it was Congress that sat by idly as consumer advocates warned that people were getting loans they’d never be able to pay back.
It was Congress that refused to regulate derivatives, despite ample evidence dating back to 1994 of the dangers they posed.
It was Congress that repealed the Glass-Steagall Act, which separated investment and commercial banking, yet failed to update the fraying regulatory system.
It was Congress that spread the politically convenient gospel of home ownership,
despite data and testimony showing that much of what was going on had little to do with putting people in homes.


...Dans le même temps, saisines et expulsions se poursuivent.
«Plus de deux millions de propriétaires ont reçu un avis d'expulsion en 2008, en 2009, c'était près de 2,8 millions,
et des millions d'autres sont prévus en 2010»,
explique un récent rapport d'un inspecteur indépendant du département du Trésor.
«Bon nombre de personnes en Amérique vivent sur la paie du dernier mois. Un mauvais coup peut les pousser vers la misère et la rue» ...

... Au 4e étage, nous visitons le logement d'un "marchand de sommeil".
Nous y rencontrons trois familles dans un trois-pièces dans un état effarant. L'un des enfants est hospitalisé avec sa maman.
Les familles, africaines, avec enfants en bas âge, paient 420 € de loyer par mois pour une chambre de 10-15 m2.
La famille qui occupe le salon paie 700 € par mois. Le business du sommeil est rentable.
Le père, en situation régulière, travaille en France depuis onze ans.
Il me montre les quelques feuilles volantes, écrites à la main, qui lui servent de reçus pour le paiement de ses loyers.
Aucune de ces familles n'a de bail. Elles partagent la cuisine, une salle de bains. Plusieurs fenêtres sont brisées, les murs sont noirs d'humidité...
... Qu'attendons-nous ? De nouvelles émeutes ? Que la "Cocotte-Minute" explose ? ...

réchauffement de la planète
Un rapport (en anglais) (résumé en français) de l'organisation écologiste Greenpeace accuse un conglomérat pétrolier américain
de soutenir financièrement des campagnes d'information niant le changement climatique.
Koch Industries (papier Lotus, entre autres...) a dépensé 24,9 millions de dollars (18,4 millions d'euros)
ExxonMobil (marée noire en Alaska, et Esso, Mobil, entre autres ...) 8,9 millions de dollars (6,6 millions d'euros)
entre 2005 et 2008 pour financer des organisations climato-sceptiques.
Selon Greenpeace, le conglomérat a financé "au moins vingt organismes (...) qui se sont fait le porte-parole du climate gate"

Pour ce qui est des rassemblements du mouvement Tea Party,
et plus particulièrement de ce qui s’est passé lors des réunions publiques de l’été 2009,
l’un des principaux géants financiers qui en ont été à l’origine est Koch Industries.
Lorsque Fred Koch a fondé son entreprise en 1940, celle-ci était spécialisée dans le pétrole.
Puis elle s’est diversifiée dans le gaz naturel, les produits pharmaceutiques, les engrais et autres secteurs.
Fred Koch est décédé en 1967. Ses deux fils, David et Charles, sont aujourd’hui à la tête du groupe et ont créé des fondations
qui versent des millions de dollars à des causes et des groupes conservateurs.
David Koch est notamment le cofondateur de l’organisation [Citizens for a Sound Economy [Citoyens pour une économie saine],
rebaptisée en 2003 Americans for Prosperity (AFP) [Américains pour la prospérité], qui milite pour la restriction des pouvoirs de l’Etat.
Début 2009, AFP a créé un site Internet sur lequel étaient diffusés des spots terrifiants contre la réforme du système de santé.

Koch Industries soutient financièrement la branche droitière du parti républicain

(pour l'enseignement du créationnisme à l'école, l'interdiction de l'avortement, baisse des impôts sur les classes aisées, suppression des aides d'Etat, etc...)

L'ENCERCLEMENT
Un parti pris formel : filmage sobre en super-16 millimètres noir et blanc, absence de voix off,
privilège donné à la parole plutôt qu'à la harangue ou à l'agit-prop.
Mais aussi une disposition d'esprit, qui accorde à la réflexion et au temps qu'il faut pour la déployer (2 heures 40 minutes bien pesées) tous ses droits.
Cela confère à ce film une ambition vulgarisatrice qui parie sur l'intelligence et la curiosité du spectateur, au risque de l'austérité du dispositif.



Sortie en salles : le 31 Mars 2010
Je suis conscient que l'austérité et la radicalité formelle de mon film peuvent rebuter beaucoup de gens, mais je suis parti de deux principes.
D'abord, si les gens sont intéressants, il faut les écouter, d'autant plus s'ils expliquent des choses complexes.
Ensuite, comme j'ai eu la chance de financer le film sans la télévision et, donc, de ne pas avoir à faire de compromis pour toucher un public cible,
j'ai pleinement profité de cette liberté dans le temps, la forme et le contenu.
Pour moi, ce film est un peu dans la lignée de ce qu'expliquait le cinéaste québécois Gilles Groult au sujet de sa vocation :
"Je me sens le devoir de faire le métier que les journalistes ne font pas ou plus."
Au Québec, et ailleurs, la situation des médias se dégrade régulièrement depuis les années 70,
avec une concentration accrue, une précarisation incroyable des journalistes, etc.

...Agé de 43 ans, le cheveu gominé, sanglé dans un costume noir très ajusté, M. Zaia représente la nouvelle génération légiste.
Seule une discrète pochette verte (la couleur symbole du parti) dépassant légèrement de sa veste signale son appartenance.
Les discours xénophobes qui constituent l'identité du parti, les immigrés qu'il faudrait "rejeter à la mer,
les minarets" qui "dénaturent les beaux paysages de Vénétie",
ou les insultes au cardinal de Milan, traité "d'imam"  parce qu'il prêche l'accueil, il les laisse à d'autres.
On ne le verra pas non plus siffler l'hymne national, ni promouvoir les "rondes citoyennes" ou soutenir les opérations consistant à dénoncer les clandestins.
Du moins pas ouvertement...

Ce n’est pas le destin des ours blancs mais la guerre en Irak qui a fait basculer sa conscience.
«Dick Cheney disait : 'On se bat pour le mode de vie américain.' Mais ce n’est pas mon mode de vie !»
D’ailleurs, prévient-il,«cette American way of life est en train de franchir l’Atlantique, vous devez être vigilant…»
En fait, Beavan est de gauche : «Libéral au sens américain, Labour au sens anglais», précise-t-il.
Pas d’accord avec l’idée que l’écologie serait réservée aux bobos.
«Ce sont les quartiers défavorisés qui souffrent le plus de l’alimentation des fast-foods.
La responsabilité des élites, c’est de permettre que tout le monde ait accès à la qualité.»
En cette ère de déprime post-Copenhague, Colin Beavan oscille entre résignation et espoir.
Soutient Obama mais déplore un système américain «complètement bloqué qui l’empêche d’être un vrai leader sur l’environnement».

Les Amérindiens de la région de Belo Monte ont décidé de se mobiliser contre le projet d'un immense barrage.
Ils dénoncent une catastrophe écologique pour l'environnement et la disparition sous les eaux de l'habitat de 40 000 personnes vivant dans le bassin de l'Amazone.
... les opposants au projet veulent alerter la société brésilienne et le reste du monde sur le bouleversement que représenterait la construction d'un projet de cette ampleur prévue sur dix ans. [Pendant toute cette période, l'occupation de la forêt par les ouvriers et les routes ouvertes pour le chantier représenteraient
une menace pour l'écosystème et notamment pour les Amérindiens appartenant à des tribus isolées sans contact avec l'homme blanc.]

Un négociateur européen n’acceptant de répondre à nos questions qu’à la condition expresse de demeurer anonyme ;
un lobbyiste américain refusant de nous transmettre des ébauches d’un texte en cours de discussion car il a signé un accord de non-divulgation ;
nos demandes officielles auprès de la Commission européenne rejetées
« Cela mettrait en péril les relations économiques internationales de l’Union » :
le secret entoure le tout dernier traité international
en faveur des multinationales de la pharmacie et des industries culturelles.
L’Accord commercial anti-contrefaçon (ACAC) — surtout connu sous sa dénomination anglaise : Anti-Counterfeiting Trade Agreement (ACTA)
fait l’objet de négociations depuis déjà plus de trois ans, en dehors de toute instance multilatérale officielle.
Il touche à la liberté d’expression, à la santé, à la surveillance d’Internet, et à l’organisation du commerce mondial...

Avec cette crise financière, ces Etats ruinés, ces banques qui distribuent les millions par milliers à leurs employés,
nous nous demandions, pas tous les jours, mais souvent : restera-t-il suffisamment d'argent pour les milliardaires ?
Aurons-nous encore des milliardaires ?
Oui. La réponse est oui. Nous aurons et même, nous avons, des milliardaires. Les milliardaires sont là.
Un peu là, même. Ils impressionnent. Ils sont pas comme nous.
Les milliardaires ont un côté enfant. On les note et on les classe, comme à l'école.
Il y en a un qui est le premier. Il a battu tous les autres. Il est le premier pour un an.
La distribution des prix a lieu une fois par an.

Les inégalités se sont creusées entre Français les plus aisés et le reste de la population entre 2004 et 2007 (Insee).
La moyenne des très hauts revenus a augmenté «plus rapidement que (celle) de l’ensemble de la population» contribuant ainsi à creuser les inégalités «par le haut».
 [ étude 2010 de l’Insee «Les revenus et le patrimoine des ménages».]
Alors qu’elles ne représentent qu’1% de la population, ces personnes à très hauts revenus perçoivent 5,5% des revenus d’activité,
32% des revenus du patrimoine et 48% des revenus exceptionnels déclarés (plus-values, levées d’options).
Le nombre de personnes riches est en forte augmentation: entre 2004 et 2007, 70% ont gagné 500.000 euros par an et 28% plus de 100.000 euros par an.

Ni de gauche ni de droite
... En Europe, tous les partis se caractérisent par une "structure autocratique et oligarchique, par l'absence de la démocratie interne et de liberté,
par la prétention à l'infaillibilité", écrivait Hannah Arendt en 1963 dans son Essai sur la révolution.
Ce système ne favorise pas la participation des citoyens à la vie publique :
ils sont simplement représentés, et cette représentation concerne leurs intérêts, ou leur bien-être, mais pas leurs actions et leurs opinions.
Hannah Arendt jugeait sévèrement la démocratie de son époque, mais son regard vaut toujours pour notre démocratie contemporaine, tributaire des modes du moment, soumise aux appareils partisans. La solution qu’Arendt préconisait pour introduire plus de liberté dans la politique, est dépassée, issue de la tradition perdue des conseils révolutionnaires, ces forums de discussions qui faisaient émerger les décisions les plus importantes...
... "Même les sportifs disposent d’organisations fortes. Il en va de même pour les homosexuels, les marchands d'armes, les chauffeurs, les personnes handicapées,
les parents, les divorcés, les écologistes, les terroristes, etc.", commentait il y a presque 20 ans, Hans Magnus Enzensberger [écrivain allemand].
Aujourd'hui, ce phénomène s’est intensifié. Personne ne sait ce que ces révolutions apporteront.
Seront-elles à l’origine d’une société des égoïsmes sans limites et source de violences ? La menace existe. Peut-être au contraire, guériront-elles la démocratie et ses partis, tout en formant les bases d'une politique plus noble, fondée sur une participation libre dans la sphère publique.
Comme l’écrivait Hannah Arendt, la liberté n'est possible qu'entre les égaux...

En ce début de printemps 2010 règne un stress positif au TINA, centre européen de recherche scientifique "There Is No Alternative".
Nous pénétrons dans le sanctuaire de l'avidité fondamentale.

Ici, depuis quarante ans, les experts en sciences de l'accumulation et de l'exploitation des masses
réfléchissent aux diverses possibilités d'enrichissement :
Casino boursier, défiscalisations, produits dérivés, spéculations sauvages, ventes à découvert et prix de transfert...
Grâce au CIP (Centrifugeuse Idéologique de Populace),
nos chercheurs sont à l'aube d'une révolution scientifique d'envergure continentale appelée "choc d'austérité".
Il s'agit de faire entrer en collision 27 pays (au moral enfoui à 100 m sous terre) avec le mur de la rigueur budgétaire.

... Quelle est la motivation, alors, de ces reporters en herbe? «Journaliste, c'est la classe», répondent-ils.
«Avant, les jeunes voulaient être journalistes pour les paillettes, explique Jean-Marie Charon, sociologue des médias.
Ils rêvaient en voyant les salaires des journalistes stars. Aujourd'hui, c'est moins le cas mais la quête d'un statut social est devenu leur moteur.
C'est l'idée d'un métier où l'on sera utile, où on fera quelque chose pour la société. Ils ont l'impression que les métiers actifs et utiles sont rares.»
A l'heure où 67% des jeunes Français pensent qu'ils vivront moins bien que leurs parents,
la peur du déclassement éloigne de l'entreprise traditionnelle, selon Gérard Régnault, auteur de Les mal-aimés en l'entreprise:
«Les 15-25 ans constatent que leurs pères qui bossaient comme des fous
se sont fait virer comme des malpropres aux premières difficultés de l'entreprise. Cela remet pas mal de schémas en cause.» ...

A gauche, l'écologie n'est pour beaucoup qu'une opportunité électorale.
Et après la défaite de la droite, certains élus de la majorité sont tentés de revenir sur les enjeux environnementaux,
considérant peut-être qu'ils n'ont pas été payés en retour de leur investissement dans le Grenelle.
Plutôt que de focaliser la société sur un débat comme l'Identité nationale, on devrait se demander quelle est la croissance compatible avec les impératifs écologiques...
... Alors que le gouvernement l'avait votée, la taxe carbone est malheursement devenue l'objet d'une navrante dispute politicienne,
où l'on a fini par caricaturer ce dispositif en le présentant comme un impôt nouveau.
Le message a été volontairement brouillé par beaucoup de politiques qui ont fait du simplisme.
Parce que c'est la droite qui l'a porté, ça a été fusillé par la gauche, mais si ça avait été l'inverse, il se serait passé la même chose.
J'ai entendu Ségolène Royal parler d'usine à gaz.
Mais si elle pense que la voiture électrique va, à elle seule, permettre de diviser par quatre nos émissions de gaz à effet de serre, ce n'est pas un argument scientifique. C'est un argument de magicien...

... Au mois de juin 2009, le président Nicolas Sarkozy déclarait au Congrès réuni à Versailles :
“Je souhaite aller le plus loin possible sur la taxe carbone. C’est un enjeu immense. C’est un enjeu écologique. C’est un enjeu pour l’emploi.”
Le 10 septembre, il allait encore plus loin : “Je l’ai signé. Je le fais. C’est une question d’honnêteté. Si on ne le fait pas, on n’est pas honnête.”
Cinq jours plus tard, il continuait dans l’escalade verbale : la taxe carbone serait “une grande réforme comme la décolonisation,
l’élection du président de la République au suffrage universel, l’abolition de la peine de mort et la légalisation de l’avortement”...



Luc Ferry, ancien ministre de l'Education nationale (2002 - 2004) :
"Les suppressions de postes d'enseignants rapportent peu comparés aux problèmes qu'elles posent"
(Le Monde - suppl. Monde de l'Education - daté du 14 avril)
"Le fait est que ça ne rapporte pas grand-chose par rapport aux problèmes que ça pose".
"Avec les actuelles suppressions de postes, on économise 500 millions d'euros par an. Cela plombe le ministre, empêche les réformes audacieuses et les économies sont annulées dans la seconde par d'autres décisions, comme la suppression de la pub à la télévision publique ou la TVA pour les restaurateurs, qui font perdre environ huit à dix fois plus que ce qu'on a économisé à l'éducation! ça vaut la peine?".

Selon Luc Ferry, la réforme de la formation des enseignants, dite "masterisation", "est calamiteuse" et l'actuel ministre "Luc Chatel le sait".
Son prédécesseur "Xavier Darcos lui a laissé une grenade dégoupillée. Supprimer les stagiaires est une idée de gestionnaire au petit pied. Cela fait gagner 15.000 postes, mais sur une seule année, ce qui ne règle rien au fond. C'est le type même d'une mesure cynique".

L'ancien ministre a encore qualifié la réforme de la carte scolaire de "pure blague" qui "n'a fait que renforcer les communautarismes" et a répété "avoir toujours été contre" la suppression des allocations familiales pour lutter contre l'absentéisme des élèves car "c'est ajouter la misère à la misère".

... Pour conjurer ces mauvais sorts, et que l'on ait de véritables Etats généraux de la sécurité à l'école,
il faudrait sans doute que soient rédigés par tous les intéressés des "cahiers de doléances",
et que l'on aboutisse à une "révolution copernicienne" dans le traitement du problème.
La guerre, dit-on, est chose trop sérieuse pour la laisser entre les mains des militaires ;
il serait fâcheux de laisser les violences scolaires uniquement entre celles des experts.
Il apparaît d'ailleurs que le premier d'entre eux, Eric Debarbieux, président du conseil scientifique installé par le ministre de l'éducation nationale,
convient que les intéressés doivent prendre la parole...

De toutes les réformes menées à hue et à dia ces derniers temps dans l'Education,
l'une bat tous les records d'abracadabrance: la masterisation, autrement dit la réforme de la formation des enseignants.
Mal conçue au départ, extrêmement confuse, difficilement applicable, destabilisante pour les étudiants,
inquiétante pour les élèves qui vont avoir ces jeunes profs, elle entre malgré tout en application à la rentrée 2010.
Difficile de résumer en quelques lignes une réforme que même ses concepteurs ne maîtrisent pas totalement.
Le ministère de l'Education a en effet  confié aux Recteurs le soin de régler les ultimes "détails" comme ils le peuvent,
notamment la délicate question de l'affectation du nouveau prof sa première année d'exercice...

...Lorsqu’on interroge les chefs d’établissements sur les incivilités et le manque de respect, les résultats de la France sont plutôt mauvais ;
de même lorsqu’on demande aux jeunes s’ils sont satisfaits de l’école, s’ils se sentent soutenus ou ont un sentiment d’appartenance.
Ces études révèlent un malaise croissant entre élèves et enseignants, générateur de violences...
... Le phénomène est lié, pour une part, à la spécificité de notre modèle.
En France, l’école n’est pas un lieu de vie global mais un endroit où les professeurs viennent enseigner et les élèves apprendre.
Quoi qu’on dise, c’est un système centré sur l’apprentissage plutôt que sur l’enfant...
... d’autant qu’il y a très peu de seconde chance pour les élèves « disqualifiés ».
L’autre caractéristique du modèle, c’est la distance avec les familles.
Cela vient de loin, du temps où la République voulait « arracher » l’enfant à sa famille pour le conduire vers la rationalité et l’universalité...


Dans la société du « chacun pour soi », tout ceci est parfaitement logique.
Météo du jour : glaciation en cours

...La culture scolaire paraît, si ce n’est sclérosée, du moins à la traîne de la société technologique moderne avec, dans le même temps, des enseignants qui, pour beaucoup, ne possèdent pas les compétences de leurs élèves dans cette sphère-là. Face à cet état des lieux plutôt gris, on peut s’interroger aussi sur la pertinence même de la notion de « réussite scolaire ». Est-ce réussir des examens et acquérir des diplômes, indices précis et institutionnels de niveaux atteints ? Est-ce sortir du système scolaire avec des diplômes le plus tôt, possible ? Est-ce avoir un parcours rectiligne ?
Plus loin, est-ce se couler dans le monde scolaire ô combien formaté ? Mais et de nombreuses études sociologiques le montrent, les « bons » élèves ne sont pas ceux qui réussissent le mieux dans la société civile (en général, ils deviennent enseignants à leur tour tellement bien formatés qu’incapables de sortir du système scolaire !). Et pour la première fois dans l’histoire de l’ère industrielle, la génération à venir aura un niveau économique inférieur à celui de ses parents...

L’école est inégalitaire ; 
on le savait.
Mais l’école républicaine était tout de même censée assurer certaines formes d’égalité, car publique et gratuite. Des progrès ont été faits dans l’ordre de la gratuité, notamment par les initiatives des conseils régionaux et généraux de financer l’achat de manuels ou d’ordinateurs. Mais, dans le même temps, surfant sur les faiblesses de l’enseignement public, le marché de l’éducation explose en France, créant des discriminations par l’argent insupportables et pesant sur le niveau de vie des familles.
/.../
Evidemment, les lacunes du public ouvrent un marché au privé. Et le miracle de l’économie de marché se produit : l’offre surgit immédiatement pour répondre à la demande. Celle-ci a également grandi, car le diplôme protège plus du chômage que jamais. Par ailleurs, la massification scolaire a multiplié les effets sur la carrière de petits écarts de niveau de diplôme, qui incitent à investir de manière parfois folle (étudiant reçu à Sup de Co Paris et redoublant pour avoir HEC, par exemple). 

Il faut aussi insister sur le rôle des niches fiscales. Citons, là encore, le député Tardy: «le crédit d’impôt, c’est-à-dire l’argent public, sert essentiellement à gonfler les profits de ces sociétés privées. Cette aide fiscale n’a pas entraîné de baisse de prix pour les familles ni permis de générer une offre de haute qualité». Autrement dit, l’intérêt du crédit d’impôt n’est pas de réduire le coût pour les familles, donc d’augmenter la demande, mais d’accroître les profits des entreprises de soutien scolaire, donc d’augmenter l’offre. 
/.../
Eventuellement, cet enchaînement en appelle un autre : (1) développement de l’offre privée => (2) concurrence privé / public => (3) au nom de la libre concurrence, le privé restreint les financements du public => (4) système à deux vitesses (privé pour qui peut payer, public pour les autres). Acadomia, entreprise de soutien scolaire, se plaint ainsi de la concurrence déloyale que lui cause l’Etat en instaurant des heures de soutien dans les collèges et lycées (vus les moyens engagés au lycée, les responsables d’Acadomia peuvent toutefois dormir sur leurs deux oreilles). Le GATS pourrait servi de point d’appui à ce type de revendication. Par ailleurs, si les salariés des entreprises de soutien scolaire sont de niveau médiocre, selon les enquêtes journalistiques faites sur ce sujet (envoyé spécial de janvier 2009, par exemple), il suffirait de réduire les rémunérations des enseignants, afin qu’ils trouvent, eux aussi, la route du « travailler plus pour gagner plus ».

Dans la société du «chacun pour soi», tout ceci est parfaitement logique.


Au fil du temps, l'école devient de plus en plus inégalitaire. Les acquis en lecture des élèves de CM2 analysés sur vingt ans montrent que le score des enfants d'ouvriers a été divisé par deux entre 1997 et 2007. Alors que celui des fils de cadres a légèrement progressé.
Au fil de son argumentaire, le sociologue observe que les initiatives qui permettent d'offrir un ascenseur social à une toute petite frange des "mal-nés" - tels les conventions Sciences Po, les cordées de la réussite dans les grandes écoles - autorisent en fait à laisser sur le bord de la route le gros des troupes. Ce que ne démentent pas les dernières statistiques. Sur dix fils de cadre entrés au collège en 1995, huit étaient encore étudiants dix ans après et un seul avait arrêté ses études sans avoir obtenu le bac. Sur dix enfants d'ouvriers en revanche, trois sont dans le supérieur quand la moitié a quitté le système sans le bac.
 
L’APSES organise une journée d’action Mercredi 31 Mars, première journée de vote du Conseil supérieur de l’éducation à propos des programmes des enseignements exploratoires notamment...
Nous avons obtenu des avancées significatives sur les programmes...il ne faut pas manquer cette mobilisation si nous voulons encore peser sur la réforme du lycée et ses conséquences pour les SES et la série ES.
Les SES doivent avoir un statut et une place à part en seconde. Elles sont le seul enseignement général central d’une série à ne pas être présent dans le tronc commun. Nous devons obtenir un cadrage national pour 1h dédoublée et un accroissement du volume horaire au-delà des 90 minutes octroyées chichement par le ministère.

26/05/2010 - L'Apses, représentée par son président Sylvain David, a démissionné lundi du groupe d'experts chargé de l'élaboration du futur programme de SES pour la classe de première ES (filière économique et sociale) qui doit entrer en vigueur à la rentrée 2011.

Selon un communiqué, "l'association ne peut cautionner qu'un nouveau programme saborde une discipline qui a fait preuve de son succès depuis plus de 40 ans".
"Tous les moyens seront donc mis en oeuvre pour que l'ensemble de la communauté éducative exprime son refus du projet de programme de SES de première, qui devrait être mis en consultation à partir du 1er juin", a-t-elle conclu.

Auparavant, l'association avait déjà critiqué la diminution des horaires de SES en seconde. Elle avait également dénoncé la suppression des notions de chômage, de pouvoir d'achat ou d'inégalités du programme de seconde, notions qui avaient finalement été réintroduites après consultations.


C.S.E. :
... le programme de sciences économiques et sociales pour la classe de seconde a été rejeté par 42 voix contre, 12 abstentions et 7 voix pour.
Toutefois, le CSE étant un organisme purement consultatif, le ministre de l'éducation n'est pas tenu de suivre ses avis. Il faudra donc attendre encore pour savoir si le programme définitif de SES est à nouveau modifié, donnant gain de cause à la FCPE (association majoritaire de parents d'élèves), qui déplorait, mercedi, que la famille et la démographie ne figurent pas en bonne place dans les programmes.

L’ APSES rappelle son profond désaccord quant à la réforme Chatel qui marginalise et dénature l’enseignement de SES de la seconde à la terminale. Si elle devait être appliquée en l’état, cette réforme induirait de très grandes inégalités de situations d’enseignement. En effet, quoi de commun entre un professeur devant gérer 7 ou 8 secondes sans dédoublement avec des horaires bouche-trous et un professeur ayant 2 ou 3 secondes à 24 élèves dans un lycée bien équipé en salles informatiques ?

Il appartient donc aujourd’hui au Ministère de prendre en compte au plus vite les demandes exprimées par la communauté éducative concernant l’enseignement des sciences économiques et sociales. En l’absence d’une réaction appropriée, l’APSES appellera tous les enseignants de SES à la désobéissance pédagogique en n’appliquant pas le programme du Ministère.


Est-ce un hasard si la série SES a eu le vent en poupe ces deux dernières décennies ? Elle parlait aux enfants de la démocratisation scolaire, fussent-ils perçus limités sur le plan scolaire, en les ouvrant sur le monde. En réduisant de moitié l’horaire d’enseignement des SES en seconde (3 heures à 1 heure 30), en supprimant tous les aspects de la réalité sociale qui peuvent désespérer le lycéen, il s’agit d’imposer une vision réductrice et tronquée du monde réel dans lequel nous vivons, une perception irénique et déréalisée du monde social. Surtout, ne plus parler en classe de ce qui fâche ou apparaîtrait comme négatif (chômage, inégalités de revenus ou de destin, ségrégation urbaine, etc.). Surtout, ne plus voir l’entreprise telle qu’elle est : avec des hommes et des femmes, des chefs et des subordonnés, avec une hiérarchie et des relations sociales au travail. Taire le stress au travail, les maladies professionnelles (pourquoi le scandale de l’amiante ?) et, pour reprendre ici le lapsus du PDG de France Télécom, la récente «mode des suicides» dans cette grande entreprise. Faire silence sur les récentes mésaventures d’Henri Proglio.
Cela fait des années que certaines officines du Medef planchent sur le sujet : en finir avec une conception des sciences économiques au lycée qui vise à appréhender les phénomènes économiques dans leur encastrement social et leur historicité (d’où le «et» de SES : sciences économiques et sociales). En supprimant le volet sciences sociales, le gouvernement poursuit un objectif dont il faut dire et redire qu’il est purement idéologique : former des élèves de 15 ans à la science économique d’aujourd’hui, truffée d’abstractions et fortement formalisée; leur apprendre les rudiments d’une science qui devrait les aider à bien penser ; les détourner d’un enseignement qui pourrait avoir une perspective critique. 
Finalités de l’enseignement de SES ?

Le Ministère a choisi délibérément d’évacuer du programme de SES proposé en classe de seconde la plupart des questions de société qui y étaient abordées jusqu’à présent : suppression des questionnements sur l’emploi et le chômage, sur l’investissement, sur les revenus et les inégalités ou encore sur les transformations de la famille au profit de questions sur l’épargne, la fixation des prix (y compris du prix d’équilibre) dans une perspective positiviste et monolithique de l’économie. Taire les questions de société, c’est renoncer à la dimension citoyenne que véhiculent tous les enseignements généraux du lycée et faire perdre à l’enseignement des SES ce qui fonde son succès depuis plus de 40 ans. Le parlement avait tenté de faire enseigner les «aspects positifs de la colonisation» en Histoire-Géographie, le Ministère souhaite-t-il faire enseigner les «aspects positifs de l’économie» en SES, bref une «économie Bisounours» ?


"anglais dès le primaire"

Seuls 28 % des lycéens sont au niveau attendu par les programmes de terminale en anglais.
La France se classe 69e sur 109 pays ou 25e dans la liste des 43 Etats européens...

Les élèves lambda n'ont en effet pour se former que deux à trois pauvres heures hebdomadaires dans des classes de trente. Et puis il y a les autres, ceux qui passent leurs étés dans des collèges britanniques ou des familles américaines, et dopent leur niveau à coups de petits cours. Autant dire qu'entre les deux, il n'y a pas photo. Surtout à l'oral. Pis. A l'école, les bons dispositifs sont réservés aux meilleurs élèves...

...faire de la mobilité européenne, et donc de l'échange linguistique, "la règle et non l'exception". Bonne idée. Mais le contraste est saisissant entre les discours officiels et leur application concrète. A ce jour, 4 % seulement des étudiants, qui plus est les mieux lotis socialement, ont pu bénéficier des programmes communautaires de mobilité comme Erasmus...
Qu'en est-il du fameux "élitisme républicain", davantage malmené encore pour la formation des apprentis? Une seule langue est souvent dispensée alors que la formation initiale au lycée impose l'enseignement de deux langues ! Sur 15 000 apprentis, seuls... 100 ont pu bénéficier du programme de mobilité européenne lancé par la région Ile-de-France. Accablant. . 

Serpent, de mer, à sornettes & intox : 
le chèque scolaire

Répondant le 29/12/2009à une question du ... 30/09/2008 de M. Vanneste souhaitant connaître la position du ministre sur le chèque scolaire, M. Chatel déclare: "/.../ la loi n° 2009-1312 du 28 octobre 2009 tendant à garantir la parité de financement entre les écoles élémentaires publiques et privées sous contrat d'association lorsqu'elles accueillent des élèves scolarisés hors de leur commune de résidence, a été votée et publiée au J.O. du 29 octobre 2009. Compte tenu de ce qui précède, l'institution d'un « chèque scolaire » n'est pas conforme à la conception française de la liberté d'enseignement, exclusive de la mise en concurrence des établissements entre eux. Il ne s'agit donc pas d'une voie actuellement à l'étude, l'assouplissement de la carte scolaire apportant une réponse satisfaisante aux demandes des parents quant à la liberté de choix du collège ou du lycée de leurs enfants./.../"

Réponse "rédigée" par pompage direct d’un site ami (du ministre) : wikilibéral. Qui cite inlassablement, encore et encore, les mêmes "modèles", dont l’expérience de Milwaukee.  En feignant obstinément d’ignorer que son principal promoteur, et ardent théoricien du "voucher" (chèque éducation), en a fait très publiquement un bilan négatif !
Il ne suffit pas toujours d'être un "wiki..." pour être toujours de l’info. En l’occurrence, c’est aussi, souvent, de l’intox.

Il y a huit ans, Wikipédia s’était donné pour objectif 
de faire accéder le monde entier 
à “la somme de toutes les connaissances humaines”. 
Aujourd’hui, la baisse de participation fait planer le doute 
quant à la capacité de l’encyclopédie en ligne 
à continuer de se développer et de gagner en exactitude.


L'intox consistant également - tout en refusant ("actuellement") le chèque scolaire au profit d'une loi instaurant une "parité" du financement - à inciter dans le même temps à la création d'écoles dites familiales ou indépendantes, (pour l'instant) "hors contrat".
Et pas vraiment "innovantes" en matière de pédagogie...

Même si des écoles "nouvelles" (appâtées par l'espoir d'un miraculeux financement?) participent, hélas, à la confusion et à la régression ambiantes.
Et si d'autres hésitent... 


...Depuis des mois, on vit dans une ambiance mâtinée de néo-fascisme où on balance à la vindicte cinq millions de nos compatriotes, avec un débat qui n'intéresse pas les Français, qui est refusé par presque tous les républicains de droite comme de gauche, mais organisé dans les préfectures par Eric Besson et soutenu par l'Elysée. Pendant ce temps, on ne parle pas d'emploi, d'éducation, de logement.

... et le chiffre record de l’abstention, qui dit toute l’ampleur du gouffre entre les citoyens et ceux qui prétendent les représenter, symptôme évident de la maladie d’une démocratie déliquescente.
Avec, aussi, le retour du FN.
Coucou, le revoilou ! La seule petite satisfaction qu’on pouvait tirer du sarkosisme, c’est qu’il semblait avoir eu la peau du parti lepéniste.
Ben, même pas !
Ça sert à quoi d’avoir repris le fonds de commerce du racisme ordinaire, et que M. Besson se décarcasse ?
Hein ?

... On disait la gauche en panne de projet ? Incapable de refaire son unité autour d’une thématique renouvelée ? De surmonter ses clivages internes et de mettre au point des propositions originales et crédibles ? Et Paris-Plage alors ? Et les transats ? Et les cabines à rayures ? Et les murs de varappe, les palmiers, le boulodrome, les spectacles assurés par la « scène techno » ? Et les parasols ? Contre le parasol, il n’y a pas une fracture culturelle, une fracture sociale, une fracture urbaine qui tiennent. Le Front national lui-même recule devant le front de mer...
...Quel besoin, dans ces conditions, de chercher à bricoler une nouvelle thématique, un projet, des propositions originales et crédibles ? Pour séduire qui ? Les gens d’avant ? Ceux qui auraient ricané à l’idée de se balader dans un concept soutenu par une idée, elle-même suspendue à une théorie ? Ils n’existent déjà presque plus. Le réaménagement abstrait du territoire est en train de forger son peuple...

L’approche par compétences
une mystification pédagogique

Dans le présent dossier nous entendons approfondir cette critique et montrer que :
- derrière l’approche par compétences se cachent essentiellement des objectifs économiques liés à l’évolution du marché du travail ;
- l’approche par compétences constitue bel et bien, quoi qu’en disent ses défenseurs, un abandon des savoirs ;
- l’approche par compétences ne peut en aucune façon se réclamer du constructivisme pédagogique ; il se situe en réalité à l’opposé des pédagogies progressistes ;
- loin de favoriser l’innovation pédagogique, l’approche par compétences enferme les pratiques enseignantes dans une bureaucratie routinière ;
- l’approche par compétences est un élément de dérégulation qui renforce l’inégalité (sociale) du système éducatif."


... L’approche par compétences se présente parfois à nous comme héritière de la tradition pédagogique constructiviste qui, depuis les travaux théoriques de Piaget et Vygotski et par les apports de praticiens comme Célestin Freinet, a alimenté toute la réflexion et l’action pédagogique progressiste, particulièrement dans les années 1950 à 1970. Et en effet, on retrouve dans les écrits théoriques sur l’APC, de nombreuses expressions qui semblent tout droit sorties des travaux des pédagogues constructivistes : la volonté de «mettre les élèves au travail» sur des «chantiers de problèmes», afin de «donner du sens aux savoirs et aux apprentissages», l’importance accordée à «l’activité de l’élève» comme moteur de la «construction de savoirs», ...pardon ! de compétences. Or, à y regarder de plus près, cette filiation est totalement infondée. A vrai dire, l’approche par compétences se situe à l’exact opposé des pédagogies constructivistes ou socio-constructivistes."

Trop et trop tôt sélective, injuste et inefficace, 
l'école française

... la France n'a pas su se doter d'un véritable tronc commun assurant une formation élevée au plus mauvais élève sortant du plus mauvais de nos collèges. Elle s'accommode d'un modèle qui produit de vastes bataillons d'élèves en échec et une élite trop rare, quand les transformations de l'économie exigent des élites plus nombreuses et des qualifications toujours plus élevées pour l'ensemble de la population. 
Comme l'ont noté plusieurs observateurs, l'école française est l'une des meilleures du monde… pour une petite moitié de ses élèves, et l'une des plus mauvaises pour l'autre moitié. La France est ainsi le pays du grand écart : si ses élites scolaires font presque jeu égal avec l'excellence internationale, 40% de ses effectifs se situent dans les profondeurs du classement. 
D'un côté, on tutoie la Finlande et la Corée du Sud, de l'autre, on voisine avec le Mexique et la Turquie.


L'école coupable d'indifférence ? Trop rigide, trop élitiste, trop axée sur les matières intellectuelles au mépris des autres. « Depuis les années 1970 et la démocratisation, le collège et le lycée accueillent tous les adolescents. Mais le système ne s'est pas adapté à ce nouveau public, reconnaît Jean-Louis Coppéré, le proviseur du lycée Champollion à Grenoble, un des établissements pilotes pour l'accueil des adolescents malades du système. Il ne leur a pas donné les clés pour réussir. Les études sont restées telles qu'elles étaient, conçues pour des enfants formatés, de plain-pied avec les exigences de l'école. » L'obsession des notes, la solitude de l'élève face à ses tâches, l'absence de rapport personnel avec les professeurs, les emplois du temps saturés... tout cela peut devenir toxique. Pour les cancres comme pour les cracks. Pour les démunis comme les bien lotis.
Burqa : 200 cas concernés. Chômeurs et personnes en fin de droits : 5 millions. Pendant que l’Elysée détourne l’attention médiatique vers des sujets aussi artificiels qu’électoralistes, le fait politique majeur de cette nouvelle année est occulté : l’arrivée de la crise sociale.

Les Français sont vraisemblablement plus nombreux à connaître le nombre de minarets en Suisse (quatre) et de «burqas» en France (trois cent soixante-sept) qu’à savoir que le Trésor public a perdu 20 milliards d’euros à la suite d’une décision «technique» de l’exécutif...
... Le contribuable américain a payé 500 milliards de dollars le scandale des caisses d’épargne. On découvrira bientôt ce que cache réellement la «burqa». Et combien cela coûte.

... Cette histoire de voile intégral, créée de toutes pièces par un député-maire communiste et reprise avec gourmandise par tout ce que la droite traditionnelle compte de personnages parmi les plus obtus, achève de prendre une tournure grotesque et en même temps clairement répugnante. ...


Loppsi : vers le contrôle social total Le projet de « loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure » (Loppsi), dont les députés entament la discussion, est porteur d’un saut qualitatif considérable dans la construction d’une société de la surveillance, du soupçon et de la peur.

Même s’il se présente comme un fourre-tout hétéroclite, sa logique est claire : il s’agit de renforcer, d’intégrer et de concentrer tous les instruments disponibles de fichage, de traçage et de contrôle social dont les gouvernants actuels sont sans cesse plus demandeurs.

C’est la multiplication des systèmes de vidéosurveillance, y compris désormais des manifestations, alors que toutes les expériences étrangères concluent à leur inefficacité dans la plupart des cas ; l’interconnexion des fichiers de police alors que la Cnil a établi que ces fichiers sont truffés d’erreurs ; le filtrage policier des sites Internet et la chasse aux internautes ; la création d’une justice virtuelle par la systématisation de la visioconférence pour les auditions de détenus ou d’étrangers en rétention administrative...


La très étrange Loppsi vient d'être adoptée à l'Assemblée. Les mesures proposées slaloment maladroitement entre cadeaux aux lobbies du gadget inutile, hypersurveillance aveugle et un opportunisme électoraliste à la limite de l'arnaque.
La vidéoprotection, dont on ne finit plus d'expliquer la très coûteuse inefficacité, est le pire de ces gadgets. Le préfet pourra imposer aux maires d'installer à leur frais l'inutile dispositif. 20 millions d'euros sont prévus pour aider les communes à s'équiper. Mais pour les coûts sur le long terme, qui vont aller plomber le budget des communes sur les dix prochaines années, personne ne sait encore qui va payer...

Liberté, diversité, fraternité :
serait-ce la nouvelle devise de notre pays ?
La diversité remplace donc progressivement le combat contre les inégalités, à l’instar de ce qu’ont vécu les Etats-Unis il y a 50 ans. Cette évolution a été très bien dépeinte par l’écrivain Walter Benn Michaels dans son livre « la diversité contre l’égalité ». Il y explique notamment qu’en 50 ans de promotion de la «diversité», les inégalités économiques et sociales n’ont jamais autant progressé aux Etats-Unis...

...La volonté d’ouvrir l’accès «de l’élite de l’élite» aux boursiers repose sur une conception de la justice sociale limitée à l’égalité des chances ...
...Cette conception de la justice scolaire est d’autant plus étroite que, dans le meilleur des cas, ce sont quelques centaines d’élèves a priori défavorisés qui seront promus. Pour les autres, qui se comptent en centaines de milliers, les choses ne changeront guère. Peut-être même seront-elles pires encore. Ayant démontré qu’ils n’ont pas vraiment de mérite et qu’ils n’ont pas su saisir leurs chances, il ne leur restera qu’à accepter leur échec. Les meilleurs de leurs camarades ayant quitté leur école et leur quartier, il est peu probable que leur sort s’améliore. De ce point de vue, une société juste ne saurait être seulement méritocratique, elle devrait d’abord se soucier du sort des vaincus de la compétition sociale et scolaire. Mais, depuis Bonaparte, la France est tellement convaincue que son destin est dans les mains de son élite, que le souci de ceux qui ne méritent pas d’en être paraît presque incongru.


Fra-ter-ni-té, disent-ils :
 « La fraternité relève de l'ordre moral »
"/.../Étonnant de voir Nicolas Sarkozy reprendre un terme rendu célèbre par Ségolène Royal...
"/.../on parle «valeurs» quand on ne parle plus politique. Quand l'absence de projets devient patente, on se rabat sur la morale. C'est un grand classique de l'histoire politique.
L'utilisation du mot «fraternité» hors contexte républicain nous vient de l'extrême droite, plus précisément du poujadisme. On va beaucoup entendre parler de «fraternité» dans les semaines qui viennent, pour éteindre l'incendie.  /.../"

© BRAVITUDE ©
Le philosophe Michel Onfray, cofondateur de l'université populaire de Caen, a d'abord cru à un poisson d'avril, avant de considérer que "Ségolène Royal se ridiculise toute seule"
"Non, tout n'est pas à vendre", s'est indigné de son côté Patrice Leclerc, secrétaire de l'université populaire des Hauts-de-Seine. Il a menacé de saisir la justice si la dirigeante socialiste obtenait satisfaction auprès de l'INPI.

... Ce sont les "victimes silencieuses" de la crise du logement. Selon le rapport de la Fondation Abbé-Pierre, 600 000 enfants et jeunes de moins de 18 ans souffrent du mal-logement. Le rapport pointe les conséquences parfois lourdes pour leur santé (saturnisme, affections respiratoires, mauvaise alimentation, mauvaise hygiène, troubles du sommeil), leur scolarité et leur intégration sociale.
le marquage social des quartiers
souligne l'inégalité devant l'école.
 (enquête INSEE) 
En Ile-de-France, un enfant sur quatre 
vit dans un "logement surpeuplé". 
En France, un enfant sur dix.

La fraternité est une notion complexe, qui nécessite une plus précise attention qu’une simple utilisation en remède à tout faire de la pensée politique. Lien souvent érigé comme indépassable, politiquement efficace donc redoutable, le vocable fraternel fait écran à ce qu’il signifie, phantasmes nationaux, raciaux, masculins, entraînant derrière et par la question féminine l’oppression de tous les autres qui ne sont jamais choisis. Tels sont les problèmes d’envergure que la fraternité pose, et qui doivent se poser à nos intellectuels et nos responsables politiques, aujourd’hui, avec acuité.
...Comment, dans ces conditions, faire accepter l'injustice sociale comme quelque chose qui va de soi ? C'est ici que l'apprentissage de la Marseillaise trouve sa place, en gommant les inégalités sociales au profit de l'affirmation d'une uniformité de façade et d'une communauté d'intérêt d'autant plus artificielles qu'elles n'existent pas...


...Pourquoi pas la place de la Concorde ou l'esplanade des Invalides? Les Françaises et les Français âgés de 18 ans, dûment authentifiés comme tels, y seraient alignés au cordeau face à une tribune où le président de la République, flanqué de son ministre de l'Immigration, leur remettrait en les priant de la signer une "charte des droits et devoirs du citoyen". Pour éviter les couacs, un texte de La Marseillaise aurait été au préalable distribué à chaque participant. Vrai, une sorte de première communion civique...

...Et puis, par un triste jour de janvier, l'humanité se réveille avec 150000 morts ensevelis dans une île des Caraïbes, sur lesquels ni les écolos, qui sont d'ordinaire si bavards, ni les Cubains, qui sont juste à côté, n'ont rien à dire. Il ne reste que l'homme nu, couché dans sa misère, avec pour seul espoir ce sentiment exempt d'idéologie qui se nomme fraternité.
Serpent de mer : la carte scolaire
... Selon un rapport de 2008, signé d'un inspecteur de l'Éducation nationale, Jean-Pierre Obin, les académies ont souvent perpétué les vieilles pratiques, les notes sont restées l'élément déterminant d'affectation, en contradiction avec la volonté du ministre. Il semble que cet inspecteur se soit trompé sur les intentions d'alors. Car son rapport (*) n'a jamais été rendu public et il a été mis à la retraite d'office non sans s'être vu rappeler que même à la retraite un fonctionnaire restait soumis au devoir de réserve. Un an plus tard, suite à une demande de la commission des finances du Sénat, le 3 novembre 2009, c'est au tour de la Cour des comptes (pdf) de s'alarmer des effets de l'assouplissement sur l'éducation prioritaire : sur 254 collèges repérés comme particulièrement difficiles, 186 ont vu fuir leurs meilleurs élèves. Le ministère reste droit dans ses bottes. Pas le moindre bilan ne semble être tiré afin de savoir si, oui ou non, conformément à son objectif officiel initial, la consigne a fait reculer l'apartheid scolaire...
... "C'est le laisser-faire mou et complaisant aux procédures variables souvent incompréhensibles et obscures", écrit Philippe Tournier (SNPDEN)
[ enquête auprès de 2758 collèges et lycées ]  - pdf)
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(*)"...Le choix par les parents eux-mêmes, solution retenue par plusieurs pays étrangers, est un leurre. Compte tenu des capacités d’accueil, ce sont encore les principaux et les proviseurs des établissements recherchés qui décident en définitive, avec les inconvénients et les risques de dérive qu’on vient d’examiner..."
Rapport IGAENR-IEN n° 2007-094, Octobre 2007 : « Les nouvelles dispositions de la carte scolaire » (pdf)

... Après trois ans d'assouplissement, où en est-on ?
A lire la brochure que vient de publier l'Elysée (Trois ans d'action, 6 mai 2007 - 6 mai 2010), le bilan est encourageant: "En moyenne, 70 % des demandes des parents d'élèves (quant à l'établissement de leurs enfants) ont pu être satisfaites lors de la dernière rentrée."
Malheureusement, c'est un tout autre son de cloche que rend l'enquête menée dans 2 758 établissements par le Syndicat des personnels de direction de l'éducation nationale, majoritaire chez les chefs d'établissement et qui est tout sauf un repaire de gauchistes.
Or le constat qu'il dresse est alarmant. La "mise en concurrence latente" des établissements est une réalité tangible, qui met sous pression les collèges ou lycées les plus défavorisés : 50 % d'entre eux ont enregistré une baisse de leurs effectifs, et 10 % les ont même vu diminuer de plus du quart.
La ghettoïsation scolaire, calquée sur la géographie urbaine et la ségrégation sociale, s'est donc renforcée.

Classement" des lycées.
A partir des données de l'E.N., de nombreux médias ont réalisé des classements, souvent différents les uns des autres.
Le SNPDEN, principal syndicat des chefs d'établissements, a exprimé ses "vives réticences" sur l'usage fait par des médias des indicateurs de résultats des lycées, en demandant la mise en place de "règles de bonnes pratiques" en la matière...
..."l'usage de ces données, fait parfois sans précaution par des organes de presse, ne peut que susciter de vives réticences, en particulier quand cela revient finalement à classer en tête des établissements qui, certes, ont 100 % de reçus au baccalauréat sur des effectifs très réduits, mais qui obtiennent aussi ce résultat en éliminant massivement des élèves en cours de scolarité comme en témoignent sans ambiguïté les autres données".
"A moins qu'ils ne recommandent ce type de pratiques aux établissements, les auteurs de ces classements doivent peser le message qu'ils délivrent par les choix qu'ils font".

La suppression progressive de la carte scolaire, amorcée en 2007 et censée aboutir à la rentrée 2010 au "libre choix des familles" promis par Xavier Darcos, alors ministre de l'éducation nationale, doit bien se comprendre "dans la limite des places restant disponibles"...
... Le directeur de l'académie de Paris a aussi rappelé que les enfants venant de collèges publics avaient priorité sur ceux venant de collèges privés pour l'accès aux lycées publics. 

Le gouvernement envisage de confier aux préfets la responsabilité de suspendre les allocations familiales aux parents en cas d’absentéisme scolaire de leur enfant, et de modifier, par voie législative, le dispositif existant. 
L’UNAF expose les motifs de son opposition, rappelle l’arsenal existant, plaide pour un dépistage précoce des situations et pour un meilleur accompagnement des familles.
Pourquoi l’UNAF est-elle opposée au principe de suppression des allocations familiales ?
Pour 3 raisons :
- Les allocations familiales sont destinées à compenser les charges liées à la présence d’enfants, et non à récompenser les "bons parents ».
- Priver des familles de ressources, risque d’aggraver leurs difficultés.
- Cette sanction est injuste car elle cible le seul public des familles allocataires.
L’UNAF rappelle que la loi du 2 janvier 2004 avait supprimé le dispositif de suspension et de suppression des allocations familiales en cas d’absentéisme scolaire, au motif qu’il était jugé inéquitable et inefficace. Ce motif est encore valable.

... Confier ce dossier au Préfet ne réglera en rien la question du suivi social et de l’accompagnement des familles qui supposerait de rompre avec la politique de restriction mise en œuvre par la RGPP. Dans le cas de familles en difficulté, une assistante sociale est plus utile qu’une injonction préfectorale, même avec les meilleures intentions du monde. Force Ouvrière tient à rappeler que le travail social des CAF qui joue un rôle de prévention primordial dans le cadre du maintien du tissu familial a été fortement mis à mal ces dernières années. L’encadrement budgétaire des établissements scolaires comme des caisses d’allocations familiales va à l’encontre d’un réel suivi des familles...

"Couper les allocations familiales constitue une mesurette populiste, qui n’a rien de pédagogique et n’aide pas à comprendre les raisons qui conduisent un élève à sécher les cours. Pendant qu’on sanctionne, on ne se demande pas si le cadre scolaire, avec ses classes surchargées et son manque d’encadrants, est adapté aux besoins des jeunes. L’absentéisme peut, certes, avoir parfois pour cause une éducation défaillante ou de mauvaises fréquentations.
Mais priver la famille d’une partie de ses ressources financières peut s’avérer contre-productif et conduire l’élève à abandonner complètement le lycée pour travailler afin d’aider financièrement ses parents."

Serpent de mer : 
les rythmes scolaires
 
… Bref, un chantier complexe, délicat et enthousiasmant, qui supposerait la collaboration, au même titre, de tous les acteurs éducatifs autour de l'enfant.
Mais il serait illusoire de demander à chaque conseil d'école de s'engager dans une telle démarche. Car actuellement, la seule possibilité de déroger à la semaine de quatre jours dépend d'une décision majoritaire du conseil d'école. On peut facilement comprendre la difficulté de concilier les opinions de tous les acteurs : enseignants, parents, commune, sur des enjeux aussi essentiels. A cela s'ajoute la nécessité d'un positionnement conjoint entre école maternelle et élémentaire, et par extension une cohérence au niveau du quartier, voire de la ville entière.
Dans cette situation, peu de changements sont vraiment à attendre.  Aussi ce revirement ministériel n'aura-t-il pas d'effet tant qu'une concertation de l'ensemble des partenaires éducatifs ne sera pas mise en place. Un syndicat d'enseignants demande une conférence de consensus, le Réseau français des villes éducatrices propose d'expérimenter une autre semaine scolaire, l'Association des maires des grandes villes françaises, l'Association des maires de France et les fédérations de parents d'élèves veulent relancer le débat...

... « Impossible de revenir sur le samedi matin, explique-t-on Rue de Grenelle. C'est désormais un symbole politique. On ne peut pas avoir l'air de désavouer Xavier Darcos. Mais la semaine de quatre jours est critiquée de tous côtés. Les journées sont trop lourdes pour les enfants.  » Les fédérations de parents se réjouissent de l'impulsion donnée par la Degesco. Reste aux conseils d'école à trancher. Et aux politiques à poser, contre la volonté de l'industrie du tourisme, la question des si longues vacances scolaires, seule marge de manœuvre pour réduire significativement les journées des élèves...

Dans la circulaire de préparation de la rentrée, les services du ministère demandent aux recteurs et inspecteurs d'académie d'être "attentifs à la gestion des rythmes scolaires, en relation avec les collectivités locales, les parents d'élèves et les enseignants".   (bulletin officiel de l'Education nationale du jeudi 18 mars 2010) :

"Les recteurs et les inspecteurs d'académie seront attentifs à la gestion des rythmes scolaires, en relation avec les collectivités locales, les parents d'élèves et les enseignants. En visant avant tout l'intérêt de l'enfant, ils étudieront les formules les plus adaptées aux besoins de l'élève. L'organisation de la semaine en neuf demi-journées (du lundi au vendredi en incluant le mercredi matin) est encouragée chaque fois qu'elle rencontre l'adhésion."
(2.1.2 Donner sa pleine mesure à l'aide personnalisée)

Semaine de quatre jours : la France est le seul pays européen à avoir adopté ce rythme, à la rentrée 2008, et ce malgré de nombreuses protestations de chronobiologistes.
Conséquence : la journée scolaire trop chargée. Un petit Français travaille ainsi deux heures de plus par jour par rapport à un petit Suédois, rappelle l'académie. D'autant que peuvent s'y ajouter - et en fin de journée - deux heures de soutien scolaire pour les plus faibles : depuis la suppression des RASED ...

L'Académie Nationale de Médecine:
"En conclusion
  SI on met l’enfant au centre de la réflexion sur le temps scolaire il faut prendre en considération l’apport des rythmes biologiques en attirant l’attention sur les éléments suivants :
- le sommeil : de sa durée et de sa qualité dépendent le comportement à l'école, le niveau de vigilance et de performances. Il serait à cet égard important de retarder l'entrée des enfants en classe en créant une période intermédiaire d’activités calmes en début de matinée, car l’enfant arrive fatigué à l’école, surtout lorsque son temps de sommeil n’est pas respecté. De plus, un coucher tardif n’est pas totalement compensé par un lever tardif.
- les variations quotidiennes de l'activité intellectuelle et de la vigilance : elles progressent du début jusqu'à la fin de la matinée, s'abaissent après le déjeuner puis progressent à nouveau au cours de l'après-midi. Deux débuts sont difficiles pour l'enfant : début de matinée et début d'après-midi. A cet égard la semaine de 4 jours (lundi, mardi, jeudi, vendredi)  s'accompagne d'une désynchronisation avec diminution de la vigilance de l'enfant les lundi et mardi.
- les variations annuelles de la résistance à l'environnement : les périodes difficiles pour l’enfant sont l’automne, la période de la Toussaint (dont les vacances devraient être étendues à 2 semaines), et l’hiver vers fin février ou début mars.
- le bruit :les grandes salles des cantines très bruyantes devraient être transformées en plusieurs petites unités pour amortir le bruit.
- la vie à l’école : il faudrait tenter de diminuer le stress de l'enfant et le surmenage scolaire par des programmes adaptés et non pléthoriques ; éviter le transport de cartables lourds grâce, par exemple, à l’utilisation de casiers à l’école ; instituer une heure d’étude surveillée en fin d’enseignement."


... En France, la journée d'un élève dure six heures, avec une pause d'une heure trente le midi. C'est la journée d'école la plus longue d'Europe! 
Alors, avoir instauré en plus la semaine de quatre jours est un contresens total.

Semaine de 4 jours : (gros) inconvénients confirmés (par un rapport de l'E.N. ! )
"Les conséquences du resserrement du temps scolaire se font sentir
- sur la fatigue des élèves et des enseignants,
- sur la réduction du temps de dialogue avec les parents, 
- sur le temps de concertation des enseignants, 
- et surtout, sur le temps consacré aux enseignements."
 

Parce qu’il faut sortir du simple débat « Pour ou Contre la semaine de 4 jours » et qu’il faut enfin en venir aux questions de fond, la PEEP demande au ministre de l’Education nationale la tenue d’Etats Généraux sur les rythmes scolaires afin que soient réunis dans un même temps, pour un travail commun, tous les partenaires concernés : parents d’élèves, enseignants, chercheurs, chronobiologistes, pédiatres et élus locaux.
Que ce soit en école primaire ou en établissement secondaire, il n’est plus acceptable d’imposer à nos enfants des rythmes de travail que beaucoup d’adultes n’accepteraient pas.
La PEEP rappelle qu’elle demande depuis des années cette réflexion globale sur les rythmes scolaires...


FCPE : Le passage à la semaine de quatre jours a été fait par et pour les adultes, il est temps de penser aux enfants.
Rentrée 2009-2010 : Deux tiers des Français favorables à l'école le mercredi. Depuis la suppression de l'école de samedi, les cours sont répartis sur quatre jours pour la plupart des écoliers, qui subissent les journées les plus longues d'Europe.
Mais ...
Chatel rappelle que le choix relève du conseil d'école: "95% des conseils d'école ont fait le choix de la semaine de quatre jours" ...

Chantal, 30 ans de métier, se désole de «ce retour en arrière». «Quand j'ai commencé, les bébés étaient alignés dans des transats, on leur donnait la bouillie, on changeait les couches et c'est tout. Aujourd'hui, on prend le temps d'écouter les enfants, de faire des activités, ou tout simplement de parler aux parents. On va perdre tout ça, la crèche va redevenir une garderie.»...
...Expérimentés aujourd'hui dans plusieurs villes, ces jardins d'éveil pourraient se généraliser rapidement. «Ils sont inscrits dans le décret en préparation, sans que ne soit précisé le taux d'encadrement... Tu parles d'une expérimentation et d'une avancée!», ironise Christophe Harnois, du collectif «Pas de bébés à la consigne».


"Hier, on était face à la démarche isolée de quelques individus qui exigeaient un droit aux cours. Aujourd'hui, se répand l'idée que la famille a un droit de regard, qu'on peut surveiller l'école, y compris en passant par le tribunal administratif, analyse l'historien de l'éducation Claude Lelièvre. La judiciarisation est une évolution globale de la société, qui se manifeste aussi dans l'école. Cela recrée un rapport de force à l'heure où les syndicats ont perdu de leur poids."

"Depuis la rentrée, plus de 20.000 parents ont signalé à la FCPE sur ouyapacours des heures de cours perdues faute de remplacement", écrit le président de la FCPE, Jean-Jacques Hazan.
"L'absence de gestion cumulée à la suppression massive de postes empêche toute solution sérieuse pour améliorer le droit des familles".
"L'Education nationale s'avère incapable de remplacer de façon pérenne les enseignants absents", ajoute-t-il, soulignant que le problème, reconnu dans le second degré (collèges et lycées), vaut aussi dans le premier degré (écoles), notamment en Seine-Saint-Denis.
La FCPE y voit une "rupture de contrat" dans "l'obligation scolaire" due aux "familles et aux élèves" d'une continuité du service public d'éducation.
M. Hazan réclame "un coup d'arrêt aux suppressions de postes d'enseignants". Il demande au ministre "de fixer des objectifs clairs chiffrés et datés à (ses) services pour rendre les remplacements effectifs".
(afp - 01 03 10)

«Nous sommes soumis en tant que parent à une obligation scolaire pour nos enfants, et il appartient à l’Etat de fournir les moyens du service public d’éducation» Au cours de son CP, puis de son CE1 depuis la rentrée de septembre, sa fille «a été en face de 18 maîtres ou maîtresses différents et a manqué sur les six derniers mois 13 jours de classe d’un enseignement obligatoire», affirme-t-il dans sa plainte datée de vendredi.
Daniel Garault a indiqué avoir déposé une seconde plainte, concernant l’enseignement de langue vivante à sa fille. «L’enseignement de cette matière n’a débuté que le 23 janvier 2010» et non à la rentrée en septembre 2009, dénonce-t-il.
«Au titre de réparation du préjudice, je vous demande le rattrapage des heures non assurées (…) ou à défaut, une somme correspondant aux émoluments de cours à domicile», ajoute le parent d’élève dans les plaintes. Daniel Garault appelle à «un dépôt de plainte collectif» des parents d’élèves, le 9 mars, au tribunal administratif de Montreuil.

Le rapport d'information du Sénat sur l'éducation en banlieue dénonce pourtant en premier lieu une répartition des moyens qui ne permet pas toujours d'améliorer significativement le taux d'encadrement dans l'éducation prioritaire : les élèves sont ainsi plus nombreux par classe (24 en moyenne) dans les écoles primaires classées en éducation prioritaire dans l'académie de Créteil qu'ils ne le sont dans la moyenne nationale des écoles primaires classées hors éducation prioritaire (23,5) ! Des aberrations semblables ont été relevées dans des collèges d'autres académies. La répartition des crédits par les académies tient en effet inégalement compte de l'appartenance de l'établissement à l'éducation prioritaire. Si cette situation est permise par la volonté de «déconcentration» de l'État, les acteurs de terrain devraient néanmoins expliquer «la pertinence de leurs politiques», critique le rapport.
Cette «approximation» dans le recensement des moyens publics consacrés aux interventions éducatives montre aussi que ces politiques recouvrent des dispositifs qui se juxtaposent plus qu'ils ne s'articulent entre eux. La prolifération de ces interventions pose des difficultés : méconnaissance des dispositifs, effets de concurrence ou de redondance, difficultés de coordination entre des intervenants nombreux. L'optimisation du hors temps scolaire est à ce titre une vraie question, observe le rapport, car on «aboutit parfois à une dilution des actions menées dans le secteur éducatif»,  estime le Sénat...

Trente mille professeurs sans statut et sous-payés empêchent le système de craquer
Martine, 34 ans, est une femme bien dans sa peau, qui adore son métier : «J'aime le contact, transmettre aux jeunes mon goût pour la chimie », dit-elle. Mais l'Education nationale la traite comme un chien. Elle la balade d'un poste à l'autre, l'envoie parfois à 80 kilomètres de chez elle, la sonne le lundi pour travailler le mardi, lui mégote ses contrats, son salaire, ne rembourse pas ses frais de transport. Un mois, elle gagne 1 500 euros, l'autre, rien. Elle fait partie du vivier de profs précaires que l'Education nationale emploie au coup par coup pour boucher les trous...

Les profs ne grognent pas.

Ils savent, depuis Victor Hugo, «qu’ouvrir une école…»
... Les profs ne grognent pas, ils font face à une violence qui relève d’une société en crise et qui ne se réglera pas avec quinze jours d’équipes mobiles de sécurité.
Les profs ne grognent pas, ils déplorent qu’aucun média ne consacre une vraie émission aux problèmes de l’Education nationale quand celui de l’identité nationale prend toute la place.
Les profs ne grognent pas, ils veulent un retrait de la réforme.
Les profs ne grognent pas, ils veulent une vraie réflexion menée par ceux qui ont déjà vu des collégiens et des lycéens autrement qu’en statistiques.
Les profs ne grognent pas, ils savent bien, depuis Victor Hugo, «qu’ouvrir une école, c’est fermer une prison».
N’attendons pas que nos prisons débordent.


Les élèves de la Rue d'Ulm sont de plus en plus tentés par l'entreprise ou le journalisme.
À quelques pas de la belle cour de Normale Sup', deux étudiantes jouent à se faire peur au sujet de leur avenir professionnel. Les places à l'université sont limitées et devenir professeur en lycée ne les fait pas rêver. «Avoir autant travaillé pour se retrouver dans une ZEP, non merci», s'insurgent-elles en coeur. Elles rêvent plutôt d'une carrière dans l'administration, de devenir journalistes, voire «de travailler dans la publicité ou la communication».Le pantouflage - autrement dit travailler dans le privé - n'est plus un sujet tabou...
...On est parfois loin de la vocation initiale de l'établissement voué par Napoléon Ier en 1808 à «former à l'art d'enseigner les lettres et les sciences». L'association des normaliens en entreprise, forte de 550 membres, compte des avocats, banquiers, industriels, artistes ou journalistes. Ils grouillent aussi dans les ministères, faiseurs de discours ou conseillers de l'ombre..

c’est le « système scolaire lui-même qui est vécu par les lycéens comme une sanction. Et qui donc est la source d'un mal-être quotidien. «Les profs ne captent pas le public qu’ils ont en face d’eux. Ils ne savent pas comment nous intéresser aux choses. Ils nous font étudier des trucs de vieux» déclare ainsi Emmanuel, élève en seconde au lycée Jean-Baptiste-Say (Paris XVIe).
L’ennui est invoqué, mais il n’est pas seul : les notes elles-mêmes sont mises en cause, jugées peu acceptables. « Ils devraient carrément enlever la note » explique Samir, 18 ans.
Le problème dénoncé par les élèves globalement, c’est que ce système de notes n’est pas « constructif ». Il vaudrait mieux des appréciations bien argumentées pour les faire progresser.
Quant au redoublement, il faudrait le bannir : Eric Charbonnier, expert sur les questions d’éducation à l’OCDE, estime que les notes et le redoublement sont à la base du malaise des jeunes. Il faut donc sortir de ce système de «notation-sanction»...


Serpent de mer : la carte scolaire

... Les chefs d'établissements veulent avoir des informations concernant les effets de l'assouplissement de la carte scolaire sur les effectifs en élèves des établissements, sur la mixité sociale mais aussi sur la mixité scolaire (est-ce que les établissements ont des élèves de tous niveaux?).
Entre les collèges qui ferment parce qu'ils sont désertés et les élèves de milieux défavorisés qui accèdent à de meilleurs établissements que ceux de leurs quartiers, le SNPDEN veut savoir ce qui se passe dans "les établissements moyens de proximité, qui accueillent la grande masse des élèves".

Selon M. Tournier, ces établissements pourraient connaître actuellement "une déstabilisation muette, qui n'est pas spectaculaire". "Dans des endroits sans histoire, les choses sont en train de basculer" et il y a un risque de "dérive vers des établissements mono-sociaux et mono-scolaires".

Le gouvernement donne uniquement les chiffres des dérogations obtenues, chiffres qui n'ont "aucun intérêt" pour éclairer la situation des établissements.


PISA...OCDE..."Finlande"...

...Une explication de l’indifférence de PISA aux programmes scolaires est que l’enquête n’a pas pour objet premier de servir les buts de l’école. Elle viserait à encourager un esprit de compétition au service du développement des politiques néolibérales favorisées par l’OCDE. Le fait qu’un tel esprit de compétition soit développé autour d’aptitudes à faire face aux situations de la vie quotidienne est néanmoins lourd de significations. Comme ce fut le cas à propos de la définition du Quotient Intellectuel, ces aptitudes s’inscrivent dans une vision implicite du bien vivre dans nos sociétés. Mais, comme pour les tests de Binet, la question se pose de savoir si ces aptitudes réfèrent à autre chose qu’à ce que mesurent les tests. Autrement dit, les tests de PISA sont-ils adaptés à leur objet, les capacités à jouer un rôle social et économique constructif dans une société démocratique moderne, et les capacités des sociétés à faire face aux défis du présent et du futur ?
...
Enfin, la réussite d’un pays à PISA dépend principalement du développement chez le plus grand nombre d’élèves d’un potentiel académique de base, autrement dit d’un « kit de survie » intellectuelle.
...
Par ailleurs, l’affaiblissement des élèves français est directement lié aux politiques éducatives menées notamment depuis deux décennies en France, politiques qui suivent les orientations dominantes de la philosophie scolaire promue par l’OCDE.
...
L’ensemble des résultats présentés ici, très synthétiques mais aussi fortement significatifs, révèlent comment de fausses lectures de PISA contribuent à la construction internationale d’une doxa éducative qui affaiblit en réalité les systèmes éducatifs nationaux. Le trait le plus grave de cet affaiblissement est la domination, sur les politiques scolaires occidentales, d’une logique comparative réductrice qui dépossède les pays de la maîtrise de l’éducation formelle et de ses finalités profondes...


La France a consacré 129,4 milliards d'euros à son système éducatif en 2008, soit un niveau stable en euros constants pour la 3ème année consécutive. (Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance -DEPP- du ministère de l'Éducation nationale).
Cette part (6,6% du Produit intérieur brut -PIB-) reste légèrement supérieure à la moyenne des pays de l'OCDE, mais diminue sans discontinuité depuis 1995, où la France consacrait 7,6% de son PIB à l'éducation.

...La France se situe un peu au-dessus de la moyenne des pays comparables pour les dépenses par élève dans l'enseignement secondaire. Mais elle est nettement en retard pour l'enseignement supérieur. On y dépense 11 600 euros par étudiant, contre 17 000 en Suède, par exemple. 
Mais ce que l'on dit beaucoup moins souvent, c'est que l'écart est encore plus défavorable au cycle primaire (maternelle et élémentaire). Un élève y coûte 5 500 euros, contre 7 700 en Suède : 40 % de plus ! Or, c'est dans les petites classes que s'acquiert le socle des connaissances et que naissent les inégalités sociales. La France devrait repenser son enseignement pour les plus jeunes et y investir davantage.

Sauf à se lancer dans une course perdue d'avance pour concurrencer les pays en développement, c'est bien sur la matière grise qu'il faut miser. Cette problématique est au cœur de tous les discours officiels, et en particulier de celui de Nicolas Sarkozy et du gouvernement autour du « grand emprunt ». Mais les politiques réellement mises en œuvre sont en complète contradiction avec ces belles paroles...

...De nombreuses données mettent en effet en évidence la réalité de la stagnation du système éducatif français depuis quinze ans. De 1995-1996 à 2007-2008, la durée de scolarisation a légèrement diminué, passant de 19 à 18,6 ans.

... Dans cette nouvelle étude, la société apparaît non seulement encore fâchée avec sa jeunesse,
qu'elle estime «individualiste» et «peu tolérante», mais aussi très dépendante des ressources parentales.
Peu enclins à se prendre en main, selon 62% des Français,
les 15-25 ans passent pour inactifs et irresponsables dans leurs comportements, pour 56%,
et se distinguent à leurs yeux par un cruel manque de lucidité qui fait reculer leur autonomisation et leur insertion dans la société.
«Ils sont exaspérants d'indolence, d'inactivité, de manque de motivation et de curiosité...

... Il y a encore peu de temps, l’enfant était considéré comme un petit être « à éduquer ».
Aujourd’hui, les parents sont dans le « scotchage générationnel » avec lui, contents d’avoir à leurs côtés un confident avec lequel ils partagent tout.
On connaît la responsabilité des mamans dans le phénomène « lolita ».
La plupart pensent qu’en autorisant très tôt leurs filles à devenir des femmes, elles échapperont à la crise d’adolescence.
Résultat ? Les enfants se sentent implicitement autorisés à brûler les étapes.
Et ce pour le plus grand bonheur du marketing, car les professionnels savent très bien que plus tôt on « ferre » un consommateur,
plus longtemps on le garde dans son giron. C’est sur ce chapitre que les parents ont leur mot à dire :
il faut apprendre aux enfants à résister au monde de la consommation...

 

... quatre ouvriers se sont donné la mort et six ont tenté de se suicider le mois précédent la sortie de l'iPad.
Ce n’est d'ailleurs pas la première fois que les ateliers Foxconn qui travaillent également pour HP, Nokia, Motorolao ou Cisco font parler d’eux...
Son usine de Longhua, à Shenzhen, est la plus grande usine au monde d'assemblage d'ordinateurs, de téléphone portables et de produits électroniques,
employant quelques 300 000 personnes, logées sur place.

 
...Ainsi, on peut, à la télévision française, électrocuter un homme jusqu'à 360 volts et incarner… la résistance au pouvoir. Seule Claude Halmos, psychanalyste, aura une petite phrase sur le fait que TOUS les candidats ayant accepté sont des bourreaux, évidemment, et pas simplement ceux qui vont jusqu'à 450 volts. Mais on est vite passé à autre chose.
Les articles et commentaires qui accompagnent la diffusion de cette émission, y compris pour la critiquer, répètent d'ailleurs tous la même chose : stupéfaction quant aux 80 % qui vont jusqu'au bout. Les autres, les 20 % qui restent, ceux qui infligent jusqu'à 360 volts, laissant leur victime au bord de l'arrêt cardiaque, sont les bons de l'expérience. Ils seront d'ailleurs rangés dans le documentaire dans la catégorie des "désobéissants", illustrée par cet incroyable héros de la place Tiananmen, qui était venu se dresser devant une colonne de chars. On reste sans voix...

... Les deux ex-ministres soulignent aussi que « le Jeu de la mort » a été programmé sur le service public en prime time, sans précaution particulière hormis un avertissement destiné aux téléspectateurs de moins de 12 ans. « C’est d’autant plus grave, argumente Paul Quilès, que, comme le prévoit sa charte, France Télévisions s’abstient en général de montrer, notamment dans les journaux, le spectacle de la violence pour la violence. Imaginons l’impact du Jeu de la mort sur les esprits fragiles ou sur un jeune de 13 ans qui aura pris cette émission en cours ! » De son côté, Marie-Noëlle Lienemann ne décèle aucune vertu dans le documentaire. « Au bout du compte, le spectateur risque de retenir qu’une majorité de gens sont manipulables, et donc pas responsables », redoute l’élue PS.
Il appartient désormais à la justice de dire si oui ou non le « Jeu de la mort » avait une vertu éducative ou était une incitation à la violence...

Pourquoi obéit-on?
Parce que toute notre éducation nous a appris à le faire. Parce qu'on est "quelqu'un de bien" socialement parlant. La propension à l'obéissance n'est pas innée, elle fait partie des acquis, d'un apprentissage d'autant plus efficace qu'il a été long. En ce qui concerne nos "candidats", outre cette propension à l'obéissance, les deux facteurs qui conditionnent leur obéissance sont, d'une part, le fait qu'ils sont venus pour se mettre au service; d'autre part, qu'ils ont été modelés par la télé pour être de "bons joueurs", capables d'accomplir des choses difficiles en gardant sourire et décontraction...
Et si la mort en direct devenait un divertissement ? 
Les dérives de la téléréalité sont graves. 
Violences, tortures, humiliations dominent les programmes dans le monde entier.
La télévision détient-elle un pouvoir spécial ? 
Dans les années 60, une expérience psychosociale prouvait que 
62 % des individus administraient des chocs électriques extrêmes 
en obéissant aux ordres d’un scientifique. 
L’équipe de Christophe Nick a transposé cette expérience à l’univers des jeux télé. 
80 Français, un jeu aux règles abjectes. 
Vont-ils se soumettre aux ordres de Tania Young 
qui exige qu’ils infligent des chocs électriques à un inconnu. 
Qui va se soumettre ? Combien oseront désobéir ? 
Une expérience extrême et une réflexion profonde sur le rôle de la télé aujourd’hui.

"JUSQU'OU VA LA TELE ?"
- FR2 - mercredi 17 mars 2010 : Le jeu de la mort
- jeudi 18 mars : Le temps de cerveau disponible


... Il faudrait aussi se débarrasser de ce stéréotype selon lequel nous vivons sous le signe de la liberté et de la démocratie. C'est une illusion dangereuse. Cette expérience, qui démontre que 80% des gens se comportent comme de possibles tortionnaires si la télévision le leur demande, reflète un pouvoir terrifiant. Quand une masse est gérée au niveau de ses pensées, de ses attitudes, de ses comportements, j'appelle ça un totalitarisme. Un totalitarisme tranquille, parce qu'on ne nous tape pas dessus et qu'on ne nous met pas en prison. mais un totalitarisme quand même.


... Première conclusion accablante : à bientôt cinquante ans de distance, et malgré tout ce que nous sommes censés avoir appris sur la Shoah, les comportements passifs d'obéissance des individus, lorsqu'ils sont confrontés, même avec une anxiété réelle, aux ordres d'une autorité destructrice à leurs yeux légitimes - ce facteur de la légitimité est déterminant - l'emportent toujours sur le petit nombre (près de 20 % dans l'expérience Zone extrême, autour de 35 % dans l'expérience standard chez Milgram) de ceux qui se comportent, à un moment donné, en individus libres, responsables et, par conséquent, rebelles...
... C'est ainsi que les sujets sont d'autant plus incités à obéir qu'ils adhèrent aux valeurs de la coopération sociale et de l'amabilité et qu'ils sont socialement intégrés. Inversement, ceux qui se sentent le moins satisfaits de leur sort ou ont une inclination au refus de statu quo social ont une bien plus grande propension à la rébellion. Il existe une grande différence entre "être pris par les circonstances" et la capacité à leur "faire face", et cette capacité se rapporte à une manière personnelle de se rapporter au monde et aux autres qui est le propre de ceux qui savent ne rien perdre de leur présence à soi et de la fidélité à leurs principes. Ce que ces résultats indiquent, c'est que l'action désobéissante est plus difficile pour les personnes les plus intégrées dans le système...
...A moins de considérer que la fin justifie toujours les moyens, et d’être ainsi peu éloigné de la pensée totalitaire, on ne peut aussi passer sous silence les lendemains qui déchantent pour les candidats testés. Comment sera perçue dans son environnement social, familial, professionnel la « prestation » du pseudo-tortionnaire ? Quelles en seront les conséquences individuelles ? Toute l’équipe de Christophe Nick s’est employée à rassurer les cobayes en leur disant que leur comportement a été parfaitement « normal » et qu’aucun ne doit se sentir coupable car, n’est-ce pas, nous sommes tous des victimes de l’emprise télévisuelle. Du reste, n’y a-t-il pas que trois personnes qui ont refusé d’apparaître à visage découvert ? Chacun est volontaire pour aider à une prise de conscience globale... Mais on peut aussi se demander si l’émission n’abuse pas de son cautionnement universitaire ou scientifique pour obtenir une forme de soumission à un projet de diffusion grand public. Cela ne vous rappelle rien ? Il n’est pas tout à fait sûr, en outre, que « Le Jeu de la mort » ne profite pas de la faiblesse d’individus qui préfèrent une petite notoriété, même négative, au néant télévisuel. Après avoir administré 460 volts, l’un d’eux demande en quittant le plateau à un membre de la production : « Est-ce que j’ai été bon ? » ...


.. Des expériences similaires ont été réalisées avec des animaux mais leurs conclusions sont largement différentes. Les animaux préfèrent ne pas recevoir de nourriture plutôt que d'infliger un choc électrique à autrui (à noter que dans « Zone Xtrême » il n'y avait rien à gagner).
Il en va ainsi des singes rhésus par exemple. Dans une expérience réalisée en 1964, 80% des singes ont arrêté d'actionner la chaîne qui leur délivrait de la nourriture quand ils se sont aperçus que cela infligeait une décharge à l'un de leurs compagnons. Ils ont préféré avoir faim plusieurs jours durant…
Même expérience, réalisée avec des rats, et mêmes conclusions : les rats ont préféré cesser de s'alimenter plutôt que de faire souffrir un de leurs congénères...
... "Maintenant, j’aime bien participer à des interrogatoires encore plus musclés, ceux par exemple où l’on enfonce des cure-dents un à un dans les mains des suspects récalcitrants", a-t-il ajouté froidement.

Il était là devant moi à me raconter ça, avec ses lunettes à monture noire qui lui donnaient un air de rat de bibliothèque. Il ne différait extérieurement en rien du jeune homme qui, il y a quelques mois, critiquait très durement les interrogatoires musclés. Désormais, ses propos me font froid dans le dos, et j’ai l’impression qu'il est le diable incarné. Je n’aurais jamais cru qu’un étudiant ayant reçu une solide formation en droit puisse se laisser entraîner si vite dans un environnement si malsain. Comment un homme d’un naturel bon a-t-il pu si vite laisser libre cours à sa bestialité, au point d’en devenir "dépendant" ?

La Sécurité, disent-ils
    violences "scolaires"

...Oui, les adolescents, à l'évidence, peuvent être des tyrans.
Les jeux du pouvoir s'exercent entre eux, souvent avec violence, et avec les professeurs,
dans un rapport de groupe à individu très étrange, car le groupe a son psychisme, aléatoire et capricieux...
...En fait, je crois que, comme tous mes collègues, je suis dans ma classe toute la société.
Seul et innombrable. Ma parole sédimente mille strates sociales, porte le poids d'un immense environnement
et plus cette société est solide et saine, plus ma parole a d'autorité.
Plus la société est fragile, socialement émiettée, moins ma voix s'élève
(je me souviens d'un collège où la vue portait sur une usine désaffectée ;
si cette usine avait tourné, tout aurait mieux marché dans nos cours.
Et la crise de l'Etat-providence qui succède aux scandales financiers aura forcément pour conséquence d'augmenter la violence).
Dans ma classe, je suis moi-même, avec mes qualités et mes défauts, avec ma personnalité...

...Je suis enseignant du premier degré affecté au remplacement d'enseignants partis en stage de formation continue
(chaque enseignant du premier degré a droit à 36 semaines de formation au cours de sa carrière) en Seine-et-Marne.
Mais dans les faits, la formation continue n'existe quasiment plus faute de crédits
et j'effectue des remplacements de collègues malades.
Le taux de remplacement est de plus en plus faible
et nous sommes déplacés en fonction des réactions de mécontentement des parents :
qui râle le plus fort obtient un enseignant au détriment d'autres secteurs moins mobilisés.
L'année dernière j'ai été affecté en urgence, fin février, hors de ma zone géographique,
dans une classe qui n'avait pas d'enseignant depuis les congés de la Toussaint...


footaises & marseillaise
Depuis octobre 2009, la Fédération française de football exige
une attestation de présence en France depuis cinq ans
pour octroyer une licence à un mineur étranger souhaitant jouer au football dans un club amateur.
En quatre mois, quelque huit cents jeunes se seraient ainsi vu refuser une licence,
selon les présidents de plusieurs clubs franciliens.
L'intention affichée est louable...
.. Et plus de 10 000 en France, dénonçait hier la LDH, partie en guerre contre une mesure discriminatoire orchestrée par la FFF...
... La FFF réclame désormais aux enfants étrangers qui veulent intégrer un club de très nombreux documents : permis de travail des parents, quittances de loyer…
Mais surtout une attestation prouvant leur résidence en France depuis au moins cinq ans.
Pour la LDH, ce document n’existe pas juridiquement.
«Le concept d’enfants sans-papiers n’existe pas. C’est comme si on demandait un titre de séjour à ces jeunes», explique Jean-Pierre Dubois, son président.
Robert Weinberger n’en revient toujours pas : «On a une fille de 12 ans qui attend de pouvoir jouer depuis quatre mois.
Ce sont simplement des gamins qui veulent s’amuser avec leurs copains.»...

Des obsèques quasiment nationales pour un homme qui fut membre du gouvernement de Franco d'un côté,
plusieurs procédures, dont une concernant les fosses franquistes, de l'autre.
L'Espagne est bel et bien divisée, scindée en deux, comme aux pires heures de son histoire.
Mémoire courte
A ma droite, un concert de louanges pour le rénovateur de l'olympisme.
Soit. Il a surtout fait des Jeux un business où règnent en maîtres l'argent et le dopage, assez loin des valeurs fondatrices de ce mouvement.
L'essentiel n'est plus de participer, mais d'engranger un maximum de bénéfices.
La presse espagnole dans sa quasi globalité ne tarit pas d'éloges sur cet homme et a couvert son enterrement comme s'il s'agissait d'un chef d'Etat.


 
... «Trouvez-vous injustifiable de réclamer indûment des aides publiques?» : 89% des Danois disent «oui, c'est injustifiable», 70% des Britanniques,  mais seulement 38% des Français, bons derniers. Profitez du système, puisque les autres le font. Du coup, seuls 25% des Français «font confiance aux autres». Rappelons que nous sommes le pays qui donne des leçons de «solidarité»...
Mais d'où cela vient-il? «De mai 1940», répondent les auteurs dans un passage très original. Avant Vichy, les Français étaient dans la moyenne européenne, ils faisaient confiance. C'est après qu'ils décrochent. Est-ce la défaite? La collaboration? Probablement. Mais aussi la suite... 

...C’est comme si chaque jour les parents et les éducateurs disaient : «en ce monde, même nous ne sommes pas en sécurité chez nous ; comment s’y mouvoir, que savoir, quel bagage acquérir sont pour nous aussi des mystères. Vous devez essayer de faire votre mieux pour vous en tirer. De toute façon vous n’avez pas de compte à nous demander. Nous sommes innocents, nous nous lavons les mains de votre sort.» Un tel épuisement existentiel (on parle à juste titre du burn out d’un nombre grandissant d’enseignants) ne peut qu’engendrer désarroi et affolement chez les désaffiliés; la violence scolaire n’est jamais qu’un langage-symptôme. Il faudra bien un jour faire la part de ce qui revient à notre irresponsabilité collective.

Mais justement, la désormais «a-relation» éducative ne permet plus d’entendre la déglingue de l’effroi et cette surdité est violence première : «Il y a violence, écrivait le philosophe Eric Weil, dès lors que je ne fais pas participer l’autre à l’élaboration de mon propre discours.»

Qui consent à écouter les élèves d’un collège ou d’un lycée concerné par la violence sera frappé par la litanie des violences que les jeunes disent subir (humiliation, mépris, manque de respect, violences des mots et des attitudes). Pourquoi cette parole-là aurait moins de valeur ou de pouvoir explicatif que l’autre ? Peut-on parler de la violence scolaire sans parler de la violence à l’encontre des jeunes ? Réputés acteurs de violences, ceux-ci en sont-ils pour autant les auteurs? Qui a écrit la pièce, qui a dressé la scène et distribué les rôles ?


... Luc Chatel semble avoir trouvé la solution à tous ces problèmes. Il faut «sanctuariser» l'école, nous dit-il. C'est, en réalité, le contraire qu'il faut faire. D'abord parce qu'une école-sanctuaire ne ferait qu'aggraver le sentiment d'exclusion dont j'ai parlé, et qui joue sans doute un rôle, déjà, dans ces agressions répétées contre des établissements. Ensuite parce que le savoir n'est pas sacré et ne doit pas l'être. Il n'est pas cet objet figé qu'il nous faudrait regarder, d'en bas, avec une déférence craintive. Le savoir, cela se travaille au corps, cela se manipule, il faut pouvoir se l'approprier, et pour y parvenir, il faut pouvoir le questionner, le remettre en cause pour mieux en éprouver la solidité. Enfin parce que, pour achever sa mission, pour faire accéder nos enfants, tous nos enfants à une citoyenneté libre, l'école doit s'ouvrir sur la cité. Elle doit être, non pas une forteresse, mais un lieu de passage, d'ouverture et de maturation, de sédimentation lente. Elle doit être, non pas un lieu où l'on ne pourrait plus voir à cause de la hauteur des murs, mais un lieu où les regards s'échangent, où l'on se laisse interpeller. Un lieu, en un mot, où l'on pense le réel que l'on a sous les yeux...

... Une partie des violences sont provoquées par d'anciens élèves, qui reviennent sur les lieux de leur échec ou de leur souffrance scolaires. Dont beaucoup de jeunes qui ont été exclus pour des problèmes de comportement : « On a eu jusqu'à trente conseils de discipline dans l'année. C'est devenu une procédure de gestion comme une autre. Mais les conséquences sont catastrophiques parce que, faute de suivi, les gamins en question sont rapidement déscolarisés », témoigne un enseignant...

... Bien sûr, on ne règlera pas les problèmes de la violence à l'école en distribuant des pantoufles, même à voix basse. Mais les actuels partisans de la sanctuarisation veulent faire de l'école une forteresse. On a pensé un temps à renforcer les grilles. On parle de recruter des vigiles comme dans les supermarchés et pourquoi pas des maîtres-chiens ? On a même envisagé d'installer des portiques de détection d'armes ,à l'école ! Dans un autre film, plus récent celui-là, La Journée de la jupe, le personnage interprété par Isabelle Adjani tient en respect une classe entière avec un pistolet. Magnifique symbole de cet univers dominé par la peur où les élèves ont peur des enseignants et où les enseignants ont peur des élèves...

Quelle coïncidence : depuis l’enterrement du grand débat, et la panne technique de la loi antiburqas, les nuages s’amoncellent sur les établissements scolaires...
...Cette déconnection, entre un phénomène réel et l’inflation de sa représentation, s’appelle un emballement médiatique. Pour construire un emballement, que faut-il ? D’abord, un terrain fragile, instable, propice au tremblement des effrois collectifs. L’école est le meilleur qui soit. Elle concentre tant de peurs ! Quand on ne craint pas les bandes organisées, ce sont les enseignants pédophiles, l’intrusion du voile, et bientôt certainement de la burqa, la baisse du niveau en orthographe, la suppression de l’histoire, les maths modernes, les maths anciennes, et la suppression du grec...
...Comme si l’espace collectif, réservé en permanence aux peurs et aux effrois, avait horreur du vide. Comme s’il fallait impérativement quelque chose pour le remplir...

Plus de neuf Français sur dix (93%) sont favorables au renforcement du personnel de surveillance dans les écoles pour lutter contre la violence, selon un sondage Harris Interactive

Les personnes interrogées sont majoritairement opposées (70%) à la présence de policiers dans les établissements mais se prononcent à 75% pour une présence policière autour des écoles.

Pour la Défenseur des enfants, Dominique Versini, il est "indispensable que soient prises en compte dans les futurs États généraux de la sécurité à l'école les propositions faites [le 20 mai 2009] par les collégiens et lycéens lors de sa consultation nationale 'Parole aux jeunes'".
 "2 500 adolescents de tous âges, toutes origines sociales et scolaires" ont rapporté "des faits et des informations puisés dans leur quotidien qui les conduisaient à avoir l'impression de vivre dans une atmosphère sociale de violence". Voir "augmenter les postes de surveillants et d'éducateurs dans les établissements scolaires" représente une des recommandations formulées par les élèves du second degré. 


Que l'insécurité s'accroisse dans les collèges et les lycées n'est pas vraiment surprenant :
en 2004, l'Education nationale employait encore 50 000 personnes pour y assurer la « surveillance » sous différents statuts, aujourd'hui, ils ne sont plus que 28 000, quasiment moitié moins… Mais ce qui se passe sur ce plan ne fait qu'illustrer un désinvestissement plus général. La part des richesses produites chaque année, le fameux produit intérieur brut (PIB), consacrée à l'éducation était de 7,6 % en 1996. En 2008, elle n'était plus que de 6,6 %, en baisse une fois de plus par rapport à 2007. Nicolas Sarkozy veut réduire la part des dépenses publiques dans le PIB. En matière d'éducation, c'est déjà le cas chaque année depuis près de quinze ans

Les solutions passent-elles par un accroissement du nombre de surveillants ? 
Si les surveillants ne sont pas engagés dans un projet global d'établissement, ils ne servent pas à grand-chose et sont surtout les premières victimes. Le travail en équipe, qui est primordial, fonctionne quand les enseignants sont stables. Un recrutement national, avec un turn-over considérable, ça n'existe qu'en France ! C'est dur à entendre pour les intéressés, mais les solutions passent par un meilleur fonctionnement interne des établissements : en France, on considère que l'école n'a pas à s'occuper de la violence. On oppose transmission des savoirs et pédagogie, alors que l'une ne va pas sans l'autre...
...Dans certaines des pires favelas du Brésil, la violence qui domine le quartier n'entre pas à l'école. L'école est protégée par les parents qui y sont très actifs. En France on perçoit trop souvent les familles comme des adversaires de l'école...
(Eric Debarbieux, professeur des universités à l'Université de Bordeaux II,
est président de l'Observatoire international de la violence à l'école.
Ancien instituteur spécialisé, et du mouvement Freinet).
E. Debarbieux vient d'être nommé à la présidence d'un "conseil scientifique" 
chargé d'apporter une expertise dans la préparation et le suivi 
des "états généraux de la sécurité à l'école" prévus en avril..

Alors que le gouvernement vient d’annoncer des “états généraux de la sécurité à l’école,
il est intéressant de regarder ce que le déploiement de forces (et de technologies) de sécurité à l’école a comme conséquence aux Etats-Unis.
Ainsi, de plus en plus d’écoles appliquent une “tolérance zéro” et renvoient temporairement des enfants ou adolescents parce qu’ils avaient oublié leur badge, donné un aspirine à un autre élève, pris leur téléphone portable, une paire de ciseaux voire un coupe-ongles…
Le nombre d’expulsions est ainsi passé de 1,7 million en 1974 à 3,1 millions en l’an 2000. Pourtant, les statistiques montrent que la violence à l’école a diminué de moitié entre 1992 et 2002. Dans le même temps, on assiste à une explosion du nombre d’arrestations au sein même des écoles.
En cause : le fait que de plus en plus de collèges et lycées emploient des officiers de sécurité scolaires à plein temps pour surveiller ce qui se passe dans les couloirs. En 2004, le Texas y a consacré 60 millions de dollars et, en 2004, le gouvernement fédéral a dépensé 60 millions de dollars pour embaucher des officiers de police, et 19,5 dans des équipements de sécurité de type détecteurs de métaux. 
   Lourde peine pour une écolière amoureuse
Une jeune fille de 12 ans ayant écrit «Je t’aime Alex» sur les murs d’une école, a été envoyée pour quatre mois dans un établissement "accueillant" des élèves "en difficulté". La WWASP patronnée par le professeur Skinner, le père de la psychologie comportementaliste, gèreces camps pour ados "difficiles" ("Tranquillity bay"). Pour 3000 dollars par mois, il promet de transformer ces récalcitrants en citoyens dociles et travailleurs. Parmi beaucoup d'autres jolies colonies de vacances de ce type : Eagle Academy...

Les caméras, solution miracle aux problèmes de la violence à l'école ?
Xavier Bertrand, le secrétaire général de l'UMP, défend l'idée, proposant ce mercredi de «développer beaucoup plus la vidéosurveillance dans les lycées et aux abords». Sauf que les trois dernières agressions d'élèves ont eu lieu dans des lycées du Val-de-Marne... équipés de caméras. A quoi sert la vidéosurveillance ? Combien coûtent ces installations ? Qui paie ? Et en pratique, qui regarde les images filmées ?
... Aujourd'hui, sur les 461 lycées d'Ile-de-France, 300 sont équipés de caméras de surveillance, soit 60% des établissements.
... Quand Luc Chatel annonce un renforcement des conditions de sécurité (clôtures/caméras de surveillance), c'est en réalité la région qui paye.
60 propositions et 20 bonnes pratiques de terrain
Voilà ce qui ressort du rapport sur la délinquance des jeunes remis aujourd'hui par Jean-Yves Ruetsch à Jean-Marie Bockel, le secrétaire d'Etat à la Justice. Ruetsch est le responsable du service Prévention Citoyenneté de la ville de Mulhouse, commune dont Bockel demeure le maire.
On s'en doutait: les pouvoirs publics peuvent mieux faire. La prévention de la délinquance, dit le rapport, "reste insuffisamment investie par les politiques publiques", avec des innovations locales trop éparpillées. 

De son passé de DRH chez l’Oréal, Chatel a visiblement gardé l’art de jongler avec les effectifs… et un talent cosmétique certain pour maquiller les chiffres. Il y a bien environ 12 000 conseillers principaux d’éducation dans les établissements français (en 2009, ils étaient 11 967 pour être précis), mais c’est bien la seule chose de juste dans ce qu’affirme le ministre. En 2002, ils étaient 11 207 et non 9 000. Les effectifs ont régulièrement progressé jusqu’à atteindre 12 659 CPE en 2006. Mais Chatel se garde bien de dire que depuis trois ans, ils sont clairement orientés à la baisse.
Les CPE étaient 12 477 en 2007, 12 211 en 2008, avant donc de descendre sous la barre des 12 000 en 2009 pour la première fois depuis 2004. Raison de cette érosion, une réduction drastique des recrutements.

Tous les six mois, le gouvernement prétend résoudre les problèmes sociaux en modifiant le code pénal ou le code de procédure pénale. Plus que la peur, je pense qu’il s’agit avant tout d'une stratégie électorale. D’autant plus que l’autre grande stratégie électorale -le prétendu "grand débat" sur l’identité nationale- a échoué. Il faut comprendre une fois pour toute que la sécurité est un fond de commerce pour les discours politiques de droite (ceux de gauche ayant les leurs aussi naturellement). C’est un marqueur politique, idéologique, presque identitaire et c’est important pour l’électorat le plus âgé et le plus droitisé...
... On est complètement à côté de la plaque. En revanche, il y a de vrais problèmes de surveillance et de discipline dans certains établissements scolaires. Et ces établissements ont besoin de surveillants. Seulement les surveillants ça coûte cher, tandis que décréter un couvre-feu, ça ne coûte rien. Et c’est toute la question. L’Etat tient actuellement un double discours permanent sur la sécurité. D’un côté, il a besoin électoralement de dire "la sécurité c’est moi". De l’autre il se désengage de plus en plus. Donc, on privilégie les mesures symboliques qui ne coûtent rien.
(Laurent Mucchielli à propos de la LOPPSI)

... A Paris, le gouvernement, soutenu par la mairie, s’apprête à mettre en oeuvre un premier plan d’installation de 1250 caméras dans l’espace public pour un coût estimé de 300 millions d’euros...
Le Comité régional Ile-de-France de la LDH déplore les campagnes de désinformation orchestrées par un certain nombre de municipalités et d’élus franciliens concernant la vidéosurveillance. Elles révèlent le refus d’un débat citoyen ouvert et contradictoire. Elles visent à masquer l’absence de preuve d’efficacité de la vidéosurveillance dans la lutte contre la délinquance et le terrorisme, et ignorent sciemment les risques d’atteintes aux libertés publiques. Enfin, elles symbolisent une volonté d’imposer une politique de répression au détriment d’une approche préventive de la violence dans notre société.
Ce réseau de lutte contre la vidéosurveillance en Ile-de-France contribuera à informer et alerter les francilien(ne)s sur un fiasco programmé en s’opposant au développement d’une technologie au coût exorbitant, emblématique de la mise en place graduelle d’une société de surveillance généralisée.
... Afin de lutter contre l'échec scolaire, M. Chérèque (CFDT) s'est déclaré partisan de classes à effectifs réduits dans les quartiers défavorisés avec, en échange, "des classes plus chargées dans certains quartiers où il y a plus de facilités d'accès à l'éducation et à la culture".

M. Chérèque a déploré l'absence de travailleurs sociaux dans les écoles. "Je suis assez effaré de voir qu'on peut faire rentrer rapidement la police dans les écoles alors qu'il y a des gens qui se battent depuis vingt ans pour y faire entrer des éducateurs".

A l'automne, les ministres de l'intérieur et de l'éducation nationale avaient lancé un plan de "sécurisation" des collèges et lycées. Il y a quelques jours seulement, le Parlement adoptait une nouvelle loi créant un délit d'intrusion dans les établissements scolaires, passible de la prison.
Mais, dans le même temps, les mêmes, gouvernement et Parlement, invoquent la réduction des déficits publics pour rogner les effectifs de l'éducation nationale : 16 000 postes d'enseignants seront supprimés à la rentrée 2010, après les quelque 14 000 de la rentrée 2009. Au-delà des rituelles revendications syndicales, chacun reconnaît pourtant qu'un bon encadrement par les adultes est la condition sine qua non de la sécurité dans les établissements.

Le 2 février, le conseil d'administration de la Caisse nationale des allocations familiales (CNAF), consulté pour avis, a approuvé un projet de décret relatif aux "établissements et services d'accueil des enfants de moins de 6 ans", c'est-à-dire les crèches et jardins d'enfants.
Pour l'essentiel, le texte réduit les exigences en matière de qualification du personnel et assouplit les possibilités d'accueil d'enfants en surnombre. Cette réforme est présentée comme un simple toilettage technique d'un texte obsolète, et n'a guère fait l'objet de publicité. ....
...Le décret en préparation marque donc une inflexion profonde d'un instrument de politique économique et social majeur. En privilégiant la quantité sur la qualité, il modifie à la fois le niveau et la répartition de la production de "capital humain" dans notre pays. On aurait pu croire qu'une décision de cette importance ferait l'objet d'une étude, peut-être même d'une expérimentation, comme c'est le cas outre-Atlantique. Non. Cette décision a été prise sans l'ombre d'une évaluation. Sans l'ébauche d'un débat public.

.. Je suis inquiet car je perçois, à travers les dossiers qui me sont adressés, une société qui se fragmente, où le chacun pour soi remplace l'envie de vivre ensemble, où l'on devient de plus en plus consommateur de République plutôt que citoyen. Cette société est en outre en grande tension nerveuse, comme si elle était fatiguée psychiquement...
...En 1995, le grand thème, c'était la lutte contre la fracture sociale, on se demandait alors encore comment vivre avec l'autre. Sept ans plus tard, en 2002, le thème dominant est devenu la sécurité, se protéger de l'autre dans une société fragmentée, inquiète et sans espérance collective...

        "terrorisme"

... « Si vous n'avez rien à vous reprocher, vous n'avez pas à avoir peur d'être filmé. »
Mais dès maintenant, l'enregistrement numérique des images permet la reconnaissance automatique des visages.
Dès demain, l'étude automatique des comportements par des logiciels d'intelligence artificielle permettra de suivre chaque individu à son insu.
Filmer une personne dans la rue n'est alors plus différent du fait d'écouter ses conversations téléphoniques et se devrait d'être traité par la CNIL de la même manière.
Si l'ensemble des informations dont on dispose, si la philosophie sous-jacente discutable n'a pas incité les élus mêmes de gauche
(Manuel Valls (PS) a déclaré que la vidéosurveillance était « un outil indispensable ») à voter contre cette loi,
alors que se passe-t-il ? Pourquoi l'essentiel des réticences à ce projet de loi n'a- t-il concerné que son coût ?
Comment des budgets aussi importants pourront-ils être abondés quand l'état est en faillite,
quand nos prisons sont la honte de l'Europe du fait qu'elles sont des lieux de véritable insécurité, de suicide et de viol,
que la sécurité n'est plus assurée dans les établissements scolaires faute de personnel surveillant, etc. ?...


... Les terroristes ont gagné : ils n’ont plus besoin de tuer des gens pour les terroriser. Et nos dirigeants foncent dans le panneau, et banalisent encore et toujours plus les technologies de surveillance.
Pendant ce temps-là, la CNIL et ses pairs, créés pour protéger les citoyens du fichage administratif et de la surveillance d’Etat, nous alertent sur les dangers pris par ces ados qui montrent leurs fesses sur Facebook.
Il y a un mot pour qualifier cela : c’est de la novlangue. On ne retient généralement de 1984, le roman de George Orwell, que la seule société de surveillance. On oublie que, pour y parvenir, la Police de la pensée de Big Brother organise aussi un appauvrissement planifié de la langue. On ne “surveille” pas pour “surveiller“, mais pour contrôler, et se maintenir au pouvoir.
La question de la “vie privée” est politique : il n’y a pas de libertés sans vie privée. Et je me plais à penser que le sujet est autrement plus intéressant, important et vital pour nos démocraties que ces histoires de fesses sur Facebook

La conservation des données de connexion (”logs“) a été jugée anticonstitutionnelle par la cour constitutionnelle allemande, ce mardi 2 mars 2010. 
La cour constitutionnelle allemande a estimé que la loi n’était pas suffisamment transparente, qu’elle violait le secret des correspondances et n’encadrait pas suffisamment l’utilisation qui serait faite de ces données, que les mesures de sécurité censées les protéger étaient insuffisantes, que les motifs invoqués (la lutte contre la criminalité, le terrorisme et les menaces en terme de sécurité) n’étaient pas suffisamment clairs, ni proportionnés en terme de protection de la vie privée, et appelle donc à une destruction “sans délai” des données d’ores et déjà archivées.
Elle a également estimé qu’il s’agissait là d’une “intrusion particulièrement sévère (dans la vie privée, ndlr), d’une ampleur que notre système légal n’avait jamais connu jusqu’à ce jour“.
Près de 35 000 personnes, dont plusieurs personnalités politiques, journalistes, avocats, médecins, avaient saisi la cour constitutionnelle à ce propos, dans ce qui constitue le plus important recours collectif (”class action“) de l’histoire allemande.
  02 03 10 Vorratsdatenurteil
Speichergegner wollen EU-Spährichtlinie kippen
Defending Privacy
German High Court Limits Phone and E-Mail Data Storage
Germany's top judges have ordered big changes to a new law on storing phone data.
Germany's highest court has rejected a controversial law requiring data on telephone calls and e-mail traffic to be stored for six months for possible use by law enforcement. Data stored so far must be deleted immediately, and strict controls must be put in place before the law can come into force again.
Un arrêt dont les conséquences pourraient dépasser les frontières allemandes
La conséquence la plus immédiate de l’arrêt est que les opérateurs de télécommunication doivent procéder sans délais à la destruction de l’ensemble des données stockées ! Les entreprises concernées ont immédiatement fait valoir les coûts liés aux investissements consentis, à perte, pour le stockage - dont les modalités techniques devront être repensées – et à l’incertitude juridique dans lesquelles elles sont plongées. Les autres « victimes » de l’arrêt sont les services de police, secrets et de sécurité, qui, dans l’attente d’une nouvelle loi, vont être contraints d’en revenir transitoirement aux méthodes de l’inspecteur Derrick…
L’Accord commercial anti-contrefaçon (ACAC) — surtout connu sous sa dénomination anglaise : Anti-Counterfeiting Trade Agreement (ACTA) — fait l’objet de négociations depuis déjà plus de trois ans, en dehors de toute instance multilatérale officielle . Il touche à la liberté d’expression, à la santé, à la surveillance d’Internet, et à l’organisation du commerce mondial.Officiellement, le texte vise à renforcer la lutte contre les produits contrefaits. Cela implique le renforcement des contrôles aux frontières ou l’augmentation des peines, au risque de rendre « difficile le transit international de médicaments génériques à bas coûts pour les pays en développement », selon Mme Alexandra Heumber, de Médecins sans frontières (MSF). Ou de transformer les intermédiaires techniques d’Internet — fournisseurs d’accès et hébergeurs — en factionnaires du droit d’auteur, fermant les accès des internautes ou filtrant des sites en dehors de tout contrôle judiciaire. 
« Les règles de l’ACTA et, plus généralement, de la propriété intellectuelle ont un impact énorme sur nos vies quotidiennes. Culture, éducation, santé ou communication : peu de domaines ne seront pas touchés par ces nouvelles règles », s’inquiète l’universitaire canadien Michael Geist, qui en offre sur son blog un résumé..

... Las, les promoteurs zélés de la société de surveillance et des atteintes à la vie privée sont toujours aussi nombreux, et les Big Brother Awards se voient contraints, une fois encore, d’organiser la traditionnelle “Orwell Party“, pionnière de ces cérémonies de remises des prix qu’évitent soigneusement ceux-là mêmes qui y sont primés. Elle se déroulera le 29 mai 2010 à la Belle Etoile, QG de la compagnie de théâtre Jolie Môme, à Saint-Denis.
Qui dit primés, dit candidats. La chasse est donc ouverte pour ficher, dénoncer, surveiller ceux qui nous fichent, nous dénoncent et nous surveillent, et récompenser ceux qui les combattent. L’équipe des BBA vous invite à participer à la grande traque. Un formulaire de nomination en ligne formulaire attend vos nominations.....

... Les logiciels d’espionnage de téléphones mobiles se mettent à la portée des particuliers. Conjoints, enfants, collègues : autant de cibles potentielles, malgré les restrictions législatives.
L’espionnite via le mobile, c’est très mal mais qu’est-ce que c’est tentant… Dans un récent sondage TNS Sofres pour le compte de l’Association française des opérateurs mobiles (Afom), 80% des personnes interrogées s’offusquaient que l’on puisse espionner les SMS, les messages ou le journal d’appels de ses proches. Ce qui n’empêchait pas plus d’un Français sur quatre (27%) de reconnaître qu’ils avaient déjà cédé à cette peu glorieuse tentation...
... En France, le code pénal punit d’une peine pouvant aller jusqu’à un an de prison et 45 000 euros d’amende le fait de «capter, enregistrer ou transmettre sans le consentement de leurs auteurs des paroles prononcées à titre privé ou confidentiel». Le seul cas dans lequel la surveillance à distance d’un mobile ne semble pas illégale concerne l’espionnage de ses propres enfants mineurs...

... On disait la gauche en panne de projet ? Incapable de refaire son unité autour d’une thématique renouvelée ?
De surmonter ses clivages internes et de mettre au point des propositions originales et crédibles ?
Et Paris-Plage alors ?
...Quel besoin, dans ces conditions, de chercher à bricoler une nouvelle thématique, un projet,
des propositions originales et crédibles ?
Pour séduire qui ? Les gens d’avant ? ...



La dernière étude publiée par The Economist Intelligence Unit (EIU), filiale du magazine britannique The Economist,
sacre Paris ville la plus chère du monde.

"On se rassemble, on fait la fête entre nous, il n'y a pas de prise de tête".
"L'avenir qui attend les jeunes semble tellement noir qu'ils ont envie d'en profiter maintenant".



nuit Blanche : Très parisienne.
pas de noir dans l'arc-en-ciel.
... Alors, lorsqu'enfin il [Ali Soumaré] s'approche du pupitre, face à la marée de caméras,
l'attachée de presse du président du conseil régional le rejoint, parlemente à voix basse,
puis un autre "communicant" le prend par l'épaule et l'éloigne.
Il ne parlera que dans la cohue, sans retransmission de son dans la salle.
"C'est moins solennel, il préfère", nous explique le "communicant", et, d'ailleurs, "le micro ne marchait pas"

ni de romanichels.
Métastases.
ici, comme ailleurs.
... "Le principal objectif du prochain gouvernement devrait être d'envoyer le plus d'enfants possible
dans des internats et de les détacher progressivement de la vie qu'ils mènent dans les camps roms".
"Sinon, nous allons élever une autre génération de gens incapables d'être utiles à la société",
a ajouté (à trois mois des élections législatives) devant la presse le chef du gouvernement de gauche.
La Slovaquie compte plus de 600 communautés de Roms vivant sans électricité, sans égout ni eau courante...

Métastases.
Beaucoup plus que 12 %  ou 12 régions !
De gauche à droite de l'hémisphère reptilien.



Encore dommage qu'on va pas vers l'été...
allo maman bobo doudou...
Allô, t'es où ?

Le gag - pardon, "l'innovation" from US, of course -  de la journée : le taser espion-téléphone enfant-ado.
Parmi les "commentaires", ni plus ni moins débiles que ceux déposés ailleurs, un lecteur s'interroge d'ailleurs sur la riposte de Beretta...



«Il y a des parents qui veulent, à tout prix, maintenir le prestige de l'autorité et qui ne réussissent qu'à installer, dans leur foyer, le spectre hideux de la tyrannie. Ils font, de leurs enfants, des esclaves ou de sauvages petits rebelles.» (Tristan Bernard).


PEUT-ETRE (mais très peu probable, autant dans les milieux de la gôche hébétée que ceux de la droâte béate, puisqu'il y est question - quelle horreur! - du droit des mineurs à - quelle ineptie! - une vie privée) ...
quelques pistes utiles - quand même, au cas où, en cette période de glaciation primitive, de totale con-gélation des esprits (Ma-Grotte et MezEnfantsd'abord) - quelques pistes donc, prises dans les congères, de ... réflexion :

- la vie privée, point de vue des petits cons.
"/.../les adolescents sont d’autant plus “blasés” par la notion de vie privée, et ont d’autant plus de mal à percevoir les risques posés par la “société de surveillance“, qu’ils ont eux-mêmes grandi en étant constamment surveillés par ceux qui, parents et enseignants notamment, affectent, dirigent ou contrôlent directement leur vie privée : 
"Leur panoptique personnel (administré par des personnes qu’ils connaissent et voient quotidiennement) est bien plus intrusif, menaçant, direct et traumatique que ne pourraient l’être des panoptiques gouvernementaux ou contrôlés par des entreprises privées.
    L’érosion de la vie privée commence à la maison, pas au niveau gouvernemental ou marchand.
Et tant que nous ne trouverons pas un moyen d’offrir plus de vie privée à ces jeunes, dans leur vie intime, ils n’aspireront pas à plus de vie privée dans leurs vies publiques." /.../" (repris par Le Monde)

"Les gamins se sont toujours préoccupés du respect de leur vie privée, c'est juste que ce qu'ils entendent par 'vie privée' est très différent de ce que cela représente pour les adultes", a-t-il expliqué. "En tant qu'adultes, nous pensons que notre maison est un espace privé... Pour les jeunes, ce n'est pas le cas. Ils ne peuvent pas contrôler qui entre ou sort de leur chambre. Pour eux, le monde en ligne est davantage privé, parce qu'ils ont davantage de contrôle sur ce qui s'y passe."
Vous organisez un dîner en petit comité avec vos amis ce soir ? Prenez garde à ce que personne n'en fasse état sur Facebook ! Cela pourrait mal finir. C'est ce qui est arrivé à une lycéenne de La Baule vendredi 5 février 2010. Elle projetait une soirée chez elle à six. Ils se sont retrouvés entre 100 et 200 (les chiffres sont encore flous, c'est dire !), la plupart des personnes n'ayant évidemment pas été invitées.
La raison ? Quelqu'un a eu la bonne idée de faire état du dîner sur Facebook, raconte le quotidien Presse Océan. Et tout le monde a rappliqué. Résultat : des débordements sur le palier, dans la cage d'escalier, l'organisatrice qui appelle la police, des objets volés, des tags sur les murs, une vitre cassée…

Aux Etats-Unis, le nombre de jeunes de 12 à 17 ans tenant un blog a été divisé par deux depuis 2006. Ils préfèrent les mises à jour de statuts sur Facebook, mais ignorent Twitter.
14% des adolescents connectés à Internet disent désormais tenir un blog (Pew Internet & American Life Project  - sept. 2009). C'est deux fois moins qu'en 2006, lorsque 28% des internautes de 12 à 17 ans interrogés affirmaient bloguer régulièrement. La part des adolescents qui commentent sur les blogs de leurs amis a aussi chuté en trois ans, passant de 76 à 52%.
Les 12 à 17 ans n'ont pourtant pas délaissé Internet. Leurs centres d'intérêt ont évolué. Ils sont désormais 73% à utiliser des réseaux sociaux, principalement Facebook (400 millions de membres), contre 55% en 2006. 

En France, 45% des internautes de 12 à 17 lisent des blogs, et 32% en animent (étude Forrester de janvier). En baisse par rapport à 2007 (72 % de lecteurs et 37% de blogueurs à l'époque), ces chiffres font malgré tout encore des jeunes Français, dont toute une génération a été élevée aux «Skyblogs», parmi les plus assidus d'Europe dans ce domaine.


...Comme on le voit, le bilan culturel d'une session sur Chatroulette est assez contrasté. Être propulsé dans une grande roulette avec le monde entier pousse à toutes les outrances. Et avant de parvenir à une vraie conversation, on voit vraiment passer de tout: toutes les 10 connexions environ, un sexe d'homme; toutes les 20 connexions, un internaute portant un masque absurde; toutes les 100, une femme nue; et à la marge, une série de dérapages qui brassent toutes les déviances possibles de l'être humain (vidéos pédophiles, drapeaux nazis...)

... Le réseau, la connectivité permanente et les possibilités de participation semblaient pourtant la promesse de plus de démocratie. Chacun ayant désormais la possibilité de s’exprimer. Mais de là à faire entendre sa voix... Hello World, How I learned to stop listening and love the noise montre les limites du média participatif, projection monumentale composée d’une mosaîque de milliers de journaux intimes vidéos collectés surle net.
Avec le web 2.0; toute voix peut désormais s’exprimer, mais il n’y a personne pour l’écouter. Chaque voix disparaissant dans un brouhaha informe.
Apocalypse et ange déçu. (Expo) Le centre d’art Laboral, en Espagne, propose une vision du futur sombre et terrifiante.

Internet est devenu essentiel pour l’exercice des libertés fondamentales.
La liberté d'expression, liberté fondamentale s'il en est, implique désormais l'accès à internet. Internet permet une amélioration de la société. Le Conseil constitutionnel a très bien expliqué ce principe dans sa décision n° 2009-580 DC du 10 juin 2009 rejetant la loi Hadopi. Les Sages ont clairement affirmé que, selon la déclaration des droits de l'homme et du citoyen, la "libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'homme" et qu'internet participe à la vie démocratique et l'expression des idées et des opinions...

- Les Français sont confrontés à une instrumentalisation des peurs au sujet d'internet auxquels les discours du gouvernement et de la majorité UMP participent. 
L'UMP ne parle d'internet que comme une zone de non droit, une zone de dangers, un espace à dépolluer.
Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP, a déclaré le 15 décembre devant l'Assemblée nationale : "les trafiquants d’armes, de médicaments ou d’objets volés et les proxénètes ont trouvé refuge sur Internet, et les psychopathes, les violeurs, les racistes et les voleurs y ont fait leur nid". 
Chaque fois que la majorité ouvre la bouche pour parler d’internet, elle parle uniquement de ses dangers...
Blake Robbins, un élève de l'école Harriton, habitant à Penn Valley, près de Philadelphie, vient de déclencher un véritable scandale, déjà nommé le «WebcamGate», en accusant les responsables de son école d'avoir activé à distance la webcam de son portable pour l'espionner dans sa chambre. Cette webcam est installée sur son MacBook, qui lui a été attribué par l'école ainsi qu'aux autres élèves...
Tout a commencé en novembre dernier, quand Blake Robbins, âgé de 16 ans, s'est vu reprocher par l'un des responsables de l'école, M. Lindy Matsko, de s'être livré à des «pratiques impropres» à son domicile. 
... Généralisons. La société tout entière est en train de devenir l'otage d'une accumulation inouïe de données, et d'images personnelles, favorisée par des techniques d'intrusion de plus en plus violentes, systématiques et radicales, le tout étant favorisé par une sorte d'idéologie crypto-calviniste, selon laquelle seuls ceux qui ont quelque chose à se reprocher ou à cacher peuvent vouloir exiger des lois fortement répressives et dissuasives contre toute atteinte à la vie privée.
Les bonnes âmes, elles, n'ont pas besoin de telles lois. Elles préfèrent même collaborer au système de purification générale.

... deux constatations
La première est étayée par un analyste américain d'origine biélorusse, Evgueni Morozov. Il explique comment les régimes autoritaires disposant d'un minimum de compétences ont appris à exploiter le Web pour déstabiliser les réseaux de la dissidence. Qu'il s'agisse de la Russie, de la Chine ou de l'Iran, l'usage du Web fait désormais le jeu des États non démocratiques. Par ailleurs, nul ne l'ignore, le Web est un outil privilégié des groupes antidémocratiques, terroristes, négationnistes et tutti quanti.
... Seconde constatation : la «démocratisation» de l'accès au savoir rendue possible par Internet est largement un trompe-l'oeil. Symbole de cette «démocratisation», Wikipédia, qui reçoit chaque mois 330 millions de visiteurs. L'encyclopédie est très utile pour ceux qui ont reçu le bagage nécessaire pour lire entre les lignes, risquée pour les autres. En raison de la faiblesse de ses critères de validation, le site promeut une sorte de médiocratisation du savoir.
Il est aussi une proie facile pour les individus ou les lobbies ayant des intérêts à défendre...
... « démocratique ». Le mot a acquis une valeur magique qui chloroforme les esprits. Il est utilisé à la fois pour désigner les traits qui distinguent un régime libéral d'un régime autoritaire (respect du droit de vote et des libertés publiques) et pour évoquer une sorte de droit de tous à tout (le droit de tous à manipuler le savoir, comme dans le cas de Wikipédia). En tout état de cause, notre propos n'est pas de prétendre qu'Internet serait par nature contre la démocratie (au  sens premier du terme) mais de dénoncer l'idée qu'il opère forcément dans ce sens.

Skins parties délurées, bécotages exhibitionnistes, généralisation du « plan à trois » ou groupes Facebook rivalisant de cynisme trash… Quand les adolescents de la génération 2.0 se lâchent, ils ne font pas semblant ! Ou peut être que si… Faut-il y voir une possible dérive perverse ou un microphénomène de mode ?
... Et la question du respect de l’autre, dans tout ça ? Selon Michel Fize, sociologue au CNRS et auteur de plusieurs ouvrages sur l’adolescence, elle ne se pose pas car « la nouvelle génération à un rapport désacralisé au corps. Il n’est plus l’objet de l’intime, considéré comme un bien que l’on doit protéger et ne pas livrer au premier venu. C’est au contraire un outil qui permet d’obtenir un certain nombre d’avantages, sexuels en particulier, et donc d’en exiger en retour. » ... 

... Skins Party, une fête inspirée de Skins, la série télévisée anglaise déjantée diffusée sur Canal + depuis 2007, mais surtout visionnée par les jeunes sur le Web. Le feuilleton met en scène des adolescents très dévergondés noyant leurs tracas familiaux, scolaires et sentimentaux dans la drogue, l'alcool et le sexe. Un exemple? L'épisode 10 de la saison 1, une bringue monumentale où les langues chargées de cachets d'ecstasy pénètrent aléatoirement dans les bouches qu'elles rencontrent et où les teen-agers déguisés en tout et n'importe quoi, dans un état éthylique prononcé, s'abreuvent de démesure...


... Délaissant les blogs qui se sont en quelques mois « ringardisés », les lycéens et collégiens se sont en effet rués sur ce réseau social, qui a conquis à une vitesse prodigieuse l’ensemble de la planète : en France près de trois quarts des 13-17 ans se sont inscrits sur ce site, soit six fois plus qu’il y a un an.
Quant aux plus jeunes, s’ils ne sont pas comptabilisés – Facebook étant interdit aux moins de 13 ans –, ils seraient de plus en plus nombreux à s’y précipiter, en mentant sur leur âge...
Mouchard portable : un projet de loi en discussion devant le Parlement finlandais, et qui pourrait être repris au niveau européen, prévoit en effet d'autoriser les parents à suivre les déplacements de leurs enfants de moins de 15 ans, via leur téléphone portable, sans leur consentement.


« Le serious game nous est apparu comme un bon moyen de capter l'attention des ados, qui sont peu réceptifs aux moyens de communication classique », explique le service de communication d'Internet sans crainte, un programme financé par l'Union européenne pour sensibiliser les jeunes aux enjeux du Web.
Chaque épisode a pour thème un usage particulier du Net. Le premier, intitulé Fred, le Chat démoniaque, traite du sujet très sensible de la gestion de son image personnelle sur le Net, notamment au travers des publications sur les réseaux sociaux. Scénario et graphisme sont identiques au clip «je publie, je réfléchis» présenté il y a deux semaines à l'occasion de la Journée internationale de la protection des données personnelles.

la vie de plus en plus réglementée des adolescents américains tend à leur faire utiliser les communications textuelles autant que les jeunes Japonais.

...S'exciter par textos interposés, en s'envoyant des photos de soi, ou de petits camarades, déshabillés, la pratique est appréciée par les adolescents américains, mais peut aussi leur coûter cher. Le «sexting», aussi appelé «sexto» en France, est considéré comme un crime (felony en anglais) dans plusieurs Etats américains,
Sur la base d’une étude réalisée en septembre, la chaîne MTV a estimé qu'un tiers des jeunes américains de 14 à 24 ans ont déjà reçu des sextos. Plus récemment, le Pew Research Center calculait aussi que 15% des 12-17 ans possédant un téléphone portable ont reçu de telles photographies. 

«Les enfants d'aujourd'hui n'ont aucune pudeur, sentiment de honte, ni de vie privée. Ce sont des frimeurs, des putains de la célébrité, de petits vauriens pornographiques qui mettent en ligne leurs journaux intimes, numéros de téléphone, poésies stupides et photos cochonnes...»

«Kids today. They have no sense of shame. They have no sense of privacy. They are show-offs, fame whores, pornographic little loons who post their diaries, their phone numbers, their stupid poetry—for God’s sake, their dirty photos!—online. They have virtual friends instead of real ones. They talk in illiterate instant messages. They are interested only in attention—and yet they have zero attention span, flitting like hummingbirds from one virtual stage to another.»
(Emily Nussbaum, journaliste New York Times)
Hadopi, Loppsi : la combinaison des lois cherchant à «réguler» Internet pourrait, si l'article sur le filtrage du Net contenu dans la Loppsi était adopté, faire des réseaux pédophiles la première cybermafia à amasser des fortunes colossales sur la Toile.
C'est l'effrayante conclusion de la première et seule étude sur le commerce de la pédopornographie qui soit sortie à ce jour. Car si des rapports alarmistes ont déjà été rendus sur les effets de bord du filtrage, curieusement, personne n'avait jusqu'ici pris le temps de s'intéresser aux modes de distribution de la pornographie enfantine...

La Cnil s'est en revanche déjà prononcée sur la vidéosurveillance accrue par la Loppsi...
- Tout le régime d'application et contrôle de la vidéosurveillance doit être revu. Le texte adopté à l'Assemblée confie ces missions à une Commission nationale de vidéosurveillance. Une Commission très proche du ministère de l'Intérieur, posant la question de l'indépendance. Nous réclamons un système où la Cnil serait en charge des contrôles sur les installations de ce type de dispositif lors d'une plainte ou pour toute nouvelle installation. Aujourd'hui, il est rarissime qu'un système de vidéosurveillance respecte tout ce qu'impose la loi.

La très étrange Loppsi vient d'être adoptéeà l'Assemblée. Les mesures proposées slaloment maladroitement entre cadeaux aux lobbies du gadget inutile, hypersurveillance aveugle et un opportunisme électoraliste à la limite de l'arnaque.
La vidéoprotection, dont on ne finit plus d'expliquer la très coûteuse inefficacité, est le pire de ces gadgets. Le préfet pourra imposer aux maires d'installer à leur frais l'inutile dispositif. 20 millions d'euros sont prévus pour aider les communes à s'équiper. Mais pour les coûts sur le long terme, qui vont aller plomber le budget des communes sur les dix prochaines années, personne ne sait encore qui va payer...

... Les pirates sont plus nombreux (+3%) depuis le vote d'Hadopi
D’après une étude conduite par des chercheurs français, 15% d’utilisateurs du P2P y ont renoncé suite au vote d’Hadopi. Mais dans les faits le téléchargement s’est simplement reporté sur le streaming et l’hébergement de fichiers comme Rapidshare. En outre, les "pirates" seraient les premiers acheteurs de contenus légaux.
Plusieurs études ont déjà contesté la pertinence de la riposte graduée pour lutter contre le piratage de musiques et de films. Selon une évaluation sur les premiers effets de la loi Hadopi publiée par des chercheurs de l'université Rennes 1 et le groupement d'Intérêt scientifique M@rsouin, l'impact du dispositif français serait peu perceptible.
D'après les auteurs de l'étude (réalisée sur la base d'entretiens téléphoniques entre le 16 novembre et le 23 décembre 2009 auprès de 2 000 individus représentatifs de la population de la Région Bretagne), l'application d'Hadopi pourrait même produire un effet inverse à celui escompté...

... Les sociétés de perception, qui gèrent les droits des artistes et producteurs, n'avaient pas bonne réputation. Publié ces jours-ci, le rapport de la Commission permanente qui contrôle ces organismes ne va pas arranger les choses. Les rapporteurs jettent une lumière crue sur les rémunérations de leurs dirigeants. Accablant pour certains d'entre eux ! Un rapport qui devrait horrifier les artistes dont le travail nourrit la bête ... 
... La situation est d'autant plus choquante que les artistes n'ont guère le choix. La loi les oblige à verser. Si bien que les sociétés de perception vivent sur une rente, "un quasi-monopole de fait sur le territoire national", note le rapport.


... Les sociétés de perception, qui gèrent les droits des artistes et producteurs, n'avaient pas bonne réputation. Publié ces jours-ci, le rapport de la Commission permanente qui contrôle ces organismes ne va pas arranger les choses. Les rapporteurs jettent une lumière crue sur les rémunérations de leurs dirigeants. Accablant pour certains d'entre eux ! Un rapport qui devrait horrifier les artistes dont le travail nourrit la bête ...
... La situation est d'autant plus choquante que les artistes n'ont guère le choix. La loi les oblige à verser. Si bien que les sociétés de perception vivent sur une rente, "un quasi-monopole de fait sur le territoire national", note le rapport.

"... On constate cependant, comme pour la période précédente, que le taux d’affectation aux ayants droit représente de manière constante à peine plus de 40 % des sommes disponibles. Quant au rapport entre affectations et perceptions, il ne se situe qu’autour de 75 % et il est stable au cours de la période. On aurait pu s’attendre à ce qu’un meilleur traitement des opérations complexes de la répartition permît d’améliorer progressivement ce ratio et de réduire la masse des droits en attente d’affectation, sauf dans les cas de croissance rapide des perceptions. Or, il n’en a rien été. Le rythme d’affectation constaté n’a pas conduit à résorber les retards. Ainsi, la Commission permanente, comme dans son précédent rapport, appelle l'attention sur le caractère structurel du retard des affectations aux ayants droit..."


 
Archives - Chaque année, la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (SACEM) récolte 760 millions d'euros pour les redistribuer.
Une tuyauterie archaïque qui fuit de partout.
... La ministre de la Santé se dit "frappée d'apprendre que deux tiers des filles de 3e pensent encore qu'on ne peut pas tomber enceinte lors du premier rapport sexuel".
Bien que prévue par la loi, l’éducation à la sexualité dans les écoles à raison de 3 séances par an, reste rare. Il n’existe aucun bilan officiel de l’application de cette loi, malgré une circulaire (2003) qui prévoyait de faire un point annuel…



«Papa ?. c'est quoi ...»


... 11 % des plaintes reçues par SOS Homophobie en 2008 concernaient des insultes et des agressions commises dans le cercle familial. "S'il est bien un milieu où l'homophobie ne recule pas, c'est la famille", constate le président de l'association Bartholomé Girard. Un chiffre en augmentation de 36 % par rapport à l'année précédente. Aggravation du phénomène ou libération de la parole? Le nombre de cas concernant des mineurs a doublé depuis 2007.

... Après la chasse aux étrangers, la question de l'identité nationale, nous voilà sur celle de l'homosexualité avec l'interdiction par le ministre de l'éducation nationale de la projection du film d'animation le Baiser de la lune aux classes de primaire.
A travers les propos du ministre et de certaines associations, de vieux démons nauséabonds remontent à la surface. Protégeons notre jeunesse ! Il est trop tôt au primaire pour parler de sexualité. Le problème, c'est qu'ensuite, au collège, il est trop tard, comme le constate le récent rapport remis par l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS) à la ministre de la santé concernant la contraception et l'IVG chez les mineures. Dans une société qui expose, décompose, instrumentalise et consomme les corps à n'en plus finir, nous nageons ici dans une pudibonde hypocrisie.

... La success story commence il y a dix ans, quand Han Han, alors jeune lycéen de la banlieue shanghaienne, remporte un prix littéraire. Son premier roman - une satire cruelle du système éducatif - touche une fibre sensible chez les jeunes et devient un best-seller immédiat. Malgré son échec au bac, Han Han devient le porte-drapeau de ceux qu'on appelle en Chine « la génération post-80». Ces enfants uniques et choyés, nés après la réforme économique, sont réputés superficiels et nombrilistes, dénués d'idéal et de foi : « Mieux vaut ne pas avoir de foi que d'en avoir une aveugle et mal placée, qui vous pousse à opprimer et à tuer ceux qui ne sont pas d'accord avec vous, rétorque Han Han. La Chine n'a que trop donné dans ce genre de ferveur...»

Le premier de ses 14 romans, « la triple porte » (San Zhong Men), a été publié en 2000 et est devenu un best-seller vendu à un million d’exemplaires. Il avait 17 ans. Il y décrit le malaise des adolescents au lycée et développe une critique acerbe et iconoclaste du système éducatif chinois, allant jusqu’à traiter de prostituées les professeurs qui « vendent » les heures supplémentaires et acceptent des pots de vin. Mais écrit-il, « les prostituées gagnent leur argent en procurant du plaisir à leurs clients, tandis que les professeurs, même s’ils sont plus cultivés, les ennuient ».

... Professeur moderne, je me suis fixé l'objectif d'aider mes élèves d'Argenteuil à "bien" chercher. L'objectif est, pour être optimiste, difficile à atteindre. En voici les raisons.
Des raisons qui tiennent à l'institution. Le format des cours (55 minutes) laisse peu de temps et l'équipement n'est pas fait pour recevoir une classe (mes élèves étaient serrés comme des sardines).
Ensuite, des raisons qui tiennent... aux élèves. Même s'ils se font fort d'être des experts, ils sont en fait assez mauvais en dehors des blogs et des sites sociaux (ce qui se comprend, d'ailleurs). Cet obstacle psychologique surmonté, il faut ensuite affronter des obstacles intellectuels : faire une recherche efficace demande du doigté (ce n'est vraiment pas facile), de l'intuition et de l'intelligence...

...Pour ma génération, l’ordinateur a été une conquête. On l’a vu arriver chez nous. Pour les étudiants d’aujourd’hui, ça existe depuis toujours. Ils baignent dedans, c’est leur univers et ils ne le remettent pas en question. La plupart ne sont pas intéressés par le fait d’utiliser l’ordinateur comme outil. Plus ça va, plus il devient un média. Moins on fabrique et plus on consomme. Et les jeunes sont essentiellement bons pour consommer et communiquer...
...Les jeunes se sentent-ils concernés par les questions autour d’Internet : loi Hadopi, filtrage, censure ?
J’ai l’impression que non. Ils se demandent s’ils peuvent avoir des problèmes en téléchargeant quelque chose, mais il faut être honnête, souvent ils ne savent pas si c’est illégal ou non. Et c’est normal, car on leur offre gratuitement en permanence des choses que par ailleurs on essaie de leur vendre. Pour eux, c’est très confus. On ne peut pas se plaindre qu’ils manquent de repères quand dans le même temps on les désoriente constamment, par exemple en disant qu’un téléphone portable high-tech vaut cinquante centimes et qu’une chanson de Lady Gaga qui passe en boucle dans les supermarchés vaut 0,99 euro. Sinon, ils ne sont pas ultrasensibles aux questions de censure. Quand on leur raconte comment ça se passe en Chine, ils ne se sentent pas vraiment concernés.
Comment cette génération «post-micro» va-t-elle faire évoluer le numérique ?
La question, c’est de savoir si cette génération va être en mesure de maîtriser le développement des technologies. Je crains que non...

.. Et pendant la séquence du conflit congolais (1998 à maintenant), les besoins en Coltan, avec l’explosion des consoles et des mobiles, ont littéralement explosé.
Le plus dingue est que près de 80 % de la production de Coltan dans le monde provient d’une zone de guerre au Congo où des paysans sont contraints d’aller à la mine pour extraire un minérai qui peut valoir jusqu’à 300 dollars le kilo.
Le Coltan est ensuite acheminé, financièrement blanchi, grâce aux organisations criminelles, pour finir dans les usines de composants...

Différence = danger ou chance ?

La majorité des adolescents ne cherche pas à différencier des autres. 81% pensent que les gens différents sont discriminés. 63% jugent qu’il vaut mieux « rentrer dans le moule » pour se faire une place dans la société. Il peut même être dangereux d’être différent des autres pour 1 adolescent sur 2.
Mais, paradoxalement, la différence est aussi appréciée positivement :
- comme une chance pour les deux tiers des adolescents et adultes (respectivement 61 et 63%)
- comme un élément positif (c’est positif de se différencier des autres pour 74% des adolescents et 76% des adultes).

L’enquête laisse clairement apparaître un sentiment ambivalent, un tiraillement chez nos adolescents. D’un côté, il faut se fondre dans la masse, de l’autre, il faut se démarquer des autres si l’on veut réussir.
30% des adolescents se sentent différents des autres adolescents.

Qui sont-ils ? Il s’agit le plus souvent de jeunes gens plus vulnérables, plus fragiles et qui ressentent un certain mal-être.
En effet, près de 55% des jeunes qui se sentent différents ne sont pas bien à l’école, 63% s’estiment sous pression, 68% n’ont pas beaucoup d’amis, 37% expriment des difficultés à aller vers les autres et 44% sont mal dans leur peau. 

(Ipsos Santé-fondation Wyeth)

- Comment peut-il avaler quatre pizzas surgelées micro-ondées à 17 h 30 ?
«L’adolescent a des besoins sans commune mesure avec nous pour sa croissance et le développement de sa masse musculaire», explique le professeur Jacques Bringer, spécialiste des troubles du comportement alimentaire. Alors qu’un adulte se satisfait de 2 000 calories par jour, un adolescent va devoir avaler entre 3 000 et 3 500 calories. Il va chercher à trouver de la nourriture qui tient au corps, susceptible de lui fournir l’énergie nécessaire à son pic de croissance : un centimètre par mois et une carcasse qui peut passer en deux temps trois mouvements du petit Nicolas au grand Sébastien Chabal.
- Est-il vraiment obsédé sexuel ?
Le taux d’œstrogènes multiplié par 40 chez la fille. La testostérone par 60 chez le garçon. «La puberté est une période d’inondation hormonale», résume le professeur Charles Sultan. Un chaos qui cause des boutons mais provoque aussi un vif intérêt pour la chose sexuelle. Intérêt fortement stimulé par «l’hypersexualisation» de la société via les médias ...

- Pourquoi veut-il aller aux States ?
Un mystère pour la science. 


Et si les inquiétudes sur l’alimentation des jeunes Français étaient un peu exagérées ? Les résultats de la recherche AlimAdos (recherche sur le terrain auprès des jeunes
et de leur environnement familial et social) invitent à renoncer aux idées reçues.

"Informatique pour tous" (1985 ! )

... il est urgent que les enseignants introduisent – comme ils ont commencé à le faire – les nouvelles technologies dans leurs salles de classe. «Sinon, le fossé risque de grandir entre un apprentissage en classe ‘dans la souffrance’ et un apprentissage à la maison ludique et intuitif»
... "Le rôle de l'enseignant c'est de construire du contenu autour des technologies, parce que si les Français ont l'impression de faire de la géographie avec Google Earth, ce n'est qu'une impression".


Même le Portugal ou l’Espagne font mieux.
« La France perd déjà des points de croissance parce que ses jeunes ne parlent pas bien anglais. Et dans les années à venir, 50 % de la richesse mondiale dépendra des nouvelles technologies »

La France arrive en 24e place (sur 27) en Europe ! Avec 12,5 ordinateurs pour 100 élèves, 1 % d’écoles primaires équipées, 12 % des profs (surtout dans le secondaire dans les matières scientifiques) qui utilisent les nouvelles technologies pour un quart de leurs cours...(rapport de Jean-Michel Fourgous)

...Quand on analyse sérieusement ces obstacles, on mesure à quel point l'ambition d'un développement des TIC à l'école ne peut avoir de sens et d'efficacité que si elle est inscrite dans un grand projet éducatif moderne, neuf, démocratique, lui-même inscrit dans un projet de société qui ne se satisfait pas des indicateurs matériels, quantitatifs, financiers pour soutenir un développement éducatif durable, qui s'engage avec détermination vers le progrès et vers l'émancipation de l'homme, la personne et l'être social, et qui redonne de l'espoir chacun...

"Bon appêtit !"
disent-ils

En déclarant au Salon de l’agriculture, le 6 mars :
«toutes ces questions d’environnement, […] ça commence à bien faire»,
M. Sarkozy renie les conclusions du Grenelle de l’environnement.
Terminés les 20% de produits biologiques en 2012 et la réduction de 50% des pesticides ?
Continuerons-nous à importer de chez nos voisins les produits bio qui ont le vent en poupe ?
Pollutions des eaux, érosions de sols, algues vertes et OGM ont encore de beaux jours devant eux...
... 80% des subventions européennes sont empochées par 20% des agri-managers,
nous devons changer les critères de répartition afin que la création et le maintien d’emplois soient enfin pris en compte.
L’agriculture industrielle et polluante survit grâce à la captation des fonds publics
qui donnent l’illusion qu’elle est rentable.
Démolissons ce mythe !

... dans 40 ans, nous n'aurons plus de poisson", a déclaré lundi 17 mai Pavan Sukhdev,
directeur de l'Initiative pour une économie verte du Programme des Nations unies pour l'environnement ...
"Les stocks de poissons sont actuellement pillés ou exploités à un rythme insoutenable à travers le monde.
Il s'agit d'un échec majeur de la gestion de nos ressources, cet échec prendra des proportions monumentales si il n'est pas pris en compte rapidement."


Drogués par la «junk food».
“This is the most complete evidence to date that suggests obesity and drug addiction have common neurobiological underpinnings”
Les mêmes mécanismes du cerveau sont à l'oeuvre dans la consommation compulsive de nourriture hautement calorique et dans la dépendance aux drogues
Les travaux de Paul Johnson et Paul Kenny (Scripps Research Institute, Jupiter, Floride) démontrent, chez le rat,
que le développement de l'obésité coïncide avec une détérioration progressive de l'équilibre chimique du cerveau dans le circuit de récompense
(aussi appelé centre du plaisir), impliqué dans les addictions.
Les chercheurs ont offert régulièrement à des rats de la nourriture hautement calorique (bacon, saucisse, gâteau, chocolat)
en plus de leur nourriture habituelle, plus saine mais moins appétissante.
Les animaux ont rapidement développé l'habitude de se suralimenter de façon compulsive,
consommant davantage de nourriture grasse et calorique (junk food) jusqu'à devenir obèses...
... Les rats se mettent à manger de manière compulsive, en absorbant deux fois plus de calories que le premier groupe, et deviennent rapidement obèses.
L'accoutumance à une suralimentation est étonnamment rapide :
Après seulement cinq jours de régime de « junk-food », les rats perdent le contrôle de leur alimentation,  déclare Paul Kenny.
« Un symptôme typique de la toxicomanie »...

La réglementation européenne impose un étiquetage des aliments contenant plus de 0,9% d'OGM.
Le rejet des OGM par la majorité des consommateurs a permis de limiter le nombre de ces produits étiquetés en France.
Cependant, encore beaucoup de produits sont issus d'animaux nourris avec des OGM. Ils entrent alors dans notre alimentation à notre insu.
Le guide des produits avec ou sans OGM de Greenpeace cherche à pallier les insuffisances de l'étiquetage
et donner aux consommateurs une information leur permettant d'éviter les OGM dans leur alimentation.


« Dans ce menu, il n'y a pas de viande car l'élevage peut abîmer notre planète » : en proposant en mars un repas végétarien aux enfants de ses cantines scolaires, la ville de Saint-Nazaire s'est attirée les foudres des syndicats d'agriculteurs FNSEA et Jeunes Agriculteurs.

... En France, 6 millions d'enfants fréquentent les cantines de la maternelle au lycée. "Le repas de midi représente 40 % des apports nutritionnels de la journée et doit être un repas équilibré", rappelle Marie-Line Huc, membre de l'AFDN.
Contrairement aux idées reçues, "un repas équilibré ne coûte pas plus cher", assure Nicole Darmon, chercheuse en nutrition, qui a effectué une étude auprès de soixante-quinze écoles. Certes, les matières premières sont plus onéreuses mais, précise Mme Darmon, les quantités servies sont moindres, "alors que dans la restauration classique 30 % à 40 % des produits finissent dans la poubelle"...

Les parents d’élèves de la FCPE attendent toujours que les pouvoirs publics légifèrent sur la qualité de l’offre alimentaire dans les restaurants scolaires. Malgré les promesses de la ministre de la Santé et de celui de l’Agriculture, rien ne vient depuis deux ans maintenant.
 Face au silence des sénateurs et des députés, aux reports d’année en année d’engagements en dehors de la bonne volonté des uns, la FCPE en partenariat avec l’ANDRM (association des directeurs de restauration municipale), et l’AFDN (association française des diététiciennes et nutritionnistes), le CENA et les acteurs du plan national nutrition santé ont décidé de lancer une nouvelle mobilisation sur tout le territoire.
 L’objectif est de permettre à tous les enfants de la maternelle au lycée : de bénéficier chaque jour d’un repas complet, varié, équilibré, composé de produits de qualité, de saison, de gouter une cuisine faite de produits simples, qui s’appuie sur les savoir-faire des équipes de la restauration. Cet équilibre est nécessaire et tous les acteurs reconnaissent que c’est une question de santé publique.

Le WWF lance un "appel du 18 juin"  pour soutenir le bio dans les cantines.
 "Comment un pays riche comme la France peut-il mégoter sur les 20 à 70 centimes supplémentaires d'un repas scolaire bio?"

75 % des parents souhaitent que l’on propose des plats bio dans les cantines. En 2009, un tiers des élèves y ont goûté contre 24 % l’année précédente.  Et les parents déclarent être prêts à acquitter 7 % de plus pour un repas à la cantine scolaire s’il est composé de plats bio.

... comment faire pour obtenir une cantine bio pour ses enfants ? Se regrouper entre parents, en parler au chef d’établissement, voir avec le maire, qui est responsable de la restauration collective, les cuisiniers, les «acteurs locaux de la filière biologique», comme on dit. Tâcher de convaincre tout le monde que le bio, c’est aussi une manière de lutter contre les problèmes liés à la suralimentation et à la malbouffe.



Les produits issus de l'agriculture biologique ne sont pas meilleurs pour la santé que les aliments ordinaires. Telle est la conclusion d'une étude publiée dans Les Cahiers de nutrition et de diététique par deux chercheurs honoraires de l'Institut national de la recherche agronomique (Inra), spécialisés en nutrition humaine et sécurité alimentaire...
... À noter que le cuivre, le soufre, la roténone et l'huile de neem, parfois massivement utilisés par les producteurs bio pour lutter contre certains parasites, n'ont fait à ce jour l'objet d'aucune recherche… «Or ces produits que les gens croient inoffensifs parce qu'ils sont “naturels” peuvent être aussi toxiques que certaines molécules de synthèse» ...
... S'il se confirme que le fait de manger bio n'apporte pas de bénéfice évident pour la santé, en revanche, l'impact environnemental de ce mode de production est globalement meilleur, mais, encore une fois, contrasté...

Les éco-délégués, grâce à un logiciel diffusé par la région Ile de France, ont pu prendre conscience que la répercussion de la nourriture en terme d’effet de serre était variable d’un aliment à l’autre. Ainsi, l’impact du porc est-il, de ce point de vu, bien moindre que celui du veau. Mais au fait pourquoi ? C’est la réponse à laquelle les éco-délégués devaient répondre, dans le cadre d’une recherche personnelle. Voici l’enquête, fouillée et richement illustrée, de deux élèves de 6e, Gabrielle et Alice ...

En vingt-cinq ans, la consommation annuelle de viande par habitant est passée de 30 kg à 41,2 kg. Rien qu’en Chine, la consommation est passée de 13,7 kg à 59,5 kg par habitant et par an entre 1980 et 2005. Alors qu’elle régressait dans les pays d’Afrique subsaharienne (de 14,4 kg à 13,3 kg). La tendance à la hausse restant lourde, la FAO prévoit que «la production mondiale annuelle de viande devra augmenter de 228 millions à 463 millions de tonnes d’ici à 2050».
Or, cette croissance est loin de profiter à tout le monde : «Les petits exploitants ont d’énormes difficultés à demeurer compétitifs face aux grands systèmes de production intensive», écrit le rapport. Et elle dégrade fortement l’environnement : moins de 2% du PIB mondial, mais 18% des gaz à effet de serre, pression sur l’eau, la terre et la biodiversité, épizooties… «Le secteur doit améliorer sa performance environnementale», écrit pudiquement la FAO


Un éden tropical qui pourrait offrir jusqu’à 850 millions de barils par an, soit 20 % des réserves en hydrocarbures du pays.
Mais, aussi, 100 000 hectares classés par l’UNESCO comme la plus grande réserve mondiale de la biosphère, car ils abritent 2 274 espèces d’arbres, 567 d’oiseaux, 80 de chauves-souris, 10 de primates, 105 d’amphibiens et plus de 100 000 espèces d’insectes à l’hectare !
C’est aussi le refuge de deux peuples indigènes, qui vivent en isolement volontaire – les Tagaeri et les Taromenane –, et de plusieurs milliers d’Indiens Huaorani.
Mais la conservation du parc Yasuni n’est pas gratuite : l’Equateur demande à la communauté internationale une contrepartie financière équivalente à la moitié de ce que l’exploitation pétrolière lui aurait rapporté. Une enveloppe estimée à près de 6 milliards d’euros, selon les experts.
“Ce ne sont pas des aides ou des subventions que l’on demande aux pays riches”

Comme le résume une microbiologiste : " Le microbe travaille gratuit. Le vivant n'est pas brevetable. Le durable n'est pas rentable. La nature a une gratuité qui est gênante aujourd'hui. "
Rendre la terre fertile à nouveau, retrouver un équilibre écologique doit passer par une volonté politique assez forte pour s'opposer aux lobbies agrochimiques. ...

... Le bombardement chimique sur un demi-siècle a stérilisé les sols, aboli la tourbe, détruit les équilibres fragiles de l’écosystème. Résultat : non seulement les paysages deviennent moches mais en plus on mange mal...

... Le système productiviste et polluant nourri aux subventions et aux engrais et béni par les syndicats agricoles a limité l’essor des aliments bio. Résultat la France se retrouve déficitaire et obligée d’importer chez ses voisins ce que ses consommateurs demandent. Une absurdité écologique et économique alors que faire du bio peut à la fois servir la planète et nourrir le producteur.

"Voilà, on vend nos vaches pour aller produire de l'énergie."
... Pour ce projet, Franck a eu des subventions. Notamment du plan pour la production d'énergie. Ça le rend moins déçu que d'autres. Ailleurs, dans les fermes, il y a une amertume abyssale. En 2007, Nicolas Sarkozy avait tenu meeting pas très loin. Tous avaient retenu "travailler plus pour gagner plus". Ils le décrivent encore comme un jour d'immense enthousiasme.
... L'idée de Franck, c'est de produire de l'énergie à partir du lisier, de fumier. De la "méthanisation" pour revendre en partie à EDF. Il parle du souci "éthique", sait les reproches qu'on lui fait. Du style : "Et qui va nourrir les Français ?" Dans la publicité de la société qui lui vend sa solution, il y a un titre : "De "l'agriculteur" à "l'énergiculteur"."

...Tout comme nous faisons le pari de la décroissance contre ceux qui prônent l'écologie industrielle, nous faisons aussi le pari d'un surcroît de démocratie contre tous ceux qui, à droite comme à gauche, cherchent des bricolages institutionnels. Cette "démocratie écologique" à la sauce du Grenelle est celle des gens "bien". Celles des gens qui pèsent dans le cadre du système. Celle des gens qui ont peur du peuple et entendent contourner les résistances populaires. Pour ces "nouveaux démocrates" à la Cohn-Bendit ou à la Borloo, le petit peuple n'est jamais assez informé donc compétent pour être véritablement souverain...

Paul Ariès - La décroissance - fév. 2010

Quelque 200 tonnes de café bio dorment dans un entrepôt de Guatemala Ciudad, empilées en sacs de 60 kilos. Cela a beau être l’un des meilleurs cafés du monde, Gerardo de León n’arrive pas à le vendre.
“Je reçois tous les jours des appels d’acheteurs des Etats-Unis, qui me demandent si j’ai du bio à vendre”, explique de León, montrant du doigt un courrier avec offre d’achat à 1 euro les 500 grammes. “Puis je leur annonce mon prix : 1,40 euro le demi-kilo… et le café ne quitte pas l’entrepôt.”

Bien trop cher, le bio en grandes surfaces!
 Une enquête UFC-Que Choisir révèle que les produits biologiques vendus par les enseignes sous leur propre marque (marque de distributeur ou MDD) coûtent en moyenne 57% de plus que les MDD conventionnelles. L'association fustige, exemples à l'appui, les marges «indécentes» réalisées par la grande distribution alimentaire sur ces aliments «verts». 
Comme le signale une récente étude de TNS Worldpanel,  les «bio consommateurs» sont plutôt des couples de plus de 35 ans avec des revenus supérieurs à la moyenne. Pour TNS, contrairement à ce que prétendent les enseignes, les marques de distributeur bio n'ont pas «démocratisé» le marché. Leur clientèle est plus aisée que celle de l'offre standard. Des cadres et «bobos» en outre peu sensibles à la notoriété des grandes marques nationales, ce qui ouvre un vrai boulevard aux gammes de distributeur.

Coût du gaspillage alimentaire
Selon des études précédentes, pour l'ensemble des pays développés, le gaspillage alimentaire est évalué entre 30 et 40% de la production de nourriture.
Chaque année, 40 % de l'alimentation disponible aux Etats-Unis est jetée selon une étude parue dans la revue scientifique PLOS One en novembre 2009. Ce gaspillage représente environ 48,3 milliards de dollars (32,5 milliards d'euros) et l'équivalent de 40 000 milliards de litres d'eau gaspillés, soit les besoins annuels de 500 millions de personnes.
Au niveau mondial, 1/4 de la nourriture produite est jetée sans avoir été consommée. Des chiffres choquants lorsque l'on sait que 13% de la population mondiale souffre de sous-alimentation.

Gaspillage alimentaire dans le monde
Pour l'ensemble des pays développés, le gaspillage alimentaire est évalué entre 30 et 40% de la production de nourriture.
Dans les pays riches, le gaspillage serait essentiellement dû au circuit de distribution : les distributeurs prennent peu de risque avec les dates de préremption et jetent les produits qui ne sont visuellement pas parfaits. D’énormes quantités de nourriture sont également perdues au cours des processus de transformation des aliments,lors de leur transport, mais aussi dans nos cuisines :
       En Grande-Bretagne, un rapport remis au Premier ministre en juillet 2008 estime qu’un tiers de l’alimentation achetée serait jeté, l’essentiel étant encore consommable.


The Progressive Increase of Food Waste in America and Its Environmental Impact
...Over the same period, there has also been an increase of body weight as manifested by the US obesity epidemic. We sought to estimate the energy content of food waste by comparing the US food supply data with the calculated food consumed by the US population...

«Pour extraire un kilo d’or, les orpailleurs illégaux utilisent 1,3kg de mercure, dont 30% se retrouve dans la nature. Et empoisonne toute le chaîne alimentaire, jusqu’aux Amérindiens.» La flambée des cours de l’or sur le marché mondial a relancé la ruée vers le métal précieux en Amazonie, notamment en Guyane. «Il faut lui demander d’où vient l’or qu’il vend, dans quelle condition il a été produit, avec quelle garanties sociales et environnementales», explique Romain Taravella, chargé du programme du WWF en Guyane. «Aujourd’hui, les bijoutiers, même ceux qui se sentent concernés, n’ont pas les moyens de répondre. Il n’y a pas de traçabilité.»
WWF souhaite justement que la France prenne l’initiative d’un mouvement vers un or responsable. Et commence par faire en sorte que le code des impôts s’applique de la même façon en Guyane que sur le reste du territoire français, en obligeant à tenir un livre de police. Le WWF a ouvert un site dédié à cette question avec vidéos, documents et appel à signer une pétition contre l’orpaillage illégal.
«La terre de Guyane ne sera plus violée impunément», promettait Nicolas Sarkozy, il y a un an, à Camopi, un village amérindien de ce département d’outre-mer, en annonçant un plan de renforcement de la lutte contre l’orpaillage clandestin. Mais pour les villages établis sur le fleuve Maroni, près de la frontière du Surinam, la situation n’a fait que s’aggraver et ils dépérissent, victimes de la pollution et de la violence provoquées par les garimpeiros, les chercheurs d’or clandestins.

Le même droit à polluer pour tous (et qui pollue, paie)
An Equal Right to Pollute (and the Polluter-Pays Principle)
Bono (groupe de rock irlandais U2) au New York Times :
"Lors des récentes négociations sur le climat à Copenhague, il n’est pas surprenant que les pays en développement se soient refusés à freiner leur croissance, génératrice d’émissions de carbone; après tout, ils n’ont contribué que pour une part infime à créer le mégaproblème auquel le monde est aujourd’hui confronté. 
Une idée intelligente que j’ai entendue, et qui est une sorte de variation sur le thème du marché du carbone, c’est que chaque individu possède le même droit à polluer – et qu’il devrait y avoir un moyen de le monnayer. 
En vertu de ce principe, l’Ethiopien moyen peut vendre sa sous-pollution (il émet environ 0,1 tonne de carbone par an) à l’Américain moyen (environ 20 tonnes de carbone par an) et utiliser le produit de la vente pour pallier les effets du changement climatique (comme la sécheresse), scolariser ses enfants et les envoyer à l’université. 
En tant que vert modéré, j’aime cette idée, même si elle est controversée dans les milieux militants vert kaki. Eh oui, les vrais économistes préféreraient taxer le carbone à la source, mais pour l’heure la volonté politique fait défaut. Si cela ne tenait qu’à moi, je conclurais l’accord avant que les pays émergents n’exigent qu’il soit antidaté."

Pour profiter des productions à bas prix des pays émergents
et donner du pouvoir d'achat aux Français sans augmenter les salaires,
la France a préféré laisser s'opérer la désindustrialisation.
Des usines ont fermé leurs portes, sans qu'il soit possible de l'interdire:
les entreprises doivent pouvoir «respirer»,
c'est-à-dire adapter leur stratégie au contexte, et par là leur outil industriel.
Mais surtout, les fleurons de l'industrie française ont investi massivement à l'international,
et les conséquences de ce désintérêt pour l'Hexagone a été plus ravageur encore
que les fermetures d'usines, dans la mesure où il n'y a pas eu de renouvellement de l'outil en France.

La moitié de pas beaucoup, ça fait plus grand chose
460.000 enfants ivoiriens victimes de la crise financière du PAM
Le Programme alimentaire mondial (PAM) a annoncé avoir réduit de moitié
les rations alimentaires d'environ 460.000 écoliers et enfants ivoiriens en raison d'un manque de fonds.
  

et "Bonne santé !"
disent-ils

...l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (Afsset) calcule, sur la base d'un Français sur dix converti aux chaussettes antitranspiration et de 10 paires achetées par an, que leur lavage entraînerait le relarguage annuel de 18 tonnes de nanoargent dans les milieux aquatiques. Une dispersion qui "devrait faire l'objet d'une attention particulière", le caractère biocide de ces particules présentant "un danger avéré chez certaines espèces animales"...
... A la société de décider si des chaussettes inodores valent vraiment de répandre des tonnes de substances biocides dans la nature.


Après la grippe A, ils sont sur la sellette. Prévisions erronées, doutes sur leur indépendance, ces spécialistes courtisés par les politiques et les médias sont-ils à la hauteur de leur renommée ? Après deux ans d'enquête, Stéphane Horel publie «les Médicamenteurs», un récit minutieux des liaisons dangereuses entre les laboratoires et les blouses blanches
Le N. Obs..-Les experts se sont trompés dans leurs prévisions sur la grippe A. Et voilà que l'on découvre, en vous lisant, qu'ils sont souvent liés à l'industrie pharmaceutique...
Stéphane Horel. - On nous avait annoncé des milliers de morts, il y en a eu en réalité 263, et on estime que les fabricants de vaccins ont engrangé dans cette histoire de 7 à 10 milliards de dollars...

Cantines : les élèves restent sur leur faim. 
[étude de Consommation, logement et cadre de vie (CLCV) - Déc. 2009]
Dans le secondaire, plus d’un élève sur deux (52.5 %) déclare avoir encore faim en sortant de la cantine. 
Près de 60 % des repas expédiés en moins de 20 minutes.
20 % des collégiens et lycéens passent plus de temps dans les files d'attente qu'à table.

Les trois quarts des carcasses de poulet sortant des abattoirs européens sont contaminées par des bactéries. Le chiffre, alarmant, émane de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) et fait suite à une série d’analyses effectuées en 2008 sur des volailles issues de 561 abattoirs, dans 26 pays de l’Union.
Selon l’enquête, 75,8 % des poulets étaient contaminés par des Campylobacter, et 15,7 % par des salmonelles.
La France est loin d’être épargnée
Premier producteur européen de volailles (avec plus de 821 000 t de poulets produits chaque année), la France est loin d’être épargnée. Soixante-seize pour cent des volailles analysées dans des abattoirs français contenaient des Campylobacter et 7,4 % des salmonelles.
Ces bactéries qu’on trouve naturellement dans les tubes digestifs de certains animaux à sang chaud sont aussi présentes dans l’environnement autour des élevages. Or la salmonellose et la campylobactériose sont les « deux maladies de source alimentaire les plus fréquemment répertoriées chez l’homme », d’après l’Efsa. Elles se matérialisent le plus souvent chez l’homme par des crises de gastro-entérite.

"Les Droits de l'Enfant"
disent-ils
.. travaux du deuxième Sommet européen sur le peuple rom, organisé jeudi 8 et vendredi 9 avril à Cordoue,
dans le cadre de la présidence espagnole de l'Union européenne (UE).
La réunion, boudée par les ministres de la plupart des pays européens, s'est limitée à des débats d'experts.
Elle n'a débouché que sur un engagement vague de "donner une impulsion pour parvenir à des améliorations substantielles
dans l'intégration sociale et économique de la communauté rom"...
... cette minorité de près de 12 millions de personnes apparaît davantage discriminée,
voire persécutée dans certaines régions, depuis le début de la crise économique.
Même la vice-présidente de la Commission européenne, Viviane Reding, a dû l'admettre :
"En dépit de nos efforts, la situation des Roms semble s'être détériorée"...

Un tiers des enfants roms en République tchèque sont scolarisés dans des écoles pour handicapés mentaux.
Cette situation, contre laquelle s’élèvent de nombreuses associations, finit par se retourner contre l’Etat qui doit en subir le coût social et économique.
De récentes estimations de la Banque mondiale indiquent que les Roms coûtent chaque année à la République tchèque pas moins de 16 milliards de couronnes (640 millions d'euros). Ce ne sont pas tant les Roms, devrait-on dire, que leur "inadaptation" à la société. Selon les experts, ce phénomène a pour principale cause le niveau d’enseignement, inférieur à la normale, que reçoivent la plupart des enfants roms. Ils n’ont donc aucune chance de trouver un emploi décent.
Et l’Etat perd de l’argent, car les Roms sans emplois ne créent pas de valeur économique, ne paient pas d’impôts et perçoivent des aides sociales.
Ce chiffre avancé par la Banque mondiale ne prend pas en compte les "coûts annexes" générés par la médiocre qualité de vie des Roms socialement exclus, l’augmentation des tensions sociales, les conflits ethniques, la criminalité, etc.

La nouvelle loi qui vient d'être adoptée par le Parlement de New Delhi ne sera pas facile à mettre en œuvre. Pour autant, elle est historique.
Elle vise à garantir un enseignement gratuit et obligatoire à tous les enfants âgés de 6 à 14 ans, dans un pays où au moins 10 millions d'entre eux n'ont jamais vu une salle de classe. «Ce sont les chiffres du gouvernement. En réalité, en Inde, entre 70 et 80 millions d'enfants en âge d'être scolarisés ne vont pas à l'école» ...
... la nouvelle loi oblige les écoles privées à réserver 25 % de leurs capacités aux enfants pauvres. Le gouvernement leur a promis une compensation financière,
mais elle ne sera sûrement pas aussi lucrative que les droits d'admission et de scolarisation déboursés par les parents aisés.
«Les chefs d'établissements privés sont furieux, ils savent qu'ils ne recevront de l'État que des cacahuètes» ...
... Nombre de sceptiques prédisent d'ores et déjà que cette énième loi restera lettre morte. Comme les autres, disent-ils, pointant du doigt le Child Labour Act, qui a interdit, il y a quatre ans, le travail des enfants. «C'était une très belle idée, mais la loi n'a jamais été appliquée, lâche, désabusé, Bhuwan Rhibu, l'un des responsables du Mouvement pour la sauvegarde de l'enfance. Tant que le travail des enfants existera dans ce pays, comment voulez-vous faire pour rendre l'école obligatoire ?» ...


... Vingt pays sur quarante-sept au Conseil de l'Europe ont déjà banni les punitions physiques. Outre la Suède il y a trente ans, d'autres, comme la Grèce, l'Espagne, la Roumanie, l'ont fait plus récemment. Une dizaine encore s'y préparent. 
« Le vote d'une loi est d'autant plus inévitable que la France a ratifié les conventions internationales des droits de l'enfant qui condamnent la violence à l'égard des mineurs. » ...

... 26 tribunaux de Bretagne, d'Ile-de-France et du Nord-Pas-de-Calais. L'échantillon est large - ces zones regroupent le tiers des naissances françaises - et les conclusions sont accablantes : de 1996 à 2000, 80 bébés de moins d'un an ont été victimes, selon la justice, d'une mort "suspecte d'être d'origine intentionnelle ou certainement violente intentionnelle" alors que les statistiques officielles de mortalité n'en signalent que 23...
... Pour lutter contre ce fléau, l'épidémiologiste plaide pour une politique volontariste associant un renforcement de la médecine scolaire, une formation de tous les professionnels et un soutien aux programmes de périnatalité. Mais elle doute que ce discours soit entendu par le gouvernement : la suppression récente du défenseur des enfants, le placement de bébés en zone de rétention, les restrictions répétées imposées au système scolaire ou le renforcement du volet répressif de la justice des mineurs lui laissent penser que la majorité actuelle pratique, à sa manière, une forme de "maltraitance d'Etat".

... Depuis plusieurs mois, des directeurs d’école refusent de ficher les enfants dans Base élèves, un fichier obligatoire qui fiche et immatricule tous les enfants à l’école. Ces directeurs subissent des retenues de salaire, des retraits d’emploi de direction et des mutations d’office.
Le 10 décembre 2009, une intervention de trois rapporteurs de la Commission des droits de l’homme des Nations Unies auprès du gouvernement français confère le statut de défenseur des droits de l’enfant aux directeurs isérois qui refusent de remplir Base élèves. Cette intervention a lieu parce que ces directeurs d’école sont menacés dans le cadre de leurs fonctions en protégeant les enfants et parce que le gouvernement français n’a toujours pas donné suite aux sévères recommandations du Comité des droits de l’enfant des Nations Unies à propos de Base Elèves en juin dernier...
 
La légalité de Base Elèves et de la BNIE mise à mal devant le Conseil d’Etat

2 juillet 2010 - Demande d’annulation de la décision initiale de créer BE, mise en œuvre prématurée avant récépissé de la CNIL, collecte illégale de données sur la santé, annulation de l’interdiction du droit théorique d’opposition des parents, caractère « excessif » de la durée de conservation des données de la Base Nationale des Identifiants Elèves (35 ans)… 
Telles sont, en quelques mots, les principales conclusions favorables, selon le CNRBE, formulées par le « rapporteur public » lors d’une audience publique qui s’est tenue le 30 juin 2010 au Conseil d’Etat...

Plusieurs dizaines d'associations ont dénoncé mardi les conditions dans lesquelles les autorités françaises "rapatrient" des mineurs isolés roumains dans leur pays, souvent sans enquête préalable et sans suivi, alors que certains sont victimes de traite des êtres humains. "Le premier accord bilatéral franco-roumain de 2002 présente de graves carences notamment dans les enquêtes préalables et le suivi du jeune une fois de retour en Roumanie", a dit lors d'une conférence de presse à l'Assemblée nationale Édouard Donnelly, président de Hors-la-Rue, association qui a suivi en Ile-de-France 1.600 mineurs isolés roumains depuis 2002. "Nous nous opposons encore plus fermement à l'accord de 2007 qui n'est pas entré en vigueur, mais constituerait une régression supplémentaire".
"...Nous dénonçons le climat délétère vis-à-vis de la communauté Rom et les conditions dans lesquelles le regroupement dans le gymnase a eu lieu.
Le traitement infligé à ces familles en état de choc est inacceptable. Loin de chercher à les protéger, *les pouvoirs publics profitent de ette situation pour faire pression sur les familles et les inciter fortement à un départ "volontaire"*, alors même que le TGI d'Evry avait donné raison à ces familles Roms qui s'opposaient à leur expulsion de ce terrain et que la décision de la Cour d'Appel était attendue pour le 16 mars.
Nous dénonçons le traitement discriminatoire et la maltraitance institutionnelle de ces populations sur le sol français, largement reconnus par la délibération de la HALDE n°2009-372 du 26 octobre 2009. Cette maltraitance, fondée sur une méconnaissance totale des réalités de terrain et des préjugés profondément ancrés vis-à-vis des Roms, est multiple.
Les associations demandent à ce qu'une enquête soit faite sur ces faits extrêmement graves, notamment sur l'attitude passive de la police municipale, ainsi que sur le cadre légal dans lequel s'est déroulé l'ensemble de la procédure..."(Associations L